Peste
Peste

La peste est une zoonose bactérienne due à Yersinia pestis, habituellement trouvée chez les petits mammifères et les puces qui les parasitent. La maladie peut être transmissible de personne à personne.  

Mis à jour le 26 juin 2019

La peste : la maladie

Une zoonose bactérienne

La peste est une zoonose bactérienne due à Yersinia pestis découverte en 1894 par Alexandre Yersin. Elle se transmet d’un animal à l’autre par les puces. L’être humain peut également être infecté et transmettre la maladie.
La peste peut être mortelle chez l’homme mais le traitement antibiotique est efficace dans la majorité des cas s’il est administré précocement.
Les trois principaux pays d’endémie sont actuellement Madagascar, la République démocratique du Congo et le Pérou. La France est particulièrement attentive à la situation de la peste à Madagascar, du fait de la proximité de la Réunion et Mayotte.
La déclaration obligatoire de cette maladie doit permettre d’identifier l’origine de la contamination d’un cas détecté sur le territoire national et de mettre en place précocement les mesures de prévention dans l’entourage des cas afin de limiter le risque d’extension de la maladie.

Dans ce contexte, les enjeux de Santé publique France sont :

  • La détection la plus précoce possible de tout cas survenant sur le territoire en l’absence de la maladie de manière naturelle en France,
  • Le cas échéant, l’investigation des cas ou cas groupés
  • L’information des professionnels de santé et des pouvoirs publics. 
Les chiffres-clés de la peste
Infographie concernant la peste

Une maladie animale transmissible à l’homme

Yersinia pestis, se trouve habituellement chez les petits mammifères et les puces qui les parasitent. Les rongeurs sont les réservoirs animaux les plus importants, mais d’autres animaux comme les chats, les chiens, les lapins, les lièvres, peuvent être infectés. 
La peste se transmet entre rongeurs et à d’autres animaux par l’intermédiaire des puces des rongeurs.

L’être humain peut être contaminé :

  • Par les piqûres de puces vecteurs infestées ;
  • Par contact direct non protégé lors de la manipulation d’animaux infectés ou de produits biologiques contaminés ;
  • Par inhalation de gouttelettes respiratoires contenant des bactéries émises lors de la toux d’un patient atteint de peste pulmonaire.

Des mesures de prévention indispensables

La prévention de la peste repose sur :

  • La lutte contre les piqures de puces et les rongeurs nuisibles dans les régions où sévit la peste,
  • Des mesures de protection contre les gouttelettes émises lors de la toux par un malade atteint de peste pulmonaire (port d’un masque).

Pour les personnels de santé amenés à prendre en charge des cas de peste, des précautions individuelles et collectives (gants, masque, lunettes de protection, nettoyage des surfaces) permettent d’éviter la transmission.
Pour les personnes ayant été en contact avec un cas avéré de peste, un traitement antibiotique sera donné dès que possible afin de prévenir le développement de l’infection.
Il n’existe pas de vaccin commercialisé pour l’homme.

Trois formes cliniques

La peste se présente principalement sous trois formes cliniques : 

La peste bubonique : 

Elle fait suite à une piqûre de puce infectée. L’incubation est de 1 à 7 jours. Elle se manifeste par l’apparition brutale d’une fièvre, de frissons, d’une altération de l’état général, et de ganglions inflammatoires (bubons) douloureux dans la zone de piqûre des puces. Sans traitement la bactérie peut disséminer dans l’organisme et 50 à 60 % des malades atteints de peste bubonique non traitée décèdent ; la mise en route précoce d’un traitement antibiotique approprié est déterminante pour améliorer le pronostic. Cette forme clinique n’est pas directement contagieuse d’une personne à une autre sauf s’il y a un contact direct avec le pus des bubons. 

La peste pulmonaire :

Elle peut faire suite à une infection directe du système respiratoire par l’inhalation de gouttelettes contenant des bactéries (peste pulmonaire primaire) ou à l’ensemencement des poumons à la suite d’une dissémination de la bactérie dans la circulation sanguine (peste pulmonaire secondaire). L’incubation est de 1 à 4 jours. Elle se manifeste par une fièvre, des maux de tête, une sensation de malaise général, et un tableau de pneumonie rapidement évolutive avec essoufflement, douleurs thoraciques, toux, avec ou sans production de crachats striés de sang. Elle peut entraîner une insuffisance respiratoire et un choc. Sans traitement, cette forme est le plus souvent mortelle ; la mise en route précoce d’un traitement antibiotique approprié est déterminante pour améliorer le pronostic. Cette forme est hautement transmissible d’une personne à l’autre et nécessite un isolement strict et des mesures de protection respiratoire afin de prévenir des cas secondaires. 

La peste septicémique :

Elle traduit la dissémination de la bactérie dans la circulation sanguine. Elle fait le plus souvent suite à une peste bubonique, mais peut être la première manifestation de la maladie. Elle se manifeste par l’apparition brutale d’une forte fièvre, de frissons, d’une sensation de malaise général avec douleurs abdominales, puis installation rapidement progressive d’une défaillance de plusieurs organes (cœur, reins, foie). Cette forme peut entraîner une méningite, un état de choc ou une coagulation intravasculaire disséminée : la peau et d’autres tissus peuvent devenir noirs, surtout au niveau des doigts, des orteils et du nez. Sans traitement, cette forme est systématiquement mortelle ; la mise en route précoce d’un traitement antibiotique approprié est déterminante pour améliorer le pronostic. La mortalité des formes septicémiques traitées reste toutefois élevée, proche de 40 à 50 %. Cette forme clinique n’est pas directement contagieuse d’une personne à une autre sauf si elle fait suite à une forme bubonique et qu’il y a un contact direct avec le pus des bubons.

La confirmation du diagnostic de peste repose sur l’identification de Y. pestis dans un échantillon de pus provenant d’un bubon, dans le sang ou dans les expectorations. Différentes techniques permettent de détecter un antigène spécifique du bacille. Des tests rapides (« bandelettes ») existent mais leur utilisation doit suivre scrupuleusement les indications du fabricant pour obtenir un résultat fiable (risque de faux positifs et de faux négatifs). Les tests rapides sont utilisés principalement en cas d’épidémie, et leur résultat doit être confirmé par un test plus robuste (identification bactérienne ou PCR) réalisé dans un laboratoire spécialisé. La confirmation finale peut prendre 24 à 48 heures.
Le traitement doit être débuté dès la suspicion clinique, et après la réalisation des prélèvements. 

Traitement

La peste peut être traitée efficacement avec des antibiotiques (streptomycine, tétracyclines et fluoroquinolones) à condition qu’ils soient administrés précocement. La peste reste une maladie grave avec une létalité importante.
En cas de suspicion clinique de peste chez une personne, cette personne doit être hospitalisée et le traitement mis en place le plus rapidement possible, après les prélèvements bactériologiques mais avant le résultat de ceux-ci.
Toute personne suspecte de peste pulmonaire doit être isolée avec des mesures de protection respiratoire afin de prévenir la survenue de cas secondaires.