hantavirus
Hantavirus

Les hantavirus, principalement transmis à l’Homme par des rongeurs infectés sont responsables d’infections de gravité variable. Des précautions simples permettent de diminuer le risque d’infection.

Mis à jour le 20 mai 2019

Hantavirus : la maladie

Une zoonose virale

Les hantavirus sont des virus de la famille des Bunyaviridae et sont présents sur tous les continents.
Ils ont pour hôte naturel certaines espèces de rongeurs qui, une fois infectés, restent des porteurs sains (le virus est présent dans les urines et les selles) et constituent un excellent réservoir de virus.
En métropole, il s’agit essentiellement des campagnols qui vivent dans les forêts et les habitations (granges, greniers, remises, cabanes abandonnées, etc.).
Les réservoirs des syndromes pulmonaires à hantavirus sont des rongeurs qui se rencontrent dans les Amérique (Peromyscus maniculatus appelé souris sylvestre, Oryzomys palustris appelé rat du riz, Sigmodon hispidus ou rat du coton…) et qui présentent également une infection inapparente.

La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétas des animaux infectés (urines, déjections salive), aux cours d'activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités ainsi que lors d’activités dans des zones rurales où les champs et les fermes offrent un habitat favorable pour les rongeurs réservoirs.
Aucune transmission interhumaine n’a été décrite à ce jour, excepté pour l’hantavirus sud-américain Andes.

Lorsqu’ils affectent l’être humain, les hantavirus peuvent être responsables d’infections, de gravité variable, parfois mortelles :

  • en Europe et en Asie, de fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR) ;
  • sur le continent américain, de syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (SCPH).

Il n’existe pas de traitement spécifique ni de prophylaxie vaccinale.

Dans ce contexte, les enjeux de Santé publique France sont d’assurer la surveillance épidémiologique des hantavirus en collaboration avec le Centre national de référence des hantavirus et son laboratoire associé en Guyane.

Les chiffres-clés des hantavirus
Infographie concernant les hantavirus

Plusieurs espèces d’hantavirus

Quatre espèces d’hantavirus zoonotiques circulent sur le continent européen :

  • Le virus Puumala (PUUV)
  • Le virus Séoul (SEOV)
  • Le virus Dobrava-Belgrade (DOBV)
  • Le virus Tula (TUV).

PUUV est le virus responsable du plus grand nombre de cas de FHSR et circule en Europe du Nord et de l’Ouest avec un taux de létalité faible de l’ordre de 0.4%. SEOV est ubiquiste de par la distribution très large de ses réservoirs le rat noir (Rattus rattus) et le rat surmulot (R. norvegicus) mais les cas humains rapportés en Europe sont très rares. DOBV circule dans la région des Balkans et en Europe Centrale et peut être à l’origine d’atteintes humaines graves (taux de létalité jusqu’à 10 %). Le virus Tula a été trouvé seulement chez deux patients dont un en France métropolitaine.

Trois de ces virus ont été détectés en France métropolitaine. La fièvre hémorragique à syndrome rénal (FHSR) est causée principalement par PUUV, identifié pour la première fois dans les années 1980. Les cas humains de FHSR dus à PUUV sont principalement détectés dans le quart Nord-Est du territoire. PUUV peut être à l'origine d'épidémies localisées. Outre PUUV, d’autres hantavirus ont été détectés. Les cas humains d’infection par le virus Seoul sont sporadiques et il n’y a pas pour le moment de localisation géographique particulière de ces infections. TUV, au potentiel zoonotique mal connu, a été détecté chez son réservoir le campagnol commun (Microtus arvalis) dans le massif du Jura, le Bas-Rhin et l’Aveyron et pour la première fois en 2015 chez un patient résidant et exposé à 60 km à l’Est de Paris.

Sur le continent américain et en particulier dans plusieurs pays d'Amérique du Sud, d'autres espèces d'hantavirus circulent chez l’homme, responsables du syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (SCPH). En Guyane, plusieurs cas humains d’infection par un hantavirus ont été identifiés depuis 2008. Ils ont été provoqués par un hantavirus décrit à l’occasion de ces cas, le virus Maripa, qui a ensuite été détecté chez deux espèces de rongeurs sauvages (Zygodontomys brevicauda et Oligoryzomys fulvescens).

En France métropolitaine, des hantavirus essentiellement présents dans le quart nord-est

Les hantavirus sont essentiellement présents dans le quart nord-est de la France métropolitaine. De petites épidémies peuvent survenir surtout au printemps et en été. Des variations d’incidence avec des années dites « épidémiques » sont bien connues pour les infections à hantavirus et sont à mettre en rapport avec la dynamique de population des rongeurs réservoirs et la dynamique de circulation du virus chez ces rongeurs.

