Comportements de santé des enseignants: une population moins à risque que la population générale? (France).

Publié le 1 Janvier 2013
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction.- Les comportements de santé sont des déterminants importants des maladies. Modifiables, ils sont souvent la cible des messages de prévention. Un des canaux d'éducation pour la santé passe par l'école et les enseignants. Pour autant, les enseignants ont-ils des comportements de santé différents des autres actifs ? Les éventuelles différences s'expliquent-elles par le contexte socioéconomique plus favorable des professions intellectuelles ? Notre objectif est de tester l'hypothèse d'une exception enseignante en matière de comportements de santé. Méthodes.- Le Baromètre santé INPES 2010 est une enquête téléphonique nationale d'un échantillon probabiliste de 27 653 personnes âgées de 15 à 85 ans. Les comportements de santé étudiés incluaient la consommation d'alcool, de tabac, de cannabis, le jeu pathologique et la corpulence. Ils ont été comparés entre les enseignants (n = 754) et les autres actifs (n = 13 807) aux moyens de modèles logistiques ajustés sur l'âge et le sexe, puis sur les facteurs socioéconomiques (statut marital, diplôme, situation financière, catégorie d'agglomération). Résultats.- Dans les modèles ajustés sur l'âge et le sexe, les enseignants sont moins souvent fumeurs, jouent plus rarement aux jeux d'argent et sont moins souvent en surpoids. Ces différences persistent après ajustement sur les facteurs socioéconomiques. Les enseignants ont plus souvent consommé du cannabis que les autres actifs mais cette différence n'est plus significative lorsque le contexte socioéconomique est pris en compte. Vis-à-vis de l'alcool, à âge et sexe comparables, les enseignants n'ont pas un profil de risque significativement différent des autres actifs. Discussion.- Les comportements de santé des enseignants sont généralement moins à risque que ceux observés dans les autres corps de métiers. Le contexte socioéconomique des enseignants explique en partie les différences, mais non entièrement. Il serait intéressant d'évaluer dans quelle mesure l'enseignant se sent investi d'une responsabilité d'éducation pour la santé auprès de la jeunesse. Source : poster cité dans la "Revue d'épidémiologie et de santé publique" dans le supplément 4, numéro 61.

Congrès International ADELF-SFSP "Santé publique et prévention", Bordeaux, 17-19 octobre 2013

Auteur : Velcambre-jacquot M.N., Gilbert F., Richard J.B., Lapie-legouis P., Beck F.
Année de publication : 2013