Surveillance épidémiologique et virologique de la grippe en France métropolitaine, saison 2013-2014

Publié le 14 Octobre 2014
Mis à jour le 10 septembre 2019

Cet article présente le bilan épidémiologique et virologique de l'activité grippale en France au cours de la saison 2013-2014. Méthodes : ce bilan s'appuie sur l'analyse descriptive des données de surveillance de la grippe en France métropolitaine fournies par les réseaux de médecine ambulatoire, les analyses virologiques des laboratoires partenaires, les signalements de foyers d'infections respiratoires aiguës (IRA) dans les collectivités de personnes âgées, la surveillance des passages aux urgences et des hospitalisations pour grippe, la surveillance des cas graves de grippe hospitalisés en services de réanimation et les données de mortalité disponibles. Résultats : la saison 2013-2014 a été caractérisée en France métropolitaine par une épidémie de faible intensité et de courte durée. L'épidémie a démarré tardivement dans la communauté, fin janvier, pour atteindre un pic en semaine 07/2014, et s'est terminée fin février, soit au total cinq semaines d'épidémie. Les virus grippaux A(H1N1)pdm09 et A(H3N2) ont co-circulé majoritairement durant toute l'épidémie. Les virus de type B sont restés sporadiques. L'impact des IRA, et notamment de la grippe, dans les collectivités de personnes âgées est resté limité. Parmi les patients chez qui une grippe a été diagnostiquée aux urgences, 8,6% ont été hospitalisés (majoritairement des adultes), proportion plus élevée que celles des trois saisons précédentes. Au total, 661 cas graves ont été admis en réanimation. Ces cas graves, d'un âge moyen de 55 ans, ont principalement été infectés par le virus A(H1N1)pdm09. La létalité des cas graves est restée comparable à celle observée lors des trois dernières saisons. Conclusion : l'épidémie de grippe 2013-2014, de faible intensité et de courte durée, a été caractérisée par une co-circulation des virus grippaux A(H3N2) et A(H1N1)pdm09. Elle a néanmoins été responsable de l'hospitalisation de près de 700 cas graves en services de réanimation. (R.A.)

Auteur : Belchior E, Bonmarin I, Bousquet V, Fouillet A, Levy Bruhl D, Behillil S, Enouf V, van der Werf S, Valette M, Bouscambert Duchamp M, Lina B, Falchi A, Minodier L, Turbelin C, Blanchon T, Hanslik T, Roussel V, Souty C, Daviaud I, Mosnier A, Cohen JM, Debost E
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2014, n°. 28, p. 460-5