Infections invasives à méningocoque
Infections invasives à méningocoque

Les infections invasives à méningocoque sont associées à une morbidité et mortalité importantes. Leur signalement et leur surveillance visent à renforcer la prévention de cette maladie. 

Mis à jour le 20 mai 2019

Infections invasives à méningocoque : la maladie

Les infections invasives à méningocoque

Le méningocoque est une bactérie exclusivement retrouvée chez l’Homme et commensale du rhinopharynx. Il possède une capsule polyosidique qui détermine son sérogroupe. Parmi les douze sérogroupes décrits, les souches des sérogroupes A, B, C, Y et W sont responsables de la quasi-totalité des infections invasives à méningocoque (IIM). L’acquisition d’un méningocoque et la colonisation du rhinopharynx sont rarement suivies d’une IIM. Les facteurs de survenue sont multiples : ceux liés à la bactérie (virulence de la souche) et/ou ceux liés à l'hôte (altération des défenses immunologiques, en particulier l’altération de la voie du complément, et état de la muqueuse respiratoire, en particulier après une grippe). 

Épidémiologie des infections invasives à méningocoques

Au cours des 10 dernières années, le taux d’incidence des IIM en France était de moins de 1 cas pour 100 000 habitants (entre 0,6 et 1 selon l’année). Les IIM affectent en majorité les nourrissons, les jeunes enfants et les jeunes adultes (15-24 ans). La majorité des cas sont sporadiques. La létalité des IIM est de 10 à 12%. Il existe des variations annuelles dans l’incidence des IIM par sérogroupe. En France la majorité des IIM est liée aux sérogroupes B et C. Depuis 2014, la part des sérogroupes parmi l’ensemble des cas est la suivante : B (40-50% des cas), C (20-30%), W (10-15%), Y (10-15%).  

Les chiffres-clés des infections invasives à méningocoque
Infographie concernant les Infections invasives à méningocoque

Transmission 

La transmission du méningocoque se fait par les sécrétions rhino-pharyngées (gouttelettes de Flügge) du fait de contacts proches et répétés. La transmission est favorisée dans le foyer familial ou les conditions de vie en collectivité. La période d'incubation varie de 2 à 10 jours (moyenne de 3-4 jours). 

Lors de la survenue d’un cas d’IIM, on estime qu’il y a un risque de transmission pour les personnes ayant été exposées directement aux sécrétions rhino-pharyngées du cas dans les dix jours ayant précédé la survenue de l’IIM (cf. chapitre prophylaxie).  

Caractéristiques de la maladie

Les IIM se manifestent le plus souvent sous forme de méningite (inflammation des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière) et/ou de septicémie. D’autres formes cliniques peuvent survenir (arthrite, péricardite septique…). La forme la plus sévère est le purpura fulminans caractérisé par un choc septique et un purpura extensif et nécrotique.  

Diagnostic biologique

Le diagnostic biologique repose sur : 

  • l'isolement de la bactérie (culture positive) ou une PCR positive à partir d’un site normalement stérile (sang, liquide cérébrospinal (LCS) , liquide articulaire, liquide pleural, liquide péricardique, liquide péritonéal) ou à partir d’une lésion cutanée purpurique ; 
  • la présence de diplocoques gram négatif à l’examen direct du LCR (méningite). 

Un LCS évocateur de méningite bactérienne purulente associé à la présence d’éléments purpuriques cutanés est en faveur d’une infection invasive à méningocoque. 

Traitement

Une suspicion d’IIM nécessite une prise en charge médicale rapide et un transfert en urgence à l’hôpital. La prise en charge inclut l’administration d’antibiotiques (C3G) par voie intraveineuse si possible ou intramusculaire.

Prophylaxie autour des infections invasives à méningocoque

Lors de la survenue d’une IIM, un traitement antibiotique court à visée préventive est proposé rapidement aux sujets ayant été en contact proche avec cette personne dans les 10 jours ayant précédé son hospitalisation (période de contagiosité du malade). L’évaluation du risque tient compte de la proximité (moins d’un mètre), du type de contact (en « face à face ») et de la durée.
Ce traitement vise à prévenir la survenue d'un nouveau cas dans l'entourage du malade. L’antibioprophylaxie doit être réalisée dans les plus brefs délais et n’a plus d’intérêt au-delà de 10 jours après le dernier contact avec le malade. 
Une vaccination est également proposée aux sujets contacts qui se retrouvent de façon régulière et répétée dans l'entourage du malade si celui-ci a été infecté par un méningocoque de type A, C, W ou Y.
Pour plus d’informations sur la prophylaxie autour des cas d’IIM : INSTRUCTION N° DGS/SP/2018/163 du 27 juillet 2018 relative à la prophylaxie des infections invasives à méningocoque.

Recommandations de vaccination

La vaccination contre les infections à méningocoques de sérogroupe C est recommandée chez les nourrissons, enfants et adolescents jusqu’à l’âge de 24 ans. Cette vaccination est obligatoire pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 avec une première dose à l’âge de 5 mois suivie d’un rappel à 12 mois.

Il existe également des vaccins contre les infections à méningocoques de sérogroupe B et des vaccins contre les infections de sérogroupes A, C, W, Y (vaccins tétravalents ACWY). Ces vaccins sont recommandés à certains groupes de population (personnes immunodéprimées ou exposées à un risque d’IIM).

Pour plus d’informations sur les recommandations et les vaccins : https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Meningites-et-septicemies-a-meningocoques  

D’autre part, lors de regroupement spatio-temporels d’IIM liées à un même type de méningocoque dans une communauté sociale ou dans une zone géographique, la vaccination de la population peut être considérée en tenant compte de l’évaluation de la situation par un groupe d’experts. Le type de vaccin dépend du sérogroupe en cause.  Ainsi, au cours des dernières années, deux campagnes de vaccination avec le vaccin contre le méningocoque B ont été organisées, l’une dans le Beaujolais (2016), l’autre dans les Côtes d’Armor (2017). Dans le secteur de Dijon, la survenue de regroupements de cas d’IIM W a conduit les autorités à organiser la vaccination par les vaccins tétravalents ACWY à deux reprises en 2017 et 2018.

La situation épidémiologique est suivie avec attention pour adapter les stratégies de vaccination contre les différents sérogroupes.