Echinococcus multilocularis chez le renard et les carnivores domestiques : vers une nouvelle donne épidémiologique ?

Publié le 14 Septembre 2010
Mis à jour le 4 septembre 2019

Echinococcus multilocularis est un cestode responsable d'une zoonose parasitaire rare, l'échinococcose alvéolaire. Le cycle parasitaire dépend de la relation de prédation de l'hôte définitif (principalement le renard) sur l'hôte intermédiaire (le rongeur) et de la survie dans le milieu extérieur de la phase libre du parasite, sous la forme d'oncosphères. En Europe, on observe une augmentation des populations vulpines concomitante avec l'extension de l'aire de répartition du parasite. En parallèle, les prévalences vulpines ont augmenté dans les régions historiquement contaminées. En France, l'extension de la zone d'endémie connue vers l'Ouest a été démontrée, avec des cas positifs dans les départements de la Manche et du Calvados. La présence du renard en zone urbaine y rend possible l'établissement du cycle d'Echinococcus multilocularis. Cependant, les prévalences urbaines observées sont très faibles comparées au milieu rural. Les animaux domestiques (chiens, chats) peuvent également participer au cycle en tant qu'hôtes définitifs et s'avérer, de par leur proximité avec l'Homme, une source potentielle d'infection. Leur vermifugation régulière avec du praziquantel est à recommander en zone d'endémie. L'extension de la zone d'endémie connue d'Echinococcus multilocularis tant en Europe qu'en France, ainsi que l'augmentation des prévalences vulpines dans les foyers historiques, laisse craindre une augmentation future du nombre de cas humains. (R.A.)

Auteur : Boue F, Combes B, Giraudoux P, Umhang G
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2010, n°. Hors-série, p. 21-3