Des efforts à poursuivre pour inscrire les tendances récentes à la baisse dans la durée
En santé humaine, les données publiées par Santé publique France concernent les trois secteurs de soins (établissements de santé, établissements médico-sociaux, soins de ville).
Cette année, les travaux des missions Spares et Primo se développent. La participation aux réseaux de surveillance s’étoffe et renforce la portée des résultats 2019.
Pour la mission Spares, 991 établissements de santé (versus 441 en 2018) ont participé à la surveillance de la résistance bactérienne, représentant 50% des lits d’hospitalisation en France.
Pour la mission Primo,13 régions ont été couvertes (versus 11 en 2018) par cette surveillance en secteur de ville (1016 Laboratoires d'Analyses de biologie médicale (LABM) et 231 Ehpad rattachés à un ES en 2019 versus 742 LABM en 2018).
La surveillance de la consommation d’antibiotiques en établissement de santé (Spares) a concerné 1 734 établissements de santé (versus 1630 en 2018), représentant 80% des journées d’hospitalisation réalisées en France en 2019.
La consommation globale de consommation des antibiotiques amorce une lente diminution
En établissement de santé, la consommation globale des antibiotiques, exprimée en doses définies journalières (DDJ), est de 285 en 2019. Elle affiche une baisse cumulée de 9,6% entre 2015 et 2019.
L’évolution de la consommation par type de molécule sur la période 2012-2019 montre une réduction de la consommation des fluoroquinolones (-34,9%) et de l’association amoxicilline-acide clavulanique (-16,9%). A l’inverse, elle montre une progression de la consommation des carbapénèmes (+9,4%), des céphalosporines de 3ème génération (10,7%) et de l’amoxicilline (8,7%).
En secteur de ville des résultats encourageants sont aussi observés : la consommation globale des antibiotiques, exprimée en doses définies journalières (DDJ), demeure stable mais s’oriente récemment à la baisse. Exprimée en nombre de prescriptions, elle baisse de 18% de 2009 à 2019.
La résistance aux céphalosporines de 3e génération diminue chez les entérobactéries
En termes de résistance aux antibiotiques, le mécanisme de résistance aux C3G le plus fréquent (environ 80 % des cas) est la production de bêta-lactamase à spectre étendu (BLSE).
En établissement de santé, 8,5% des souches d’entérobactéries sont productrices d’une BLSE (EBLSE) en 2019. La densité d’incidence des infections à EBLSE est de 0,53 pour 1 000 journées d’hospitalisation (JH, soit 3 fois plus importante que celle des infections à Staphylococcus aureus résistantes à la méticilline (0,17 pour 1 000 JH). Elle varie selon l’espèce d’entérobactéries : 0,25/1000 JH pour Escherichia coli, 0,17 pour Klebsiella pneumoniae et 0,07 pour Enterobacter cloacae complex, qui sont les trois espèces d’EBLSE majoritairement isolées.
En secteur de ville, concernant Escherichia coli, bactérie la plus fréquemment isolée en laboratoire de ville, on observe une baisse de la résistance aux céphalosporines de 3e génération parmi les souches isolées de prélèvements urinaires : en soins de ville comme en Ehpad.