Légionellose

La légionellose est causée par la bactérie Legionella. Elle débute par un état grippal fébrile qui évolue vers une pneumopathie. Une prise en charge rapide et adaptée permet une évolution favorable.

Mis à jour le 20 juin 2019

La légionellose : la maladie

La légionellose, une infection bactérienne

La légionellose est une infection pulmonaire causée par une bactérie nommée Legionella.
Cette bactérie a été découverte en 1976, à la suite d’une épidémie de pneumonie affectant plusieurs participants d’un congrès d’anciens combattants de la légion américaine réunis dans un hôtel à Philadelphie. Elle a par conséquence été dénommée Legionella.
La bactérie Legionella est présente dans le milieu naturel et peut proliférer dans les sites hydriques artificiels, lorsque les conditions de son développement sont réunies, particulièrement entre 25 et 45°C :

  • réseaux d’eau chaude
  • tours aéroréfrigérantes
  • autres installations (bains à remous, humidificateurs, fontaines décoratives, aérosols, appareils à thérapie respiratoire...).

En France, depuis 2010, en moyenne 1400 cas de légionellose sont enregistrés chaque année. En 2018,  une forte augmentation a été observée avec 2133 cas enregistrés soit une augmentation de  31% par rapport à 2017. Cette augmentation est principalement due à la recrudescence de cas observés durant trois semaines en juin au cours de laquelle  21% (n=441) des cas annuels ont été notifiés.
Une des hypothèses pour expliquer cette augmentation serait l’influence des facteurs météorologiques sur la survenue des cas de légionellose, notamment la température, les précipitations et l’humidité qui semblent être, selon les différentes études disponibles dans la littérature, des variables-clés dans la dispersion et la survie des légionelles.
La légionellose est mortelle dans environ 10 % des cas.

Les chiffres-clés de la légionellose
légionellose par contagion en infographie

Une contamination principalement par voie respiratoire

La contamination se fait principalement par voie respiratoire, par l’inhalation d’eau contaminée diffusée en aérosol. La transmission inter humaine est exceptionnelle. Il existe un seul cas décrit actuellement.

La période d’incubation est généralement de 2 à 10 jours. Cependant, pour un nombre limité de patients, des résultats d’investigations d’épidémies suggèrent des durées d’incubation plus longues (2-19 jours) et une durée médiane d’incubation de 6 jours.

Les facteurs favorisants

La légionellose affecte essentiellement les adultes et touche plus particulièrement les personnes présentant des facteurs favorisants : âge avancé, tabagisme, maladies respiratoires chroniques, diabète, maladies immunitaires, traitements immuno-suppresseurs.

Un état grippal puis une pneumopathie sévère

La légionellose se traduit par un état grippal fébrile et une toux initialement non productive. Certains patients peuvent présenter des douleurs musculaires, une anorexie et quelquefois des troubles digestifs (diarrhées) et/ou un état confusionnel. L’état grippal s’aggrave rapidement et fait place à une pneumopathie sévère nécessitant une hospitalisation.
Le diagnostic clinique doit être confirmé par un des examens biologiques suivants :

  • isolement de la bactérie dans un prélèvement respiratoire bas
  • présence d'antigènes solubles dans les urines
  • augmentation des titres d’anticorps par 4 entre deux prélèvements sanguins successifs avec un minimum de 128
  • PCR positive.

Une prise en charge par antibiotique rapide

Le traitement de la légionellose est d’autant plus efficace qu’il est mis en œuvre rapidement. Il est donc important que le diagnostic clinique de légionellose soit évoqué devant une symptomatologie compatible, et qu’une confirmation biologique soit effectuée au plus vite en cas de suspicion de légionellose. Sous traitement antibiotique adapté (macrolides ou fluoroquinolones), l’évolution de la maladie est favorable dans la majorité des cas.