Couverture vaccinale BCG en médecine libérale : premières données chez le nourrisson, sept mois après la levée de l'obligation vaccinale en France

Publié le 1 Mai 2009
Mis à jour le 5 juillet 2019

Objectifs - Suite à la suspension de l'obligation vaccinale BCG et son remplacement par une recommandation forte chez des enfants à risque de tuberculose, il existe un risque que la couverture vaccinale (CV) baisse chez ces enfants. L'absence d'outils adaptés permettant d'identifier précocement un tel phénomène nous a conduits à mener une enquête dont l'objectif principal a été d'estimer la CV BCG en milieu libéral chez les enfants nés après la levée de l'obligation, chez lesquels le BCG est recommandé. Méthodes - Enquête transversale menée auprès des médecins abonnés à Infovac-France. Chaque médecin devait inclure entre six et 12 enfants de deux à 23 mois, vus en consultation quel que soit leur statut vis-à-vis du BCG. Le questionnaire a été saisi directement en ligne et les données analysées après redressement de l'échantillon. Résultats - Au total, 2536 enfants recrutés par 279 pédiatres et généralistes (6,5 % des médecins contactés) ont été inclus. La CV chez les enfants répondant aux nouvelles recommandations vaccinales et suivis en médecine libérale était globalement de 68 % ; elle était de 77 % chez ceux nés entre l'arrêt de commercialisation du BCG par multipuncture et la suspension de l'obligation vaccinale et de 58 % chez les enfants nés après la suspension de l'obligation vaccinale (68 % en Ile-de-France [IDF], 48 % hors IDF). Chez les enfants d'IDF nés après la levée de l'obligation et considérés comme particulièrement à risque (présence d'un critère de vaccination en plus du fait de résider en IDF), la CV atteignait 90% (elle était de 60 % chez ceux n'ayant pas d'autre critère que le fait de résider en IDF). Parmi les médecins libéraux, 75 % effectuaient habituellement eux-mêmes le BCG et 58 % avaient recommandé ou proposé la vaccination aux enfants à risque non vaccinés. Soixante-seize pour cent des parents acceptaient cette vaccination lorsque celle-ci leur était proposée. Conclusion - Notre enquête suggère, d'une part, des CV encore insuffisantes chez les enfants suivis en médecine libérale et nés après la suspension de l'obligation vaccinale et, d'autre part, apporte des éléments encourageants : bonne CV chez les enfants à haut risque en IDF et bonne acceptation par les médecins et les familles de la nouvelle politique vaccinale. Ces résultats, même s'ils doivent être interprétés avec prudence (échantillon de médecins abonnés à Infovac et limites méthodologiques), plaident en faveur du renforcement de la communication autour de la nouvelle politique vaccinale.(R.A.)

Auteur : Guthmann JP, de La Roque F, Boucherat M, van Cauteren D, Fonteneau L, Lecuyer A, Cohen R, Levy Bruhl D
Archives de Pédiatrie, 2009, vol. 16, n°. 5, p. 489-95