La méthode capture-recapture appliquée à l'épidémiologie : principes, limites et applications

Publié le 1 Avril 2002
Mis à jour le 5 juillet 2019

La méthode capture-recapture permet, en croisant plusieurs sources d'information issues d'une même population, d'estimer le nombre de cas qui ne sont identifiés par aucune des sources, le nombre de cas total (N) de la maladie et ainsi l'exhaustivité de chaque source. Utilisée en zoologie et en démographie, cette technique est appliquée à l'épidémiologie depuis une vingtaine d'années. Son application nécessite de respecter six conditions : tous les cas identifiés par les sources sont de vrais cas ; sont survenus pendant la période et dans la zone géographique étudiées ; la population étudiée est close ; tous les cas communs et seulement les cas communs sont identifiés ; les sources sont indépendantes entre elles et il existe une homogénéité de capture des cas. La prise en compte d'une dépendance entre les sources n'est possible que si l'on dispose de plus de deux sources en ayant recours au modèle log linéaire, les interactions d'ordre maximal ne pouvant cependant pas être contrôlées. Le non-respect de certaines conditions d'application pouvant biaiser fortement les estimations, il est recommandé d'utiliser des méthodes de correction. L'étude sur l'estimation du nombre de toxi-infections alimentaires collectives à salmonelles illustre l'application complète de ces méthodes. Utilisant souvent des données collectées pour d'autres motifs que l'estimation d'un nombre de cas, la méthode capture-recapture est exploratoire ou sert à valider une estimation d'un nombre de cas d'une maladie donnée. Elle ne doit pas se substituer aux approches par échantillonnage ou exhaustives uniquement parce qu'elle serait plus économique. Cependant cette méthode est très intéressante pour évaluer l'exhaustivité et la représentativité des systèmes de surveillance et des registres.

Auteur : Gallay A, Nardone A, Desenclos JC, Vaillant V
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2002, vol. 50, n°. 2, p. 219-32