Cancer du colon rectum

Le cancer colorectal (ou cancers du côlon et du rectum) est un cancer du gros intestin qui peut être guéri s’il est détecté précocement.

Mis à jour le 06 avril 2021

Cancer du côlon rectum : données

Une incidence qui évolue différemment selon le sexe alors que la mortalité diminue

En France, avec 43 336 nouveaux cas et 17 117 décès en 2018, le cancer colorectal fait partie des cancers les plus fréquents (3e rang chez l’homme et 2e chez la femme) et représente la 2 e cause de décès par cancer (2 e cause chez l’homme et 3e chez la femme) :

  • Le cancer colorectal est rare avant l’âge de 50 ans.
  • 8 décès sur 10 surviennent chez les personnes de 65 ans et plus.
  • L’incidence (taux standardisé) diminue chez l’homme (-1,4 % par an en moyenne entre 2010 et 2018) alors qu’elle reste stable chez la femme.
  • La mortalité (taux standardisé) diminue chez l’homme et la femme.
  • Pour la première fois en 2019, des estimations de l’incidence ont été publiées en distinguant le cancer du côlon d’une part et celui du rectum d’autre part.

Taux d’incidence et de mortalité du cancer colorectal en France métropolitaine selon l’année (Taux Standardisé Monde) – Échelle logarithmique

taux d’incidence et de mortalité du cancer colorectal, France métropolitaine selonl’année (échelle logarithmique)
Cancer colorectal : cas incidents estimés, taux d’incidence (Taux Standardisé Monde) en 2018 et variation annuelle moyenne du taux d’incidence (TSM) entre 1990 et 2018 et sur la période récente 2010-2018, accompagnée de son intervalle de confiance à 95%, selon le sexe et par sous-type topographique, en France métropolitaine

 

2018

Variation annuelle moyenne (%) [IC95])

 

Nombre de nouveaux cas

TSM

1990- 2018

IC 95%

2010- 2018

IC 95%

Hommes

Côlon

14 597

20,7

-0,3

[-0,4 ; -0,2]

-1,1

[-1,5 ; -0,8]

Rectum

8 249

12,7

-1,0

[-1,2 ; -0,9]

-1,9

[-2,3 ; -1,5]

Femmes

Côlon

13 217

14,8

-0,1

[-0,2 ; 0,1]

-0,1

[-0,5 ; 0,2]

Rectum

5 495 

6,9

-0,5

[-0,7 ; -0,3]

-0,9

[-1,4 ; -0,4]

Au sein de l’Union européenne, la France présente le 16e taux d’incidence (taux standardisé) le plus élevé chez l’homme et le 15e chez la femme. En termes de mortalité, la France présente le 9e taux de mortalité (taux standardisé) le plus bas chez l’homme et le 7e chez la femme.

1

million de nouveaux cas sont estimés en 2018

Dans le monde, 1 million de nouveaux cas sont estimés en 2018. Les taux d’incidence (taux standardisé) les plus élevés sont observés en Australie/Nouvelle Zélande, en Europe et en Amérique du Nord, et les plus faibles en Amérique Centrale, dans le Sud de l’Asie centrale et en Afrique. En termes de mortalité, 881 000 décès par cancer colorectal sont estimés en 2018. Les taux de mortalité (taux standardisé) sont les plus élevés en Mélanésie, en Asie orientale et en Europe centrale et orientale, et les plus faibles dans le Sud de l’Asie centrale, en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest.

EN SAVOIR PLUS

Estimations nationales de l'incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 : étude à partir des re...

En savoir plus

Incidence et mortalité régionales et départementales

Peu de disparités régionales et départementales d’incidence du cancer colorectal sont observées, en particulier chez les femmes. Chez les hommes, 8 départements présentent une sur-incidence qui dépasse les 10 % par rapport à la moyenne nationale et 5 départements une sous-incidence supérieure à 10 %.

