Cancer du sein

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent en France et représente la première cause de décès par cancer chez la femme. Il fait l’objet d’un programme national de dépistage organisé afin d’être détecté précocement et d’en réduire la mortalité.

Mis à jour le 17 juin 2019

Cancer du sein : données

Une incidence en augmentation et une mortalité en baisse

En France métropolitaine,  

  • Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent devant les cancers de la prostate, du poumon et colorectal, et représente la 3e cause de mortalité par cancer.
  • C’est le cancer le plus fréquent chez la femme et la 1ère cause de décès par cancer chez la femme.
  • L’incidence (taux standardisé) du cancer du sein chez la femme a augmenté entre 1990 et 2018 (+1,1 % par an en moyenne, passant de 72,8 nouveaux cas de cancer du sein pour 100 000 femmes à 99,9) alors que la mortalité (taux standardisé) a diminué (-1,3 % par an en moyenne, passant de 20,2 décès par cancer du sein pour 100 000 femmes à 14,0). 
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Taux d’incidence et de mortalité du cancer du sein en France métropolitaine selon l’année (Taux Standardisé Monde) – Échelle logarithmique
Taux d’incidence et de mortalité du cancer du sein en France métropolitaine selon l’année (échelle logarithmique)

Au sein de l’Union européenne, la France se situe au 8e rang parmi les pays ayant le plus haut niveau d’incidence et au 11e rang parmi les pays ayant les taux de mortalité les plus élevés. 

Dans le monde, 2,08 millions de nouveaux cas sont estimés en 2018. Les taux d’incidence les plus élevés sont observés dans les pays les plus développés. En termes de mortalité, 626 000 décès sont estimés en 2018. Les taux de mortalité sont les plus élevés dans les pays les moins développés. 

Source UE et monde : Globocan  2018 v1.0 Disponible sur : http://globocan.iarc.fr, consulté le 25/04/2019. 

Incidence et mortalité régionales et départementales : peu d’hétérogénéité géographique

« Au sein de la France, les disparités régionales et départementales d’incidence du cancer du sein sont peu marquées. Il existe une sous incidence qui dépasse les 10% par rapport à la moyenne nationale dans le Jura, le Territoire de Belfort, le Doubs, le Finistère, les Côtes-d’Armor, en Ariège et en Corrèze. Paris est le seul département en sur-incidence qui dépasse les 10 %.
Les disparités régionales et départementales de mortalité par cancer du sein sont plus prononcées : il existe une surmortalité qui dépasse les 10% par rapport à la moyenne nationale dans tous les départements des Hauts-de-France, dans les Ardennes, la Marne, en Seine-Maritime et dans l’Yonne. La mortalité est inférieure à la moyenne nationale dans de nombreux départements du Sud de la France et de Bretagne. Au total 10 départements ont une mortalité inférieure d’au moins 10% à la moyenne nationale.  

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Une survie qui s’améliore

La survie à 5 ans des femmes atteintes d’un cancer du sein s’est améliorée au cours du temps, passant de 80 % pour les femmes diagnostiquées en 1989-1993 à 87 % pour celles diagnostiquées en 2005-2010 (survie nette standardisée). Cette amélioration est liée d’une part, à une plus grande précocité des diagnostics (en lien avec le développement des pratiques de dépistage, mais également avec l'amélioration des pratiques et techniques diagnostiques) et, d’autre part, aux progrès thérapeutiques de ces dernières années. 
La France se situe parmi les pays avec les taux de survie les plus élevés d’Europe. 

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Chiffres de prévalence du cancer du sein

La prévalence partielle à 5 ans du cancer du sein est estimée en 2008 à près de 220 000 femmes. Elle représente les personnes diagnostiquées lors des cinq dernières années, qu'elles soient en rémission complète, guéries, ou en cours de surveillance.
La prévalence totale est estimée en 2008 à environ 650 000. Elle correspond au nombre de personnes atteintes ou ayant été atteintes d’une pathologie cancéreuse et vivantes à une date donnée, quelle que soit l’antériorité du diagnostic.

1 cancer du sein sur 10 est diagnostiqué à un stade avancé

Les données des registres des cancers montrent que : 

  • 6 cancers du sein sur 10 sont diagnostiqués à un stade précoce (extension locale limitée),
  • 3 sur 10 à un stade intermédiaire (extension régionale),
  • 1 sur 10 à un stade avancé.  

Ces chiffres sont stables sur toute la période étudiée de 2009 à 2012.
Les cancers précoces sont diagnostiqués plus fréquemment chez les femmes de 50-74 ans (65%) contre 59 % chez les moins de 50 ans et 42 % chez les plus de 74 ans.
Les cancers les plus avancés sont diagnostiqués plus fréquemment chez les femmes de plus de 74 ans. 

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Une participation au programme de dépistage dont la baisse ralentit

En 2018, le taux national de participation est de 50,3 %, soit environ 2 595 000 femmes de 50-74 ans dépistées au cours de l’année dans le cadre du programme national de dépistage organisé du cancer du sein (voir tableau taux brutstableau taux standardisés sur l’âge).

Évolution des taux de participation au programme national de dépistage organisé du cancer du sein

2004 

40,2% 

2005 

44,8% 

2006 

49,3% 

2007 

50,8% 

2008 

52,5% 

2009 

52,3% 

2010 

52,0% 

2011 

52,7% 

2012 

52,7% 

2013 

51,6% 

2014 

52,1% 

2015 

51,5% 

2016 

50,7% 

2017 

49,9% 

2018 

50,3% 

Les données des structures de gestion du dépistage montrent qu’après avoir augmenté jusqu’en 2011-2012 pour atteindre un pic à 52,7 %, la participation au programme de dépistage organisé est depuis lors en diminution. Les derniers chiffres indiquent que cette diminution semble cependant se ralentir. 

Ce ralentissement s’observe pour toutes les tranches d’âge (voir graphique par âge) et dans la plupart des régions, à l’exception des Pays de la Loire et de la Bretagne où les taux de participation continuent de baisser alors qu’ils étaient parmi les plus élevés. A l’inverse, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Grand-Est, les taux de participation augmentent. Dans les DROM, des baisses importantes sont observées (voir graphique par région).

L’hétérogénéité de la participation sur le territoire constatée les années précédentes, perdure pour la période 2017-2018, avec des écarts entre régions allant de 35,2 % en Corse et 39,1 % en Ile de France, à 58,2 % dans les Pays de la Loire et 58,6 % en Centre-Val-de-Loire (voir tableau). En Outre-mer, les taux varient de 26,1 % en Guyane à 47,3 % à la Réunion. Cette hétérogénéité géographique se retrouve également à l’échelle départementale avec des taux variant de 28,5 % à Paris à 62,4 % en Indre-et-Loire (voir carte).

Il est difficile d’interpréter les tendances récentes de la participation. La baisse observée à partir de 2011-2012 pourrait être liée, pour partie, à la controverse sur les bénéfices et les risques du dépistage du cancer du sein. Sous cette hypothèse, le ralentissement en 2017-2018 montrerait que l’effet de la controverse sur la participation tend à s’estomper. 

Il convient par ailleurs de comprendre ce qui se passe dans les régions où la participation continue de baisser alors que les niveaux de participation étaient relativement élevés. Il convient également d’étudier ce qui se passe dans les régions d’Outre-mer. 

Enfin, il est urgent de disposer d’outils permettant de mesurer précisément le recours au dépistage individuel afin (1) de décrire d’éventuels phénomènes de transfert entre dépistage organisé et individuel, et (2) de suivre les tendances globales de recours au dépistage du cancer du sein.