Maladies à caractère professionnel chez les intérimaires en France entre 2009 et 2014

Publié le 13 Octobre 2020
Mis à jour le 18 décembre 2020

Introduction - L'objectif de ce travail était de comparer la fréquence et les caractéristiques des maladies à caractère professionnel (MCP) chez les intérimaires et chez les salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) en France entre 2009 et 2014. Matériel/méthodes - Les médecins du travail participant au programme de surveillance des MCP ont signalé les cas de MCP et leurs agents d'expositions pour tous les salariés vus en visite pendant les périodes de recueil. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) et la souffrance psychique ont été analysés selon le type de visite, en utilisant une analyse multivariée. Résultats - Parmi les 370 064 salariés étudiés (6,2% intérimaires, 93,8% en CDI), aucune association n'a été mise en évidence entre le statut d'intérimaire et les TMS de l'épaule, du coude ou de la main/poignet liés au travail. Le statut d'intérimaire était associé négativement à la souffrance psychique liée au travail (OR=0,4, IC95%: [0,3-0,5]), quel que soit le type de consultation, et aux TMS du rachis en visite à la demande de reprise (OR=0,2% [0,1-0,5] ou en visite périodique (OR=0,3 [0,2-0,7]). Discussion/conclusion - Si les résultats concernant les TMS du rachis reflèteraient plutôt l'effet travailleur sain, les résultats concernant la souffrance psychique suggèrent qu'une santé mentale dégradée, souvent mise en évidence chez les intérimaires dans les études antérieures, pourrait être plutôt liée à une dégradation de l'état de santé global ou à l'insécurité vécue au travail plutôt qu'aux conditions de travail elles-mêmes.

Auteur : Rivière Stéphanie, Tassy Véronique, Bonmarin Isabelle, Chatelot Juliette
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2020, n°. 27, p. 524-530