Bilharziose urogénitale

La bilharziose urogénitale est une affection parasitaire due à Schistosomia haematobium. L’être humain s’infecte dans des eaux contaminées. Des cas autochtones sont décrits en Corse.

 

Mis à jour le 17 Juin 2019

Bilharziose urogénitale : la maladie

Une contamination dans l’eau infestée

La bilharziose urogénitale (ou schistosomiase urogénitale) est due à Schistosomia haematobium. Son cycle inclut l’homme et un hôte intermédiaire, le bullin, mollusque d’eau douce.
Le bullin est infecté par des larves fraichement écloses d’œufs de Schistosomia haematobium. Quatre à 6 semaines après son infestation, il libère dans l’eau douce des formes immatures (cercaires) du parasite. La température optimale pour l’infection du bullin est de 20 à 30°C.
L’Homme se contamine lors de la pénétration de la peau saine par des cercaires, à l’occasion de contact, même bref, avec l’eau douce contaminée (rivières, lacs, marais, mares...).
Pendant les semaines qui suivent l’infection, les parasites deviennent adultes et migrent dans le sang vers les plexus veineux péri vésicaux (phase d’invasion). Au bout de 10 à 12 semaines les parasites femelles pondent des œufs qui sont excrétés dans les urines. En l’absence de traitement l’excrétion des œufs peut durer plusieurs années.

La bilharziose urogénitale est endémique en Afrique intertropicale, à Madagascar et au Moyen-Orient. En France, des cas de bilharzioses sont diagnostiqués essentiellement chez des touristes, des expatriés et des migrants en provenance de zones endémiques.

Un foyer de transmission locale ayant été mis en évidence en Corse du Sud, les enjeux de Santé publique France sont de suivre l’importance de la transmission de la maladie dans les sites contaminés connus et de détecter tout nouveau site de transmission.

La bilharziose intestinale, absente du territoire français, est causée par 5 autres espèces de schistosomes :

  • Schistosoma mansoni, deuxième espèce en importance après S. haematobium, présent en Afrique, au Moyen-Orient, dans la Caraïbe, au Brésil, au Venezuela et au Suriname
  • Schistosoma japonicum en Chine, Indonésie, et aux Philippines
  • Schistosoma mekongi, au Cambodge et dans la République démocratique populaire du Laos
  • Schistosoma guineensis et l’espèce apparentée S. intercalatum dans les forêts humides d’Afrique centrale.

La bilharziose à S. mansoni est considérée comme éradiquée des Antilles françaises depuis la fin des années 1980.

Les chiffres clés de la bilharziose urogénitale
Infographie concernant la bilharziose urogénitale

Un diagnostic clinique et biologique

Les symptômes de la bilharziose urogénitale sont inconstants et dépendent de l’avancement de la maladie.
La pénétration des cercaires (formes immatures du parasite) peut s’accompagner de prurit et d’éruption fugace.
Pendant la phase d’invasion, au cours des semaines qui suivent la contamination, des manifestations immuno-allergiques peuvent survenir.
A la phase d’état, environ 2 mois après la contamination, les symptômes sont liés à la réaction inflammatoire de l’organisme aux œufs de parasite.

La bilharziose urogénitale peut alors entraîner :

  • une hématurie (sang dans les urines)
  • des lésions génitales, des saignements gynécologiques ou du sang dans le sperme, des douleurs pendant les rapports sexuels
  • à un stade plus avancé, une fibrose de la vessie et de l’urètre est courante, ainsi que des lésions rénales
  • le cancer de la vessie est une complication possible à un stade tardif.

Le diagnostic de la bilharziose peut être réalisé par :

  • sérologie : plusieurs techniques sont utilisées : immunofluorescence indirecte, hémagglutination indirecte (IHAT), ELISA et Western Blot notamment
  • recherche d’œufs de parasite dans les urines (examen parasitologique des urines) ou les selles
  • PCR dans les urines ou les selles   

   

Des complications possibles en l’absence de traitement

L’évolution de la bilharziose sur plusieurs années peut entraîner à terme des complications sérieuses (atteintes obstructives voire néoplasiques des voies urinaires et troubles de la fertilité). Chez l’enfant, elle peut être à l’origine d’une anémie, d’un retard de croissance, d’une diminution des capacités d’apprentissage.

Un traitement efficace

Le traitement de la bilharziose à S. haematobium est simple, bon marché et efficace et repose sur le praziquantel.
Le diagnostic et le traitement de la bilharziose permettent :

  • au niveau individuel, d’éviter l’évolution vers la chronicité
  • au niveau collectif, d’interrompre le cycle de la maladie et donc la survenue de nouveaux malades