Cas de variole du singe : point de situation au 11 août 2022

Point de situation au 11/08/22 suite aux cas de variole du singe (Monkeypox) signalés en France et dans le monde.

Publié le 12 aout 2022
Dans cet article

Des cas de variole du singe (Monkeypox en anglais) sans lien direct avec un voyage en Afrique du Centre ou de l’Ouest ou des personnes de retour de voyage ont été signalés en Europe et dans le monde depuis début mai 2022. Depuis cette date, l’épidémie concerne un nombre croissant de pays et la maladie fait l’objet, en France comme en Europe, d’une surveillance renforcée.

Le directeur général de l'OMS a annoncé, samedi 23 juillet, qu'il déclarait l'urgence de santé publique de portée internationale concernant cette épidémie. Il s'agit du plus haut niveau d'alerte de l'organisation pour déclencher une série d'actions des pays membres.

En France, les infections à orthopoxvirus font l’objet d’une surveillance pérenne par le dispositif de la déclaration obligatoire. Compte tenu de l’épidémie en cours, la surveillance de ces infections a été renforcée par Santé publique France et des messages d’information et d’alerte ont été adressés aux professionnels de santé et aux populations les plus à risque.

Point de situation en France

Situation nationale au 11/08/2022 à 12h

Au 11 août 2022 à 12h00, 2 673 cas confirmés ont été recensés en France : 895 cas résident en Ile-de-France, 236 en Occitanie, 205 en Auvergne-Rhône-Alpes, 162 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 117 dans les Hauts-de-France, 104 en Nouvelle Aquitaine, 68 en Grand Est, 43 en Pays-de-la-Loire, 30 en Normandie, 27 en Bourgogne-Franche-Comté, 26 en Bretagne, 24 en Centre-Val de Loire, 2 en Corse, 2 en Martinique, 1 en Guadeloupe et 1 à Saint-Martin. Pour 720 cas, la région de résidence n’était pas renseignée, et 10 cas résident à l’étranger.

Les cas adultes ont un âge médian de 36 ans ; 25% des cas adultes ont moins de 30 ans et 25% ont de 43 à 77 ans. Parmi l’ensemble des cas, 28 sont des adultes de sexe féminin et 2 sont des enfants.

Les actions d’information et de prévention

Compte tenu de ce qui a été observé en Europe sur la maladie, une communication ciblée a été rapidement mise en œuvre en direction des personnes HSH. Le site sexosafe.fr, dédié à la sexualité des personnes HSH, est régulièrement mis à jour avec un résumé des connaissances sur le sujet et les mesures de prévention. Les messages rappelant les symptômes et la conduite à tenir en cas de symptômes ont été relayés via une campagne digitale. Depuis le 17 juin, la campagne digitale a généré près de 639 165 clics sur les bannières et plus de 512 388 visites du site Sexosafe.

Ce dispositif a été complété avec une campagne d’affichage dans les lieux de convivialité avec près de 1350 espaces d’affichage. Et depuis quelques semaines par une diffusion de spots sur des radios communautaires. En parallèle, des affiches, des flyers et des fiches-conseils ont été diffusés grâce aux acteurs associatifs, aux ARS et aux équipes de Sexosafe présentes sur le terrain, dans le cadre des marches des fiertés et dans les lieux de convivialité HSH. A ce jour, 2 842 affiches et 94 500 flyers ont été commandés.

Une campagne digitale sur la vaccination préventive a débuté le 25 juillet et des outils pour le terrain également seront mis à disposition dans les jours à venir, suite à la publication de l’avis de la Haute Autorité de Santé du 07 juillet.

Toutes les informations sur la  vaccination sont mises à jour chaque semaine sur la page destinée au grand public et celle destinée aux professionnels de santé (accessible sans identifiant) du site Vaccination-info-service.

Les actions de prévention s’adaptent en continu à l’évolution de la situation et l’état des connaissances.

Pour faciliter l’accès à l’information des personnes vulnérables en situation de précarité, un outil imagé, traduit en 6 langues, élaboré avec des professionnels intervenant auprès de ces personnes est disponible sur Santé publique France.

La newsletter MOBCO n°7 construite avec des acteurs de terrain rassemble une série de questions/réponses sur le sujet Monkeypox/variole du singe. Elle s'adresse aux professionnels ou bénévoles en contact avec les personnes en situation de précarité.

