Campylobacter

Transmise à l’homme principalement par la viande contaminée insuffisamment cuite, les infections à Campylobacter sont une cause fréquente de gastro-entérites bactériennes dans les pays développés.

Mis à jour le 17 juin 2019

Campylobacter : la maladie

Les infections à Campylobacter en France 

Campylobacter est l’une des causes les plus fréquentes de gastro-entérites bactériennes dans les pays développés. Le nombre annuel moyen de cas symptomatiques de Campylobacter est estimé à 493 000 (ICr90% : 273 000-1 080 000) dont 392 000 (ICr90% : 215 000-863 000) liés à une transmission alimentaire*. Campylobacter représente 26 % du nombre total des infections d’origine alimentaire en France (Van Cauteren et al., 2018). Les infections à Campylobacter sont majoritairement des cas isolés.

* Chiffres issus d’une étude sur la morbidité et la mortalité liées aux infections d’origine alimentaire en France entre 2008-2013. 

Les chiffres-clés des infections à Campylobacter
Infographie concernant les infections à Campylobacter

Un mode de transmission principalement alimentaire

Campylobacter appartient à la flore du tube digestif des animaux. De ce fait, cette bactérie peut être transmise à l’homme par l’intermédiaire d’aliments contaminés insuffisamment cuits, principalement la viande de volaille (poulet), mais aussi la viande de porc ou de bœuf.
La contamination croisée entre de la volaille ou de la viande crues et des aliments non cuits est fréquente. Elle peut avoir lieu lors du stockage des aliments ou de la préparation des repas (par les mains après manipulation de viande crue, les planches à découper, les couteaux…).  

Le lait non pasteurisé, les eaux non traitées et contaminées par la bactérie, et les animaux infectés ou malades sont également des sources de contamination. La transmission interhumaine liée à des défaillances des mesures d’hygiène est également possible, mais semble moins fréquente que la transmission par voie alimentaire.

Une prévention basée sur l’hygiène

La prévention des infections à Campylobacter repose sur les bonnes pratiques d’hygiène en cuisine. Ces démarches visent à éviter la transmission croisée des Campylobacter :

  • Lavage des mains
  • Nettoyage des surfaces et ustensiles de cuisine après la manipulation de volaille ou viande crue
  • Conservation de volaille ou de viande crue dans le réfrigérateur séparé des aliments consommés crus ou des plats préparés.
  • Cuisson suffisante (cuisson à cœur, > 65°C) de viande de volaille, de bœuf et de porc permet de détruire les Campylobacter
  • Attention particulière doit être portée lors de la cuisson au barbecue

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Des symptômes de gastro-entérite aiguë

Après une période d’incubation de 2 à 5 jours, les symptômes généralement observés sont ceux d’une gastro-entérite aiguë le plus souvent bénigne et spontanément résolutive en moins d’une semaine. Généralement des diarrhées sont accompagnées par de la fièvre dans environ la moitié des cas. D’autres manifestations comme des douleurs abdominales (crampes), des diarrhées sanglantes et des nausées peuvent également survenir.

Les complications associées à une infection à Campylobacter sont rares ainsi que les décès (< 0,1 %) et surviennent surtout chez les personnes fragiles (enfants, personnes âgées et patients immunodéprimés). Parmi les complications les moins graves, on retrouve les adénites mésentériques, les pancréatites et les appendicites (particulièrement chez l’enfant et l’adulte jeune) ou, dans 1 % des cas, des arthrites réactionnelles. Le syndrome de Guillain-Barré représente la complication la plus sévère (5 % de décès), mais il reste peu fréquent (0,2 à 1 cas pour 1 000 cas d’infections confirmés à Campylobacter).

Diagnostic et traitement

Le diagnostic d’une infection à Campylobacter repose sur une analyse de selles        (coproculture). La mise en place d’un traitement par antibiotiques peut être justifiée en cas d’infection sévère, mais reste à l’appréciation d’un médecin.