Effets à court terme du contenu pollinique de l'air sur le risque de rhino-conjonctivite allergique. Résultats d'une étude pilote utilisant comme indicateur de santé la consommation de médicaments anti-allergiques, Clermont-Ferrand, 2000-2001

Publié le 1 Novembre 2005
Mis à jour le 5 juillet 2019

Les allergies dues aux pollens touchent 10 à 15 % de la population générale. Une étude pilote a été mise en place à Clermont-Ferrand sur la période 2000-2001 pour étudier la relation à court terme entre les variations journalières du nombre de cas de rhinite et/ou de conjonctivite allergique et les variations journalières des comptes polliniques. Les données de la base Erasme Auvergne ont permis d'identifier tous les sujets qui se sont fait délivrer au moins un des médicaments prescrits sur ordonnance pour le traitement d'une rhinite ou d'une conjonctivite allergique et qui ont été remboursés par la Sécurité sociale. Un cas de rhino-conjonctivite allergique (RCA) a été défini selon les critères suivants : être domicilié dans la zone d'étude, être âgé d'au moins 5 ans et avoir eu, un jour donné, une délivrance d'un antihistaminique per os associé à un traitement local pour rhinite allergique ou pour conjonctivite allergique. Onze pollens allergisants : Betula (Bouleau), Cupressaceae (Cyprès), Quercus (Chêne), Platanus (Platane), Fraxinus (Frêne), Salix (Saule), Alnus (Aulne), Corylus (Noisetier), Poaceae (Graminées), Artemisia (Armoise), Plantaginaceae (Plantain) et un pollen témoin Pinus (Pin) ont été étudiés (source : RNSA). Un modèle de régression de Poisson a été utilisé. Ce modèle prend en compte les variations temporelles, la pollution atmosphérique et les données météorologiques comme facteurs de confusion. En moyenne, 25,5 cas de RCA par jour ont été dénombrés (étendue : 0-189) sur la période d'étude. Une association positive et significative a été observée pour les pollens de Bouleau, Cyprès, Chêne, Frêne et Graminées. Les risques relatifs variaient entre 1,03 (IC 95 %: 1,00-1,05) et 1,22 (IC 95 %: 1,11-1,35) pour une augmentation d'un intervalle interquartile des comptes polliniques journaliers de Cyprès (13 grains/m3) et de Bouleau (45 grains/m3) respectivement. Pour le pollen témoin (Pin), aucune association significative n'a été observée. Bien que des associations positives aient été observées pour la plupart des pollens allergisants étudiés, elles étaient significatives uniquement pour les pollens de Bouleau, Cyprès, Chêne, Frêne et Graminées. Des analyses réalisées sur des données recueillies sur une période plus longue sont nécessaires pour confirmer ces résultats. (R.A.)

Auteur : Ravault C, Zeghnoun A, Fabres B, Lecadet J, Quenel P, Thibaudon M, Caillaud D
Année de publication : 2005
Pages : 36 p.