Risques liés aux agents transmissibles émergents qui ne font pas l'objet d'un dépistage systématique en transfusion sanguine.

Publié le 23 Octobre 2012
Mis à jour le 9 septembre 2019

La prévention des risques de contamination interhumaine des produits d'origine humaine par des agents pathogènes émergents ou ré-émergents est une préoccupation des autorités sanitaires. Classiquement, ces agents infectieux, qui ne font pas l'objet d'un dépistage en transfusion sanguine du fait de certaines caractéristiques (incidence de l'infection faible, présence dans le sang courte et transitoire...) peuvent constituer, au décours de circonstances épidémiologiques particulières (cas groupés, épidémies...), un problème de santé publique qui justifie leur surveillance et le recours éventuel à des moyens de prévention. Chaque année, l'émergence ou la ré-émergence d'infections causées par des arbovirus (par exemple le virus West Nile) dans de nombreux pays nécessite une attention particulière. Les alertes transmises par les systèmes de surveillance sont analysées par une cellule d'aide à la décision qui choisit les mesures de prévention les plus adaptées. La prévention des infections à prions est réalisée par l'exclusion des donneurs ayant des antécédents familiaux de maladie neurodégénérative ou ayant reçu un traitement par des hormones de croissance extractives ou lors d'une greffe. La sélection a été renforcée en 1997, avec l'exclusion des donneurs antérieurement transfusés et, en 2001, avec celle des donneurs ayant séjourné plus d'un an cumulé au Royaume-Uni entre 1980 et 1996, période à risque au regard de l'épizootie d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) dans ce pays. La prévention des infections parasitaires (paludisme et maladie de Chagas) est réalisée par une éviction temporaire des donneurs de sang exposés au risque d'infection (quatre mois après le retour de zone à risque) complétée par un dépistage sérologique. (R.A.)

Auteur : Gallian P, Corbi C, Coste J, Pouchol E, Legrand D, Courbil R, Tiberghien P
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2012, n°. 39-40, p. 452-5