Infections associées aux soins en établissement de santé : résultats de l'Enquête nationale de prévalence 2017, France

Publié le 1 Septembre 2020
Mis à jour le 02 septembre 2020

L'Enquête nationale de prévalence (ENP) sur les infections associées aux soins (IAS) en établissement de santé (ES) est répétée tous les cinq ans. En 2017, elle avait pour objectif de mesurer la prévalence de ces infections et de décrire les patients infectés en établissement de santé. L'enquête a été réalisée sur un échantillon représentatif des ES français par sondage aléatoire avec stratification sur la région et la catégorie d'établissement. Entre le 15 mai et le 30 juin 2017, 403 établissements de santé ont participé et inclus 80 988 patients. En 2017, un patient sur 20 hospitalisés en ES était infecté (4,98% IC95%: [4,62-5,36]). Cette prévalence n'a pas diminué entre 2012 et 2017 alors que les enquêtes antérieures avaient montré une diminution constante depuis 2001. En 2017, la prévalence des patients infectés a augmenté en court séjour, en particulier en services de chirurgie, par rapport à 2012. Elle a également augmenté chez les patients présentant certains facteurs de risque d'infection : être atteint d'une affection maligne, avoir été opéré depuis l'admission, avoir un dispositif invasif à demeure le jour de l'enquête et en particulier un cathéter. Les quatre principales localisations des infections associées aux soins en ES représentant 71,5% des sites infectieux documentés - voies urinaires (28,5%), sites opératoires (15,9%), pneumonies (15,6%), bactériémies (11,4%) - étaient identiques en 2012 et 2017. Cependant, la part des infections du site opératoire (ISO) parmi l'ensemble des infections a augmenté en 2017 par rapport à 2012, dépassant celle des pneumonies. Les quatre micro-organismes les plus fréquents étaient Escherichia coli, Staphylococcus aureus, Enterococcus faecalis et Pseudomonas aeruginosa représentant la moitié des micro-organismes isolés d'IAS. La diminution de la prévalence des patients infectés par S. aureus résistant à la méticilline (SARM) entre 2012 et 2017 confirme la diminution des infections à SARM déjà constatée par les ENP depuis 2001. La prévalence des patients infectés par des entérobactéries résistantes aux céphalosporines de 3e génération (C3G) est restée stable entre 2012 et 2017 ; celle des patients infectés par des entérobactéries productrices de β-lactamases à spectre étendu (EBLSE) a augmenté sur la période. Ces résultats incitent à poursuivre les actions de prévention ciblées sur les infections les plus fréquentes et les plus graves, en particulier les ISO, les bactériémies et les pneumonies.

Auteur : Daniau Côme, Léon Lucie, Blanchard Hervé, Bernet Claude, Caillat-Vallet Emmanuelle, Glorion Sophie, Buonocore Laurence, Aupée Martine, Péfau Muriel, Simon Loïc, Claver Julien, Bajolet Odile, Alfandari Serge, Berger-Carbonne Anne, Coignard Bruno
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2020, n°. 21, p. 412-423