Etude de santé sur l'environnement, la biosurveillance, l'activité physique et la nutrition (Esteban), 2014-2016. Volet Nutrition. Chapitre Corpulence

Publié le 1 Janvier 2017
Mis à jour le 10 septembre 2019

Le Programme national nutrition santé (PNNS) a été mis en place en 2001 par le ministère de la santé avec pour objectif général d'améliorer la santé de la population en agissant sur l'un de ses déterminants majeurs, à savoir la nutrition. Programmé initialement sur une durée de 5 ans (PNNS 1 2001-2005), il a été prolongé en 2006 (PNNS 2 2006-2010), puis en 2011 (PNNS 3 2011-2015). Cette troisième édition du PNNS avait inscrit dans ses objectifs la reconduction de l'Étude nationale nutrition santé (ENNS) afin de disposer de données fiables d'évolution de la situation en matière de surveillance nutritionnelle. C'est dans ce cadre que Santé publique France a mis en place l'Étude de SanTé sur l'Environnement, la Biosurveillance, l'Activité physique et la Nutrition (étude Esteban) pour répondre à des objectifs de biosurveillance, de surveillance des maladies chroniques et de surveillance nutritionnelle (alimentation, activité physique et marqueur de l'état nutritionnel). L'Esen (Equipe de surveillance et d'épidémiologie nutritionnelle) a été chargée de l'analyse du volet Nutrition de cette étude et de sa mise en perspective avec les résultats de l'étude ENNS. Esteban a été réalisée sur un échantillon d'enfants de 6 à 17 ans et d'adultes de 18 à 74 ans résidant en France métropolitaine. Suite à un tirage au sort selon un plan de sondage a 3 degrés, l'inclusion des sujets s'est déroulée d'avril 2014 à mars 2016 pour tenir compte de la saisonnalité de l'alimentation et des expositions éventuelles. L'ensemble des participants a été pesé et mesuré avec du matériel spécifique dédié et selon des procédures standardisées, par des professionnels de santé formés. Ces mesures ont été effectuées dans le cadre d'un examen de santé réalisé à domicile par un Infirmier diplômé d'état (IDE) ou dans un centre d'examen de santé (CES) de l'Assurance maladie. Chez les adultes de 18 à 74 ans, en 2015, 54 % des hommes et 44 % des femmes étaient en surpoids ou obèses (IMC e 25). Cette prévalence augmentait avec l'âge. La prévalence de l'obésité (IMC e 30) était estimée à 17 %, sans distinction entre hommes et femmes. En termes d'évolution entre les données d'ENNS-2006 et d'Esteban-2015, la prévalence du surpoids (obésité incluse) des adultes est restée stable, de l'ordre de 49 % et celle spécifique de l'obésité s'est maintenue à 17 % pour l'ensemble de la population adulte. La prévalence du surpoids (obésité incluse) est par ailleurs restée supérieure chez les personnes les moins diplômées. Chez les enfants de 6 à 17 ans, en 2015, la prévalence du surpoids (obésité incluse) était estimée à 17 %, dont 4 % d'obèses. La prévalence du surpoids (obésité incluse) diminuait quand le niveau de diplôme de la personne de référence du ménage augmentait. La prévalence de la maigreur était estimée à 13 % globalement et atteignait 19 % chez les filles de 11-14 ans. Entre 2006 et 2015, la prévalence du surpoids (obésité incluse) des enfants est restée stable. Néanmoins, la prévalence de la maigreur a significativement augmenté passant de 8 % à 13 %, cette augmentation touchant principalement les filles de 11-14 ans. La prévalence du surpoids (obésité incluse) est restée supérieure chez les enfants dont les personnes de référence du ménage étaient les moins diplômées. Bien que tous les objectifs fixés par le HCSP dans le cadre du PNNS 3 n'aient pas été atteints (notamment les objectifs visant une diminution de la prévalence du surpoids et de l'obésité), la comparaison des résultats des enquêtes Esteban et ENNS réalisées à 10 ans d'intervalle indiquent une stabilisation du surpoids et de l'obésité chez l'enfant et l'adulte. La France a été l'un des premiers pays au monde à montrer une tendance à la stabilisation de l'évolution du surpoids et de l'obésité chez les enfants, il apparaît que la situation se stabilise également chez les adultes. Cependant, l'influence du niveau scolaire persiste en matière de corpulence. Ces résultats confirment donc la nécessité de prendre en compte les inégalités sociales de santé dans la définition et la mise en place des politiques de santé publique. Ce chapitre sera complété prochainement par d'autres, relatifs à l'activité physique et la sédentarité, les consommations alimentaires ainsi que les résultats du volet biologique.

Année de publication : 2017
Pages : 42 p.
Collection : Nutrition