VIH/sida
VIH/sida

Le VIH ou Virus de l’Immunodéficience Humaine est un rétrovirus humain sexuellement transmissible. Il affaiblit le système immunitaire, et en l’absence de traitement, est responsable du sida.

Mis à jour le 30 juin 2019

VIH/sida : données

Une activité de dépistage en hausse

En 2017, 5,6 millions de sérologies VIH ont été réalisées par les laboratoires de biologie médicale, nombre en augmentation depuis 2010 (+12%).
Cette augmentation ne s’est pas accompagnée d’une augmentation du nombre de sérologies positives confirmées, d’où une tendance à la diminution du taux de positivité, de 2,2 à 2,0 pour mille entre 2010 et 2017. Ce constat laisse supposer que l’augmentation du dépistage a moins bénéficié aux populations les plus exposées au VIH qu’aux populations peu exposées.

Le nombre de TROD (tests rapides d’orientation diagnostique) réalisés en 2017 dans le cadre d’actions de « dépistage communautaire » est de 55 770, nombre stable par rapport à l’année précédente (56 300). Ces actions touchent toujours les populations les plus exposées au VIH (31% d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes -HSH- et 34% de migrants), ce qui explique un taux de positivité plus élevé (7,3 TROD positifs pour 1 000 TROD réalisés) que celui des sérologies réalisées par les laboratoires (2,0 sérologies positives pour 1 000 en 2017).

Le nombre d’autotests VIH vendus en pharmacie au cours de l’année 2017, sans possibilité de connaître la population y ayant recours, est d’environ 73 000, soit un nombre comparable à celui de 2016 (74 650).

Au total, le nombre de TROD communautaires et de ventes d’autotests n’augmente plus en 2017, ces modalités de dépistage restent très marginales par rapport aux sérologies réalisées en laboratoire de biologie médicale.

Une stabilisation des nouveaux diagnostics de VIH

Les données sur les découvertes de séropositivité VIH sont issues de la déclaration obligatoire de l’infection à VIH. Cependant, du fait d’une exhaustivité insuffisante de la déclaration (environ 30% des diagnostics ne sont pas déclarés), d’une part encore trop importante de données manquantes (déclarations incomplètes), et des délais de déclaration, il est nécessaire de corriger ces données pour estimer le nombre réel de découvertes de séropositivité.

Le nombre de découvertes de séropositivité VIH est stable entre 2010 et 2017. Environ 6 400 personnes ont découvert leur séropositivité en 2017, dont 3 600 (56%) ont été contaminées lors de rapports hétérosexuels, 2 600 (41%) lors de rapports sexuels entre hommes et 130 (2%) par usage de drogues injectables.

Nombre de découvertes de séropositivité VIH par année de diagnostic - (DO VIH, Données au 30/09/2018 corrigées pour les délais de déclaration et la sous-déclaration)
Nombre de découvertes de séropositivité VIH par année de diagnostic - (DO VIH, Données au 30/09/2018 corrigées pour les délais de déclaration et la sous-déclaration)

Si le nombre de découvertes de séropositivité est globalement stable entre 2010 et 2017 chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), des différences sont constatées selon le pays de naissance. Le nombre de découvertes est stable chez les HSH nés en France, tandis qu’il augmente de manière continue chez ceux nés à l’étranger, passant de 400 cas en 2011 (18% des découvertes chez les HSH) à 675 en 2017 (26%). Cette tendance peut être liée à une augmentation du nombre de nouvelles contaminations, mais également à un recours au dépistage plus important.

Parmi les découvertes de séropositivité chez les hétérosexuels, 75% concernent des personnes nées à l’étranger. Chez ces dernières, le nombre de découvertes est stable sur l’ensemble de la période 2010-2017. Chez celles nées en France, la diminution observée entre 2010 et 2014 ne s’est pas poursuivie ensuite.

Nombre de découvertes de séropositivité VIH par mode de contamination, lieu de naissance et année de diagnostic (DO VIH, Données au 30/09/2018 corrigées pour les délais de déclaration, la sous-déclaration et les valeurs manquantes)
Nombre de découvertes de séropositivité VIH par mode de contamination, lieu de naissance et année de diagnostic (DO VIH, Données au 30/09/2018 corrigées pour les délais de déclaration, la sous-déclaration et les valeurs manquantes)

Près d'un tiers des découvertes de séropositivité sont toujours trop tardives

30% des personnes ont été diagnostiquées en 2017 à un stade avancé de l’infection à VIH (stade clinique de sida ou nombre de lymphocytes CD4<200/mm3 hors primo-infection).

La moitié des découvertes de séropositivité (52%) ont concerné des personnes déclarant n’avoir jamais été testées auparavant. Dans les populations où un dépistage régulier est recommandé, hétérosexuels nés à l’étranger et HSH, cette proportion est respectivement de 68% et 33%.

