Traumatismes crânio-faciaux consécutifs à un accident de la route : analyse des données du Registre du Rhône 2005-2014 : Rapport, avril 2018

Publié le 1 Avril 2019
Mis à jour le 11 juillet 2019

Les accidents de la route sont l'une des principales causes de traumatismes crâniens (TC), notamment des plus graves. Ils touchent une population jeune avec comme conséquence des années de vies perdues ou vécues en incapacités. Matériel et méthode : les données proviennent du Registre du Rhône. Il a sa source en milieu médical et inclut toute personne tuée ou blessée à la suite d'un accident survenu dans le département du Rhône. Les informations recueillies concernent la victime, son accident, ses lésions et son devenir. Les lésions sont codées selon l'Abbreviated Injury Scale (AIS). Les victimes sélectionnées sont celles atteintes de lésions crânio-faciales sur la période 2005-2014. Après avoir fait une synthèse de l'ensemble des travaux sur ce sujet à partir du registre, une analyse des atteintes de toute l'extrémité céphalique a été faite, suivie d'une étude plus spécifique des lésions cranio encéphaliques. Il s'agit de décrire les caractéristiques accidentelles et individuelles des victimes, la nature et la gravité des blessures et les évolutions au cours du temps. Résultats : l'incidence moyenne annuelle de 120/100 000 pour les atteintes crânio-faciales et 28,5/100 000 pour les TC. Le sex-ratio est respectivement de 1,8 et 2,6. Pour les TC, la létalité est de 7,7% et on observe un décalage du pic d'incidence entre hommes et femmes, plus précoce et plus marqué chez les hommes (15-19 ans) que les femmes (20-24 ans). Les victimes atteintes de TC sont principalement automobilistes (36%), puis usagers de deux-roues motorisés (24%), piétons et cyclistes (17% chacun). Les atteintes graves de la tête (AIS 3+) sont moins observées chez les usagers de deux roues casqués : 26% contre 37% pour ceux qui ne portaient pas de casque. La connaissance de la nature et du siège des lésions intracrâniennes est indispensable pour comprendre les déficiences. Les blessures siègent principalement au cerveau sous forme d'hémorragies sous arachnoïdiennes (15%), contusions (8%), hématomes sous duraux (7%), oedèmes cérébraux (6%), hématomes intracérébraux (3%), et enfin les extra-duraux (3%). La typologie lésionnelle varie en fonction des types d'usagers : les hématomes sous duraux sont fréquents chez le piéton ; les hématomes extra-duraux se retrouvent plus souvent chez l'usager de deux-roues motorisé ou non ; les contusions cérébrales s'observent majoritairement chez les occupants de voiture. Depuis 2005 on a observé une baisse des traumatismes crâniens -48% chez les automobilistes, de -38% chez les piétons, de -20% chez les usagers de deux-roues à moteur et de -11% chez les cyclistes. Conclusion : cette étude fournit des données nouvelles sur les TC consécutifs aux accidents de la route. Les traumatismes crâniens ont presque été divisés par deux chez les automobilistes, notamment du fait des politiques de sécurité routière mises en place en France depuis 2002, en particulier l'introduction des radars. Toutefois des efforts restent à faire chez les usagers vulnérables (cyclistes et piétons). La prévention des atteintes crânio-faciales et en particulier des TC passe par la promotion de l'utilisation des dispositifs de protection. En ce sens, une première mesure a été prise en France en mars 2017 rendant obligatoire le port du casque à vélo pour les enfants de moins de douze ans.

Auteur : Gadegbeku Blandine, Ndiaye Amina, Tardy Hélène, Hours Martine
Année de publication : 2019
Pages : 62 p.