Pour la mortalité, les contrastes sont plus prononcées : chez l’homme, « les départements du Pas-de-Calais et du Nord (région Hauts-de-France) et, dans une moindre mesure ceux de la région Grand Est (surtout en Ardennes) ainsi que ceux de l’alignement Vienne-Nièvre (centre de la France) présentent une mortalité plus élevée que la moyenne nationale. Au total, 21 départements sont en surmortalité qui dépasse les 10% par rapport à la moyenne nationale et 12 en sous-mortalité4 supérieure à 10 %. Chez la femme, une surmortalité qui dépasse les 10% est observée dans 3 départements des Hauts-de-France (Aisne, Pas-de-Calais et Nord) alors qu’une sous-mortalité qui dépasse les 10% est observée dans 2 départements du sud de la France (Alpes de Haute-Provence, Alpes-Maritimes) et dans le département des Hauts-de-Seine ».

Les estimations régionales et départementales d’incidence et de mortalité par cancer peuvent être consultées ici.

Rapports standardisés d’incidence (SIR) et de mortalité (SMR) du cancer colorectal

Rapports standardisés d’incidence (SIR) et de mortalité (SMR) du cancer colorectal
la référence est la France métropolitaine (SIR et SMR=1).

Une survie a 5 ans qui s’est améliorée

  • La survie (survie nette standardisée) des personnes atteintes d’un cancer colorectal s’élève à 63% 5 ans après leur diagnostic pour les personnes diagnostiquées en 2010-2015, légèrement plus élevée chez la femme (65%) que chez l’homme (62%).
  • La survie à 5 ans diminue avec l’âge : passant de 72% chez les personnes diagnostiquées à 50 ans, à 57% chez celles diagnostiquées à 80 ans (2010-2015).
  • La survie à 5 ans s’est améliorée au cours du temps passant de 53% pour les personnes diagnostiquées en 1990 à 65% pour celles diagnostiqués en 2015.
  • Des estimations actualisées de la survie ont été produites séparément pour le cancer du côlon, le cancer du rectum et, pour la première fois, pour le cancer de l’anus. La survie nette à 5 ans des personnes diagnostiquées en 2010-2015, pour ces trois localisations était respectivement de 64%, 62% et 66%.

Prévalence du cancer colorectal

La prévalence partielle à 5 ans du cancer colorectal est estimée en 2008 à près de 120 900 personnes : 64 300 hommes (53 %) et 56 600 femmes. Elle représente les personnes diagnostiquées lors des cinq dernières années qu’elles soient en rémission complète, guéries ou en cours de surveillance.

La prévalence totale est estimée en 2008 à près de 318 700 personnes, dont 163 600 hommes (51 %) et 155 100 femmes. Elle correspond au nombre de personnes atteintes ou ayant été atteintes d’une pathologie cancéreuse et vivantes à une date donnée, quelle que soit l’antériorité du diagnostic.

Cancer colorectal : une répartition des stades au diagnostic similaire selon le sexe

Les données des registres montrent que :

  • Pour le cancer du côlon :
    • 44 % des cancers sont diagnostiqués à un stade précoce
    • Un tiers le sont à un stade avancé
    • Cette répartition varie avec l’âge : les cancers diagnostiqués à un stade précoce sont plus fréquents chez les 40-74 ans (48 %) alors que ceux de stade avancé le sont davantage chez les moins de 40 ans (38 %) et les plus de 74 ans (37 %).
    • Tous ces résultats sont similaires pour chaque sexe.
  • Pour le cancer du rectum :
    • 47 % des cancers sont diagnostiqués à un stade précoce
    • Un tiers le sont à un stade avancé.
    • Cette répartition varie avec l’âge : plus d’un cancer sur deux est diagnostiqué à un stade précoce chez les 15-39 ans (57 %) et les 50-74 ans (51 %). Les cancers diagnostiqués à un stade avancé sont plus fréquents chez les plus de 74 ans (42 %).
    • Tous ces résultats sont similaires pour chaque sexe

Programme de dépistage organisé du cancer colorectal

Un taux de participation en deçà des objectifs attendus 

Les taux de participation au programme de dépistage organisé du cancer colorectal, calculés pour les années 2010 à 2020, sont présentés au niveau national, départemental et régional. Les indicateurs de participation sont calculés par périodes de deux années glissantes (2010-2011, 2011-2012, 2012-2013, 2013-2014…) qui reflètent la périodicité biennale des invitations au programme. Le mode de calcul des indicateurs est fondé sur le guide du format des données. Le test de recherche de sang occulte dans les selles au gaïac (Hémoccult® II), utilisé depuis la mise en place du programme de dépistage, a été remplacé par le test immunologique (OC Sensor®) en avril 2015.

