Saturnisme de l'enfant

Le saturnisme infantile est une intoxication au plomb chez l’enfant de moins de 18 ans. Il peut entrainer de graves conséquences irréversibles notamment sur le développement cognitif et psychomoteur.

Mis à jour le 17 juin 2019

Saturnisme de l’enfant : données 

Le dispositif d’évaluation du dépistage et le suivi de la déclaration obligatoire de saturnisme permet de suivre l’évolution de cette problématique. 

Données de la surveillance du dépistage et de la déclaration obligatoire 

Un dépistage en diminution 

De 2010 à 2014, environ 24 000 enfants ont bénéficié d’une première plombémie. Sur cette période, le nombre de première plombémie a diminué chaque année passant de 6 276 en 2010 à 3 680 en 2014.  

Le dépistage était concentré en Ile-de-France (60%) ; il s’est développé à La Réunion et en Guyane suite à la découverte d’enfants intoxiqués. 

Cette baisse du dépistage a subi un ralentissement en raison du changement du seuil de déclaration obligatoire en date du 17 juin 2015. Le nombre de dépistage du saturnisme infantile restant faible avec 4600 première plombémie en 2016 (Un niveau inférieur à celui de 1995 :6 304 primo-dépistages). 

Afin de relancer l’activité de dépistage, Santé publique France a mis en place des outils de sensibilisation des professionnels de santé concernant la problématique du saturnisme. 

Diminution du nombre de cas de saturnisme entre 1995 et 2016 

Les données épidémiologiques obtenues via le système national de surveillance des plombémies de l’enfant montrent que le nombre de cas incidents de saturnisme chez les 0-17 ans, par département de domicile de l'enfant et année de dosage de la plombémie (1995 - 2014) retrouve en 2014 un niveau inférieur à 1995 avec 156 cas versus 924. 

De leur côté, les cas prévalents de saturnisme de saturnisme chez les 0-17 ans, par département de domicile de l'enfant et année de dosage de la plombémie (1995 - 2014) ont fortement diminué sur cette période passant de 1 795 cas à 233.  

Depuis le 17 juin 2015, le seuil de déclaration obligatoire du saturnisme infantile a été abaissé. Il est désormais égal à 50 µg/L. Le nombre de cas de saturnisme a donc logiquement augmenté par rapport aux années précédant ce changement. En effet, en 2016, le nombre de cas incidents de saturnisme infantile était de 837 et le nombre de cas prévalents de 1046. Il reste malgré tout bien en deçà de la réalité quant à l’intoxication saturne des enfants en France. 

En effet, selon l’étude « Imprégnation des enfants français par le plomb en 2008-2009 » réalisée par Santé publique France, le pourcentage d’enfants de 1 à 6 ans ayant une plombémie supérieure à 100 µg/L était de 0,11 %. On estime ainsi à environ 5 330 le nombre d’enfants de 1 à 6 ans atteints de saturnisme en France sur la période 2008-2009 (Hors Guyane et Mayotte). Or en 2014, seuls 156 cas de saturnisme infantile (tous âges confondus : 0-17ans) ont fait l’objet d’une déclaration obligatoire au seuil de 100 µg/L. Dans ce contexte, le dépistage des cas de saturnisme infantile est nettement insuffisant.