Associations entre niveau socioéconomique et recours aux soins des personnes diabétiques, et évolutions entre 2001 et 2007, à partir d'une approche écologique. Enquêtes Entred 2001 et 2007, France. N° thématique. Journée mondiale du diabète, 14 novembre 2014

Publié le 12 Novembre 2014
Mis à jour le 5 juillet 2019

Objectif : l'objectif de cette étude était de mesurer l'évolution des inégalités sociales de recours aux soins (RAS) des personnes diabétiques entre 2001 et 2007. Méthodes : les adresses de 9 868 puis de 6 204 adultes diabétiques tirés au sort à partir des bases de données de l'Assurance maladie, respectivement pour Entred 2001 et 2007, ont été géocodées au niveau de l'Iris (zone d'environ 2 000 habitants). L'évolution du recours aux soins annuel a été analysée en fonction de l'indice de désavantage social (EDI) réparti en quintiles, des moins défavorisés (DEF-) aux plus défavorisés (DEF+), après ajustement sur l'âge, le sexe, le traitement antidiabétique et le pays de naissance. Un terme d'interaction entre l'année et l'indice EDI a été introduit pour étudier l'évolution du gradient. Résultats : les DEF+ étaient plus souvent des femmes, plus jeunes et plus souvent nées à l'étranger. En 2001, les DEF+ avaient moins souvent consulté un endocrinologue, un ophtalmologiste ou un dentiste, mais avaient eu un recours plus fréquent au médecin généraliste (MG). Ils avaient été remboursés de 3 dosages de l'hémoglobine glyquée (HbA1c) et des autres dosages biologiques recommandés aussi souvent que les DEF-. Entre 2001 et 2007, la fréquence de recours à l'ALD (affection de longue durée) avait augmenté pour tous, mais davantage pour les DEF+, et la plupart des indicateurs de recours aux soins avaient progressé, quel que soit le niveau de désavantage social. Le recours à l'ophtalmologiste était le seul à n'avoir progressé que chez les DEF-. Aucun gradient n'avait évolué de façon statistiquement significative au cours de cette période, à l'exception de la fréquence des consultations de MG qui avait diminué chez les DEF-. Conclusion : si l'impact des inégalités sociales sur le recours aux soins reste important en ce qui concerne le recours aux professionnels de santé (à l'exception de l'endocrinologue libéral), l'écart entre les niveaux de désavantage social semble stable, voire se réduit, sauf pour le recours à l'ophtalmologiste.(R.A.)

Auteur : Fosse Edorh S, Pornet C, Delpierre C, Rey G, Bihan H, Fagot Campagna A
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2014, n°. 30-31, p. 500-6