Insécurité alimentaire chez les femmes recourant à l'aide alimentaire : prévalences et associations avec l'obésité. Étude Abena 2011-2012, France. N° thématique. L'obésité chez les femmes recourant à l'aide alimentaire : aspects sociaux et problèmes de santé associés (Abena 2011-2012)

Publié le 17 Juin 2014
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction : l'insécurité alimentaire fait partie des facteurs possiblement impliqués dans les associations entre pauvreté et obésité, notamment chez les femmes. L'objectif de cette étude était de décrire les prévalences de l'insécurité alimentaire et d'analyser son association avec la corpulence des femmes recourant à l'aide alimentaire. Méthodes : l'insécurité alimentaire a été mesurée au moyen du questionnaire " U.S. Household Food Security Survey Module " posé lors de l'entretien en face-à-face dans le cadre de l'étude Abena 2011-2012, ce qui a permis de décrire l'insécurité concernant les foyers, les femmes elles-mêmes et leurs enfants à charge. Les moyennes d'indice de masse corporelle (IMC) et les prévalences d'obésité (IMCe30 kg/m2) des femmes ont été comparées selon les catégories d'insécurité alimentaire, en ajustant sur l'âge. Résultats : parmi les 972 femmes incluses dans ces analyses, l'insécurité alimentaire " modérée " était présente dans 31,4% des foyers de femmes recourant à l'aide alimentaire et l'insécurité alimentaire " sévère " dans 43,4% d'entre eux. La présence d'enfants à charge était associée à un niveau d'insécurité alimentaire plus élevé, indépendamment des autres facteurs étudiés. Parmi les femmes ayant des enfants, 34,8% décrivaient une situation d'insécurité alimentaire " modérée " pour leurs enfants, et 8,2%, une situation d'insécurité " sévère ". De façon non statistiquement significative, l'IMC moyen des femmes et la fréquence de l'obésité avaient tendance à être plus élevés avec le niveau d'insécurité alimentaire, notamment quand l'insécurité concernait leurs enfants. Conclusion : malgré l'aide alimentaire reçue, l'insécurité alimentaire reste fortement présente chez les femmes qui fréquentent ces structures. Ses conséquences sur le long terme, notamment sur leur santé et celle de leurs enfants, doivent encore être précisées.(R.A.)

Auteur : Castetbon K, Mejean C, Grange D, Guibert G, Escalon H, Vincelet C, Vernay M
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2014, n°. 18-19, p. 326-33