Dans un contexte de prévention diversifiée du VIH (préservatif, prophylaxie pré-exposition -PrEP-, traitement post-exposition -TPE-, « treatment as prevention » -TASP-), le dépistage du VIH doit donc encore être intensifié, afin de réduire le nombre de personnes qui ignorent leur séropositivité et leur permettre de bénéficier d’un traitement antirétroviral, pour un bénéfice à la fois individuel et collectif.

L’ensemble de ces mesures permettra de réduire à terme le nombre de nouvelles contaminations par le VIH, qui sera suivi ensuite par une diminution du nombre de découvertes de séropositivité.

Un vieillissement des personnes découvrant leur séropositivité

En 2016, le nombre de seniors ayant découvert leur séropositivité était estimé à 1 184 [IC95% : 1 094-1 274], soit 20% de l’ensemble des découvertes. Ce nombre a régulièrement augmenté entre 2008 et 2014, concernant les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) et les femmes nées à l’étranger contaminées par rapports hétérosexuels.

Les seniors ayant découvert leur séropositivité en 2016 se différenciaient des plus jeunes par une moindre proportion d’HSH et une proportion plus élevée d’hétérosexuels nés en France. Les proportions de personnes n’ayant jamais été testées pour le VIH avant la découverte de séropositivité et de celles diagnostiquées à un stade avancé de l’infection étaient significativement plus élevées chez les seniors que chez les 25-49 ans (respectivement 48% vs 42% et 38% vs 26%). La part des infections récentes chez les seniors (28%) témoigne de prises de risque dans cette classe d’âge.

Ce niveau de dépistage insuffisant chez les seniors peut être expliqué par une moindre perception du risque de contamination par le VIH, à la fois par les personnes elles-mêmes mais également par les professionnels de santé, alors que l’exposition à l’infection persiste au-delà de 50 ans. Il est donc important que les actions de prévention incluent cette population.

Évolution du nombre de découvertes de séropositivité VIH chez les seniors et les 25-49 ans, entre 2008 et 2016 en France (DO VIH, données au 30/06/2017 corrigées pour les délais de déclaration, la sous-déclaration et les valeurs manquantes)
Évolution du nombre de découvertes de séropositivité VIH chez les seniors et les 25-49 ans, entre 2008 et 2016 en France (DO VIH, données au 30/06/2017 corrigées pour les délais de déclaration, la sous-déclaration et les valeurs manquantes)

Pour en savoir plus

bulletin national 28/03/2019

Bulletin de santé publique infection à VIH. Mars 2019.

article 27/11/2018

Découvertes de séropositivité VIH chez les seniors en France, 2008-2016

Une diminution légère de nouveaux diagnostics de sida

En 2016, le nombre de nouveaux diagnostics de sida a été estimé à environ 900. La plupart des cas de sida (76% en 2016) sont diagnostiqués chez des personnes qui n’avaient pas reçu de traitements antirétroviraux. La pneumocystose est la pathologie inaugurale de sida la plus fréquente. La pneumocystose, la toxoplasmose cérébrale et les pathologies multiples sont plus fréquentes chez les personnes n’ayant pas reçu d’ARV avant le sida.

Incidence VIH

En France l’incidence du VIH, c’est-à-dire le nombre de contaminations dans l’année, est estimée par deux méthodes.

L’une développée par Santé publique France, est basée sur le nombre de personnes diagnostiquées à l’état d’« infection récente », c’est-à-dire en moyenne dans les 6 mois suivant la contamination. Avec cette méthode, l’incidence du VIH est estimée à environ 5 800 [5275-6333] personnes en 2013 et 5 700 [5129-6189] en 2014, soient 13 nouvelles contaminations pour 100 000 personnes de 18 à 69 ans. Environ la moitié (51 %) de ces contaminations est liée à des rapports sexuels entre hommes, 48 % à des rapports hétérosexuels, et 1 % à l’échange de seringue entre usagers de drogues. L’incidence a globalement diminué entre 2003 et 2014, depuis 2003 pour les hétérosexuels, et seulement depuis 2008 chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).

Une autre méthode, développée par l’Inserm UMRS 1136, est basée sur les rétro-calculs à partir des cas diagnostiqués et l’estimation du délai entre contamination et diagnostic. Avec cette méthode, l’estimation de l’incidence est d’environ 5 800 [5300-6500] personnes par an en 2014-2016, avec un délai médian de plus de 3 ans entre la contamination et le diagnostic.

Une augmentation régulière de la prévalence (nombre de personnes vivant avec le VIH)

Une augmentation régulière en France du nombre de personnes vivant avec le VIH est observée depuis le début de l’épidémie, en raison du nombre annuel de nouvelles contaminations toujours supérieur à celui du nombre de personnes séropositives qui décèdent chaque année.

Fin 2016, ce nombre est estimé à près de 173 000 [170 800- 174 500] personnes. Ce nombre est estimé par l’INSERM U1136 au moyen d’un modèle de rétrocalcul utilisant des données de surveillance de Santé publique France (déclaration obligatoire du VIH), des données issues de la cohorte hospitalière de la FHDH, et des données de l’Assurance maladie sur les personnes prises en charge pour le VIH.