Des réseaux de surveillance nationaux

En 2018, cinq missions nationales ont été définies par un comité d’expert « Missions nationales Infections associées aux soins » (CMNIAS), et ont été déléguées pour la période 2018-2023 à 6 CPias après appel à candidature.

Publié le 21 juin 2019

Les missions sont : 

  • Mission 1 « Surveillance et prévention de la résistance aux antibiotiques et des infections associées aux soins en soins de ville et en secteur médico-social » PRIMO, portée par le CPias Pays de la Loire associé au CPias Grand Est ;
  • Mission 2 « Surveillance et prévention de la résistance aux antibiotiques en établissements de santé » SPARES portée par le CPias Grand Est associé au CPias Nouvelle-Aquitaine ;
  • Mission 3 « Surveillance et prévention du risque infectieux lié aux actes de chirurgie et de médecine interventionnelle » SPICMI, portée par le CPias Ile-de-France ;
  • Mission 4 « Surveillance et prévention des infections associées aux dispositifs invasifs » SPIADI portée par le CPias Centre-Val de Loire ;
  • Mission 5 « Soutien aux actions de prévention : évaluation, formation, communication, documentation » MATIS portée par le CPias Nouvelle-Aquitaine associé au CPias Iles de Guadeloupe.

La réflexion scientifique du CMNIAS a pris en compte les missions des CPias et de Santé publique France, et s’est appuyée sur un état des lieux de l’existant, et sur les résultats d’une consultation préalable des parties prenantes. Il a aussi intégré les objectifs du Programme national d’actions de prévention des IAS (Propias), de la feuille de route interministérielle « Antibiorésistance » et des programmes européens coordonnés par l’ECDC. 

La surveillance de la résistance aux antibiotiques et de la consommation d'antibiotiques en établissements de santé

En 2018, la mission nationale de surveillance et prévention de la résistance bactérienne aux antibiotiques en établissement de santé, Mission SPARES, a été confiée par Santé publique France aux CPIas Grand-Est, associé au CPIas Nouvelle Aquitaine, pour une durée de 5 ans, suite à un appel à projet. 

La mission Spares a pour mission de surveiller de la consommation des antibiotiques et des résistances bactériennes en établissements de santé, en utilisant un outil commun d’enregistrement des données à partir des logiciels métiers, avec un minimum de traitement préalable des données : l’outil ConsoRes. Tous les établissements de santé volontaires peuvent participer.

Cette nouvelle organisation remplace les réseaux ATB-Raisin et BMR qui fournissaient les données de surveillance de la consommation des antibiotiques et des résistances bactériennes en établissements de santé jusqu'en 2018 :

  • La surveillance BMR-Raisin, qui a été coordonnée par le CClin Paris Nord jusqu'en 2017, ciblait les souches de S. aureus résistant à la méticilline (SARM) et d’entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu (EBLSE) isolées de prélèvements à visée diagnostique réalisés chez des patients hospitalisés.
  • La surveillance ATB-Raisin qui a été coordonnée par le CClin Nouvelle Aquitaine jusqu'en 2017, recueillait depuis 2006 la consommation d’antibiotiques en DDJ au sein d’ES volontaire pour l’ensemble de l’ES et par secteurs d’activité (hors rétrocession, hospitalisation à domicile et hospitalisation de semaine). Elle complétait ainsi les données françaises issues de l’exploitation des déclarations de ventes d’antibiotiques transmises à l’ANSM par les exploitants de spécialités pharmaceutiques et celles produites par l’assurance maladie à travers le suivi du nombre de prescriptions d’antibiotiques réalisées dans le cadre de la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (ROSP)

La surveillance de la résistance aux antibiotiques et de la consommation d'antibiotiques en ville et établissements médico-sociaux

  • La mission nationale « Surveillance de la résistance aux antibiotiques et des infections associées aux soins en secteur de ville et établissements médico-sociaux » (PRIMO) portée par les CPias Pays-de-La-Loire et CPias Grand Est.  

En 2018, la mission nationale de surveillance et prévention de la résistance bactérienne aux antibiotiques et des IAS en secteur de ville et établissements médico-sociaux, Mission PRIMO, a été confiée par Santé publique France au CPias Pays de la Loire, associé au CPIas Grand-Est, pour une durée de 5 ans, suite à un appel à projet.
La surveillance se base sur l’outil e-Medqual ville, tous les laboratoires de ville volontaires peuvent participer. La surveillance porte sur les données de résistance chez Escherichia coli, Staphylococcus aureus ainsi que Enterobacter cloacae, Klebsiella aerogenes, Klebsiella pneumoniae, Klebsiella oxytoca 

Avant la mise en place de cette mission en 2018, il n'existait pas de surveillance nationale structurée pour la résistance aux antibiotiques en secteur de ville et établissements médico-sociaux. Des réseaux régionaux de laboratoires de ville tels que les Réseaux Medqual, Aquitaine, Epiville France, Oscar, AforcopiBio, dont certains sont fédérés dans l’ONERBA, ou celui mis en place par la CIRE Nord produisaient des données régionales.
En complément, des données issues de laboratoires d’analyses de biologie médicale sont recueillies par les centres nationaux de référence (CNR), mais leurs données sont agrégées souvent à celles d’établissements de santé.
Pour compléter ce dispositif, Santé publique France avait expérimenté, de 2005 à 2009, un système électronique de transfert des résultats d’analyses microbiologiques à partir des 69 laboratoires privés d’analyses médicales du réseau Labville. Ce système a été abandonné en 2009, en raison de limites techniques.

Publication à télécharger

rapport/synthèse 1/10/2011

Surveillance de la résistance bactérienne aux antibiotiques en ville, réseau Labville. Mise en oeuvre d'un recueil automatisé des donné...

rapport/synthèse 1/10/2003

Etude multicentrique multisites sur les fréquences et les déterminants des pratiques à risque de transmission des VIH et VHC chez les u...

  • Surveillance des consommations d'antibiotiques en secteur de ville et établissements médico-sociaux

En complément des analyses des données de vente d’antibiotiques réalisées par l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), Santé publique France surveille les consommations d’antibiotiques en secteur de ville au niveau national, avec restitution d’indicateurs régionaux.  
Mesurées à partir des données de remboursement de l'assurance maladie, les consommations et les prescriptions d’antibiotiques en ville constituent l’un des déterminants de santé qui seront présentés dans le portail interactif de Santé publique France GEODES. L’indicateur retenu pour les consommations est le nombre de Doses Définies Journalières (DDJ) pour 1000 habitants et par jour. A cet égard, il est rappelé que la DDJ est la posologie standard fixée par l’OMS pour un adulte. Cet indicateur, qui est également calculé pour chaque grande famille d’antibiotiques, est décliné pour 8 tranches d’âge par région, par département et, lorsque cela est possible, par canton. Pour les prescriptions, l’indicateur retenu est également calculé pour 1000 habitants et par jour.