Document technique pour la construction de la matrice culture exposition de la Banane dessert aux Antilles : Projet Matphyto DOM

Publié le 1 Janvier 2018
Mis à jour le 10 septembre 2019

La direction santé travail de Santé Publique France a mis en place le projet Matphyto, qui développe une méthode pour l'évaluation rétrospective des expositions professionnelles aux produits phytopharmaceutiques en agriculture consistant à réaliser des matrices culturesexpositions (MCE) (Spinosi, 2008). Ces MCE sont des bases de données qui, à partir d'une culture ou d'un groupe de cultures, donnent des indicateurs d'exposition pour les différents types de pesticides concernés. Chaque MCE liste de manière historisée les familles chimiques et/ou substances actives (SA) utilisées, sur les 50 dernières années, accompagnées de 3 indicateurs d'exposition : une probabilité, une fréquence et une intensité d'utilisation. Développé initialement en métropole, Matphyto est aujourd'hui mis en oeuvre dans trois DOM et notamment en Guadeloupe et en Martinique (Gentil, 2015). La culture bananière, du fait de son poids socio-économique a fait l'objet de la première MCE Matphyto développée aux Antilles. Ce guide technique décrit la MCE banane qui concerne exclusivement les bananes dessert d'exportation des Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique). Il présente les spécificités agricoles de la production bananière aux Antilles et les pratiques phytopharmaceutiques associées. Les résultats montrent que 62 substances actives réparties dans 29 familles chimiques ont été appliquées en production bananière aux Antilles de 1960 à 2015. Les fongicides sont utilisés par 100 % des planteurs de bananes depuis les années 1970, avec une fréquence moyenne au cours du temps de l'ordre de 8 traitements par an. Les 6 SA fongicides les plus utilisées (100 % d'utilisation au moins sur une période depuis les 40 dernières années) appartiennent aux familles chimiques des triazoles (difénoconazole, flusilazole et propiconazole), des benzimidazoles (bénomyl), des imidazoles (imazalil) et des morpholines (tridémorphe). Les herbicides sont également largement utilisés par près de 95 % des planteurs depuis les années 1970, avec une fréquence moyenne au cours du temps de l'ordre de 5 traitements par an. Les 5 SA herbicides les plus utilisées (entre 70% et 90 % d'utilisation au moins sur une période depuis les 40 dernières années) appartiennent aux familles chimiques des aminophosphinates (glufosinate d'ammonium), des aminophospho-nates (glyphosate), des ammoniums quaternaires (diquat et paraquat) et des triazines (amétryne). Les insecticides ont été utilisés par plus de 90 % des planteurs entre les années 1960 et 1990. Leurs usages ont ensuite régulièrement diminué, concernant environ 50 % des exploitants. Les fréquences de traitement sont très changeantes au cours du temps avec près de 4 traitements dans les années 1970 et moins de 0,5 traitement en 2015. Les 8 SA les plus utilisées (entre 50 % et 90 % d'utilisation au moins sur une période depuis les 40 dernières années) appartiennent aux familles chimiques des organophosphorés (ethoprophos, fosthiazate, isazophos et phénamiphos), des organochlorés (chlordécone, HCH et dibromochloropropane) et des carbamates (oxamyl). La matrice culture exposition de la banane dessert aux Antilles présentée dans ce document technique a été utilisée pour des travaux ayant donné lieu à la publication d'une synthèse et d'un rapport (Spinosi, 2018 ; Gentil, 2018).

Auteur : Gentil C, Spinosi J, Cahour L, Chaperon L, El Yamani M
Année de publication : 2018
Pages : 44 p.