Investigation d'un syndrome collectif multifactoriel dans un collège de la région Aquitaine, février-juin 2014

Publié le 23 Janvier 2020
Mis à jour le 25 janvier 2020

À la suite d'une alerte, médiatisée en février 2014, de cas de malaise dans un collège en rénovation depuis 2011 de la région Aquitaine, une investigation épidémiologique et environnementale a montré un défaut de ventilation des salles de classe. Malgré les mesures appliquées, de nouveaux symptômes, principalement des céphalées, sont survenus fin mars 2014, amenant à l'intervention des pompiers et à une fermeture du collège. Devant le nombre d'enfants concernés, l'amplification des symptômes et les questionnements des parents, une nouvelle investigation a été menée. Une cellule de coordination santé, pilotée par l'Institut de veille sanitaire (devenu Santé publique France en 2016) et l'Agence régionale de santé, a mis en place cinq volets d'évaluation (épidémiologique, clinique, environnemental, toxicologique, socio-anthropologique) et un volet de communication. L'investigation a permis de caractériser les symptômes en termes de fréquence, sévérité et temporalité, de contribuer à la prise en charge clinique, à identifier d'éventuels polluants à l'origine des symptômes, et à évaluer le ressenti des élèves, de leurs parents et du personnel depuis le début des travaux. Les données d'absence scolaire et les passages à l'infirmerie ont montré un début des symptômes en janvier 2014 chez les élèves, et depuis le début des travaux chez le personnel selon une enquête transversale. L'absence de sévérité a été confirmée par l'expertise clinique, avec la prise en charge médicale des élèves le nécessitant. L'expertise toxicologique a montré que les polluants retrouvés pouvaient être à l'origine d'inconfort ou de gênes, sans risque à court et long terme. L'analyse socio-anthropologique a mis en exergue des relations difficiles entre les décideurs institutionnels, le personnel, les acteurs associatifs sportifs et les parents d'élèves depuis le début des travaux. L'investigation a conclu à un syndrome collectif multifactoriel et à la survenue inhabituelle de symptômes sans gravité à partir de début 2014 chez certains élèves et enseignants. Les mesures ont permis d'endiguer la survenue des symptômes, sans nouveau cas à la rentrée 2014-2015. Hormis des difficultés inhérentes à ce type d'épisodes, l'expertise multidisciplinaire et le regard croisé ont permis un éclairage de la situation et la mise en place de mesures adaptées. L'intégration d'un volet communication pendant toute la durée de l'épisode a permis une cohérence des informations reçues par les partenaires, les parents et les élèves.

Auteur : Leduc Ghislain, Charron Martine, Labadie Magali, Querre Madina, Vivier-Darrigol Martine, Noussitou Michel, Rolland Patrick
Année de publication : 2020
Pages : 85 p.
Collection : Études et enquêtes