Matériel et méthodes

L’ensemble des informations concernant le calcul des indicateurs de participation peut être consulté ici.

Résultats

Sont présentés les indicateurs de participation au programme pour les deux années les plus récentes et leur évolution depuis 2010.

Résultats pour la période 2019-2020

Sur la période 2019-2020, la population-cible du dépistage a été estimée à 20,3 millions de personnes dont ont été exclues, pour raisons médicales, 2,8 millions de personnes, soit un taux d’exclusion standardisé de 13,2 % comparable à celui observé sur la période 2018-2019. Ce taux d’exclusion est globalement identique chez les hommes et chez les femmes. Il varie avec l’âge : chez les hommes, il passe de 5,6 % chez les 50-54 ans à 24,2 % chez les 70-74 ans et chez les femmes de 6,5 % à 20,7 % dans ces mêmes tranches d’âge. Ce taux est extrêmement variable d’un département à l’autre, de 1,2 % à 23,5 %.

Au total, 5,1 millions de personnes ont réalisé un test de dépistage sur la période 2019-2020, quel qu’en soit le résultat (positif, négatif ou non analysable), ce qui représente un taux de participation-population éligible* de 28,9 % (comparé à 30,5% en 2018-2019). 

La participation au programme de dépistage organisé du cancer colorectal, en baisse constante depuis 2016-2017, continue à diminuer lentement. L’émergence de la pandémie de COVID-19 en 2020, qui a conduit à une réduction temporaire des activités de dépistage au cours de cette année 2020, n’a pas provoqué de chute brutale de la participation à ce programme. Ce taux de participation reste plus élevé chez les femmes (30,0 %) que chez les hommes (27,7 %) et augmente avec l’âge (de 25,9 % chez les hommes de 50-54 ans à 33,7 % chez ceux de 70-74 ans et de 27,6 % chez les femmes de 50-54 ans à 34,1 % chez celles de 70-74 ans). Il varie aussi selon les départements. Les taux les plus bas sont observés en Guyane (9,0 %), en Corse (14,9 %) et à Paris (17,0 %) et les plus élevés dans le Haut-Rhin (42,9 %), le Bas-Rhin (42,2 %) et le Maine-et-Loire (41,3 %).

Taux standardisés de participation par département, période 2019-2020 

DOCCR - Taux standardisés de participation, par département, 2019-2020

Un fait nouveau est observé pour la période 2019-2020 : la proportion de personnes avec un test non analysable non refait au cours de la même période est plus élevée que lors de la période précédente (4 % en 2019-2020 vs 2,9% pour 2018-2019, avec respectivement 2,9 %en 2018, 2,9 % en 2019 et 4,7 % en 2020) et supérieure au référentiel européen (<3 %). Elle varie entre 2,2 % et 17,2 % d’un département à l’autre et est supérieure au référentiel européen dans 78 départements (contre 27 en 2018-2019). Les difficultés rencontrées par les services de La Poste et la moindre priorité accordée par les participants au dépistage à l’envoi de leur test en 2020 sont les principales hypothèses évoquées pour expliquer l’augmentation de tests non analysables sur la période 2019-2020.

Au total, sur la période 2019-2020, 183 500 personnes ont été dépistées positives, soit une proportion de personnes avec un test positif de 3,7 %, comparable à celle de la période 2018-2019. Cette proportion reste plus élevée chez les hommes (4,4 %) que chez les femmes (3,0 %). Elle augmente avec l’âge (de 3,7 % chez les hommes de 50-54 ans à 5,8 % chez ceux de 70-74 ans et de 2,8 % chez les femmes de 50-54 ans à 3,8 % chez celles de 70-74 ans). Elle varie également selon les départements de 2,8 % à 4,4 %.

*population-éligible = population-cible – exclusions.

Taux standardisés de personnes ayant un test immunologique positif, par département, période 2019-2020 

DOCCR - Taux standardisés de personnes ayant reçu un test immunologique positif, par département, 2019-2020

 

Autres indicateurs de performance du programme de dépistage