Des mesures simples permettent de diminuer le risque de contamination

La prévention de l’infection consiste essentiellement à limiter les contacts avec les rongeurs, leurs sécrétions et excrétions.

Il n’y a pas de vaccin dirigé contre les hantavirus.

En France, les personnes les plus exposées aux hantavirus sont celles qui, dans les zones géographiques touchées (Guyane, et quart Nord Est de la France) :

  • vivent à proximité d’une forêt ou autres habitats propices aux rongeurs (champs, ferme)
  • travaillent dans les forêts ou dans des milieux ruraux agricoles (principalement en Guyane)
  • pratiquent des activités en forêt
  • ont des contacts directs ou indirects avec des rongeurs.

Les activités qui favorisent la contamination respiratoire, sont les travaux exécutés dans les bois ou à proximité, en particulier :

  • les manipulations de bois
  • le nettoyage de locaux longtemps inoccupés,
  • toute activité qui met en suspension de la poussière ou de la terre : rénovation de vieux locaux poussiéreux, remblayage, etc.).

Mesures de prévention :

Eviter la contamination respiratoire

  • Ne pas pénétrer dans des locaux fermés ou abandonnés
  • Porter un masque, aérer et asperger d’eau (ou mieux, de désinfectant ou d’eau de javel) avant de nettoyer les sols des locaux longtemps fermés ou inoccupés (cabanes, greniers, granges, caves, etc.)
  • Aérer les locaux fermés avant et pendant leur nettoyage
  • Utiliser l’aspirateur plutôt que le balai
  • Ne pas utiliser de jets d’eau à haute pression

Lutter contre la présence des rongeurs dans les locaux

  • Dératiser les habitations situées en forêt ou en bordure de forêt, ainsi que les granges, caves, remises…
  • Empêcher l’accès des rongeurs aux habitations
  • Eviter de les attirer : mettre les aliments dans des endroits fermés et inaccessibles aux rongeurs
  • Eliminer les abris utilisables par les rongeurs (stockage de bois…).

Eviter les contacts avec les excrétas des rongeurs

  • Mettre un pansement sur une blessure avant de manipuler du bois ou de travailler la terre.
  • Eviter de manipuler des rongeurs vivants ou morts ou leurs nids. Porter des gants en caoutchouc ou en latex.

Deux formes cliniques

Les hantavirus sont responsables :

De fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR) en Europe et en Asie

  • Dont l’incubation varie d’une semaine à deux mois,
  • Qui sont de gravité variable, allant d'un syndrome grippal, parfois accompagné d’importantes douleurs musculaires, de troubles de l’accommodation visuelle transitoires, d’une thrombopénie et d’une simple atteinte rénale, à une insuffisance rénale importante d’évolution le plus souvent favorable.Des formes neurologiques de la maladie causée par le virus PUUV affectant le système nerveux central ont été décrites en Russie et en Autriche.
  • Qui peuvent être mortelles, la létalité variant de 0 à 10 % selon les virus. En présence de ces signes cliniques, il est important de consulter un médecin en lui signalant une éventuelle activité à risque : les loisirs en forêt, la manipulation de bois, le nettoyage d'une maison laissée longtemps inhabitée, ou un contact avec des rongeurs (ou lorsque sont constatées des traces de la présence de rongeurs dans son environnement immédiat).

De syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) sur le continent américain, et donc en Guyane,

  • Dont l’incubation varie entre une et six semaines,
  • Qui se manifeste par une atteinte pulmonaire grave et rapide avec détresse respiratoire et cardiaque et choc après une phase prodromique fébrile avec myalgies.
  • Dont la létalité est élevée (jusqu’à 60 %).

Le diagnostic

Quelle que soit la forme clinique, le diagnostic chez l’Homme repose sur la sérologie qui met en évidence dans le plasma ou le sérum des Immunoglobulines (IgM et IgG anti-hantavirus par ELISA et immunofluorescence indirecte.
L’ARN des hantavirus peut être également détecté, dans des prélèvements précoces de sérum ou plasma, par technique moléculaire effectuée au Centre national de référence (CNR) des Hantavirus et par le laboratoire associé au CNR en Guyane.

A télécharger

Envoi d’échantillon CNR
21/05/2019

Envoi d’échantillon CNR

Fiche de renseignements cliniques, biologiques et épidémiologique du CNR des Hantavirus
21/05/2019

Fiche de renseignements cliniques, biologiques et épidémiologique du CNR des Hantavirus

Fiche de Renseignements Hantavirus Guyane
26/06/2019

Fiche de Renseignements Hantavirus Guyane

Un traitement symptomatique

Le traitement des infections à hantavirus est symptomatique (repos, paracétamol…). Il n’y a pas de traitement spécifique disponible.