APCOVID-19 : étude nationale sur la prévalence et l’impact de l’affection post-COVID-19

A partir du 1er septembre 2022, Santé publique France lance une étude afin d’estimer la prévalence de l’affection post-COVID-19 (appelée aussi COVID long) et son impact sur le recours aux soins, la qualité de vie et la santé mentale en population générale adulte en France métropolitaine.

Mis à jour le 6 septembre 2022
Dans cet article

Contexte

Depuis le début de l’épidémie de COVID-19, un nombre important et croissant de personnes infectées par le virus du SARS-CoV-2 rapporte souffrir de symptômes prolongés ou récurrents altérant leur fonctionnement quotidien plusieurs semaines, voire plusieurs mois après l’infection. 

En 2021, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié cet état de souffrance d’« affection post-COVID-19 » (appelé aussi COVID long) et, en octobre 2021, en a donné une définition. 

Définition

La définition indique que l'affection post-COVID-19 se présente chez des personnes ayant été atteinte d'une infection au SARS-CoV-2 confirmée ou probable. Les symptômes apparaissent généralement dans les 3 mois suivant l'infection initiale, durent au moins 2 mois et ne peuvent être expliqués par d'autres diagnostics. Les symptômes peuvent persister depuis la maladie initiale, apparaître après le rétablissement lié à l’infection, et peuvent évoluer par fluctuation (changer périodiquement en fréquence et intensité) ou récidiver (réapparaître après une période d’amélioration) au fil du temps. Ils ont généralement un impact sur le fonctionnement quotidien et incluent souvent la fatigue, l’essoufflement, un dysfonctionnement cognitif, mais aussi d’autres symptômes. (Organisation mondiale de la Santé, 2021).

Une première étude sur la prévalence et l’impact de l’affection post-COVID-19 a été menée début 2022 auprès de la population âgée de 18 ans et plus et résidant en France métropolitaine sur un échantillon sélectionné auprès d’un panel de volontaires par la méthode des quotas. Cette étude a montré que 30% des répondants infectés par le SARS-CoV-2 présentait l’affection post-COVID-19 selon la définition de l’OMS. Cela correspondait à une prévalence de 4% dans l’ensemble de la population. 

Les limites méthodologiques de cette première étude nécessitent que ces résultats soient confirmés et affinés sur un échantillon aléatoire couvrant l’ensemble de la population française. De plus, la succession de nouvelles vagues épidémiques liées à la circulation active de nouveaux sous-lignages du variants Omicron depuis le début du printemps 2022 requiert que l’estimation soit actualisée. Il est enfin nécessaire d'approfondir la compréhension de l'impact de cette pathologie sur le recours aux soins, la qualité de vie et la santé mentale dans la population générale, afin d’assurer la mise en place de politique publique adaptée.

Ainsi, malgré l’impact reconnu de l’affection post-COVID-19 sur la population, les connaissances sur celle-ci sont encore limitées et nécessitent d’être plus largement documentées via de plus amples investigations.

Objectifs

Objectif principal

  • Estimer la prévalence et le nombre de personnes présentant l’affection post-COVID-19 en population générale adulte en France métropolitaine à l’automne 2022.

Objectifs secondaires 

  • Evaluer le recours aux soins, la qualité de vie et la santé mentale des personnes atteintes d’affection post-COVID-19
  • Evaluer la spécificité des symptômes associés à l’affection post-COVID-19
  • Explorer les connaissances et perceptions de la population vis-à-vis de l’affection post-COVID-19
  • Explorer les déterminants et estimer la durée de l’affection post-COVID-19
  • Evaluer les facteurs de vulnérabilité et leur lien avec l’affection post-COVID-19 tels que l’isolement social, la contamination au travail, les comportements à risque (consommation d’alcool et de tabac par exemple)
  • Etudier et caractériser les populations les plus vulnérables (personnes âgées isolées, personnes vivant avec des maladies chroniques, CSP- ; immigrés) en termes d’affection post-COVID-19
  • Explorer le lien entre l’affection post-COVID-19 et la présence de maladies chroniques 

Calendrier de lancement de l'enquête

L'étude pilote a eu lieu entre le 3 et le 12 août 2022 dans laquelle 100 personnes ont participé. Le déploiement de l’étude en France métropolitaine se déroule entre septembre et novembre 2022.

Population étudiée

Cette étude porte sur la population adulte française résidant en France métropolitaine âgée entre 18 et 75 ans. Les participants doivent être équipés d’une ligne téléphonique fixe ou mobile, être disponibles pendant le temps de l’étude et pouvoir répondre au questionnaire en français. 

Déroulement de l'étude

10 000 participants seront interrogés par l’institut IPSOS. L'échantillon de la population étudiée sera sélectionné par échantillonnage aléatoire sur une base actualisée de numéros de téléphone (fixes et mobiles) afin de couvrir l’ensemble de la population française résidant en France métropolitaine et possédant un téléphone. Une seule personne pourra être interrogée à partir d’un numéro de téléphone. 

Le recueil des données se déroulera en deux étapes :

  1. 1re étape : recueil des informations sociodémographiques, informations élémentaire sur l’état de santé général et le recours aux soins, sur les éventuels antécédents d’infection au SARS-CoV-2, d'hospitalisation et d'admission dans un service de réanimation, informations sur la contamination au travail et enfin sur la symptomatologie d’une éventuelle affection post-COVID-19 par téléphone (durée ~10 minutes). 
  2. 2e étape : recueil d’informations plus détaillées portant sur l’état de santé, y compris sur les maladies chroniques préexistantes, le recours aux soins, la santé mentale, la qualité de vie et le soutien social, la vaccination, les comportements liés à la santé (par ex. consommation d’alcool, de tabac et pratique d’activité physique), l’impact de la crise sur les revenus et la vie professionnelle, le recours à des arrêts de travail, et enfin sur les connaissances et perceptions vis-à-vis de l’affection post-COVID-19 par auto-questionnaire Web. Un entretien téléphonique pourra être proposé en cas de refus de la proposition Web (durée ~30 minutes).

Encadrement réglementaire et droits sur les données

L’étude a obtenu l’avis favorable du Comité d’Éthique et de Déontologie (CED) de Santé publique France.

Cette enquête ne revêt pas de caractère obligatoire. Conformément à la loi informatique et libertés, les participants disposent d'un droit d'accès, de rectification, de portabilité, de suppression ou de limitation du traitement de leurs données. En outre, ils peuvent s'opposer au traitement de leurs données pour des raisons tenant à leur situation particulière et ils ont le droit de retirer leur consentement à tout moment.

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