En France, la surveillance pérenne de la variole du singe par le dispositif de la déclaration obligatoire est renforcée et des messages d’informations et d’alerte sont adressés aux professionnels de santé. Les échanges se poursuivent par ailleurs avec les autres pays européens, l’OMS et l’ECDC.

Monkeypox info service : un dispositif d’écoute pour répondre aux questions sur la variole du singe

Depuis mercredi 13 juillet, un dispositif d’écoute est ouvert afin de répondre aux questions suscitées par la variole du singe. Subventionnée par Santé publique France et portée par SIS Association, la ligne téléphonique « Monkeypox info service » est accessible tous les jours de 8h à 23h, au numéro vert 0 801 90 80 69 (appel et services gratuits, anonyme et confidentiel). Ce dispositif a en charge d’accompagner les messages de prévention et les mesures de protection, d’informer sur les symptômes, les traitements et la vaccination, de conseiller et d’orienter vers les dispositifs de prise en charge.
Depuis l’ouverture de la ligne, 5 510 entretiens ont été réalisés sur Monkeypox info service.

La vaccination préventive contre la variole du singe

Face à la diffusion du virus Monkeypox (variole du singe), la Haute Autorité de santé, saisie par la Direction générale de la santé a recommandé dans son avis du 7 juillet 2022 qu’une vaccination préventive soit proposée aux groupes les plus exposés au virus.

Concernant le déploiement de la vaccination, 56 525 doses de vaccin de 3ème génération ont été livrées par l’Agence aux territoires au 11/08/2022.

Depuis le 11 juillet 2022, en plus des personnes qui ont eu un contact à risque avec une personne malade, les personnes entrant dans les indications retenues par la HAS peuvent prendre rendez-vous pour se faire vacciner sur l’ensemble du territoire.

Pour en savoir plus sur la vaccination et l’accès aux lieux de vaccination :

Qu’est-ce que la variole du singe (Monkeypox) ?

La variole du singe est une maladie infectieuse due à un Orthopoxvirus. Cette maladie zoonotique est habituellement transmise à l’Homme dans les zones forestières d’Afrique du Centre et de l’Ouest par des rongeurs sauvages ou des primates, mais une transmission inter-humaine est également possible, en particulier au sein du foyer familial ou en milieu de soins.

Comment se transmet-il ?

Le virus de la variole du singe peut être transmis par contact direct avec les lésions cutanées ou les muqueuses d’une personne malade, ainsi que par les gouttelettes (salive, éternuements, postillons…). Les rapports sexuels, avec ou sans pénétration, réunissent ces conditions pour une contamination, et avoir plusieurs partenaires augmente le risque d’être exposé au virus. En particulier, le contact direct avec une peau lésée durant un rapport sexuel facilite la transmission.

La contamination peut aussi avoir lieu au contact de l’environnement du malade (literie, vêtements, vaisselle, linge de bain…). Il est donc important que les malades respectent un isolement pendant toute la durée de la maladie (jusqu’à disparition des dernières croutes, le plus souvent 3 semaines).

En Afrique centrale ou de l’Ouest l’homme peut aussi s’infecter au contact d’animaux, sauvages ou en captivité, morts ou vivants, tels que les rongeurs ou les singes.

Quels sont les symptômes ?

L’infection par le virus de la variole du singe peut provoquer une éruption vésiculeuse, faite de vésicules remplies de liquide qui évoluent vers le dessèchement, la formation de croutes puis la cicatrisation. Des démangeaisons peuvent survenir. Les vésicules se concentrent plutôt sur le visage, dans la zone ano-génitale, les paumes des mains et plantes des pieds, peuvent être présentes mais également sur le tronc et les membres. Les muqueuses sont également concernées, dans la bouche et la région génitale. Cette éruption peut s’accompagner de fièvre, de maux de tête, des courbatures et d’asthénie. Les ganglions lymphatiques peuvent être enflés et douloureux, sous la mâchoire, au niveau du cou ou au pli de l’aine. Des maux de gorge sont également signalés.

L’incubation de la maladie peut aller de 5 à 21 jours. La phase de fièvre dure environ 1 à 3 jours. La maladie guérit le plus souvent spontanément, au bout de 2 à 3 semaines mais parfois 4 semaines.

La variole du singe est-elle grave ?

La maladie est plus grave chez les enfants et chez les personnes immunodéprimées. Elle peut se compliquer d’une surinfection des lésions cutanées ou d’atteintes respiratoires, digestives, ophtalmologiques ou neurologiques.

En Europe, 2 décès (Espagne) ont été rapportés à ce jour.

Consultez les points de situation précédents