Le geste vaccinal : préserver sa place au coeur de la prévention.

Publié le 1 Janvier 2008
Mis à jour le 9 septembre 2019

Au cours de ces dernières années, la prévention individualisée et médicalisée a fait l'objet d'un intérêt relativement modeste de la part de ceux qui sont en charge des politiques de santé. Pourtant, elle concerne des activités importantes réalisées quotidiennement en consultation, principalement par les généralistes : vaccination, dépistage, conseils hygiéno-diététiques... Ces actes et ces dépenses (dites "cachées") représenteraient trois fois plus que les budgets consacrés à la prévention en médecine préventive et de dépistage (comme la médecine du travail, la santé scolaire, etc.), pour les grands programmes de santé publique (alcool, tabac, accidents, etc.) et diverses autres actions comme la prévention des risques professionnels ou la veille sanitaire (qualifiés de dépenses "visibles"). Au total, les budgets liés à la prévention étaient, en 2003, de 10 milliards d'euros, soit environ 7 % de la dépense courante de santé : deux tiers "cachés" pour un tiers "visibles". Par ailleurs, la vaccination est un geste qui s'est progressivement banalisé. Plusieurs infections épidémiques de l'enfant ont quasiment disparu grâce à la politique vaccinale, chassant du même coup de la mémoire collective la réalité clinique de ces maladies. Néanmoins, la polémique autour du vaccin contre l'hépatite B a contribué à décrédibiliser non seulement cette immunisation spécifique, mais aussi l'ensemble des vaccins. Ce phénomène a été mesuré avec précision par les différents Baromètres santé, dans la population générale mais aussi chez les médecins généralistes. Enfin, l'absence de politique vaccinale volontariste durant ces vingt dernières années a été amplifiée par des phénomènes successifs de décentralisation (au niveau des départements, années 1980) et de recentralisation (au niveau de l'État, années 2000), suscitant la confusion dans les prises de décision et l'organisation par les acteurs de santé de proximité. Il était donc particulièrement intéressant de suivre l'évolution des opinions, attitudes et comportements des Français dans ce champ d'intervention qui reste essentiel en santé publique.[introduction chapitre]

Auteur : Baudier François, LEON Christophe
Année de publication : 2008
Pages : 279-296
Collection : Baromètres santé