Étude de la prévalence de l'asthme à La Réunion

Publié le 1 Janvier 2018
Mis à jour le 10 septembre 2019

Les travaux antérieurs portant sur la mortalité et les hospitalisations pour asthme à La Réunion indiquent que ce département est particulièrement touché par cette pathologie. Les études épidémiologiques qui ont été conduites en milieu scolaire attestent également de prévalences supérieures à celles de la métropole, mais il n'existait aucune estimation de la prévalence de l'asthme chez les adultes. Une enquête transversale en population générale a été réalisée en 2016 afin d'estimer la prévalence de l'asthme et décrire les facteurs associés au sein de la population adulte de La Réunion. Un échantillon aléatoire de 2 419 personnes, âgées de 18 à 44 ans, a été interrogé par téléphone à l'aide d'un questionnaire standardisé, validé au niveau national, afin de recueillir des informations sur les symptômes respiratoires ressentis, la description des crises et les facteurs déclenchants pour les asthmatiques déclarés ainsi que des données sur l'environnement domestique intérieur et extérieur au logement. L'asthme actuel a été défini comme le fait d'avoir déclaré, au moment de l'enquête, avoir déjà souffert d'asthme au cours de la vie (cet asthme ayant été confirmé par un médecin), et avoir fait une crise d'asthme dans les 12 derniers mois ou bien avoir suivi un traitement pour asthme dans les 12 derniers mois. L'asthme actuel suspecté a été défini comme le fait d'avoir présenté, dans les 12 mois précédents l'enquête, l'un au moins de différents groupes de symptômes évocateurs d'asthme (sifflements, dyspnée de repos nocturne et d'effort, gêne respiratoire nocturne, toux nocturne). La prévalence de l'asthme actuel a été estimée à 5,4% [4,3-6,5]. Après ajustement, le genre féminin, l'obésité, la présence d'asthmatiques dans la famille, l'ancienneté d'occupation du logement et la présence d'un équipement de chauffage dans le logement étaient associés à l'asthme actuel. La prévalence de l'asthme suspecté s'élevait à 12,0% [10,2-13,8]. Après ajustement, le statut familial, le tabagisme passif, l'utilisation d'aérosols insecticides, la présence de moisissures à l'intérieur du logement et de sources extérieures de nuisances atmosphériques étaient associés à la prévalence de l'asthme suspecté. La mise en place d'actions de prévention comprenant le renforcement du diagnostic de l'asthme, la promotion des mesures individuelles de réduction des expositions à risque ainsi que le développement de travaux visant à améliorer les connaissances sur les allergènes présents dans l'air intérieur des logements sont recommandés.

Auteur : Solet JL
Année de publication : 2018
Pages : 125 p.