Surveillance de la consommation des antibiotiques : Réseau ATB-Raisin. Résultats 2016

Publié le 1 Avril 2018
Mis à jour le 5 juillet 2019

La surveillance de la consommation des antibiotiques (ATB) ATB-Raisin participe au bon usage des ATB. Les objectifs sont de permettre à chaque établissement de santé (ES) de décrire et d'analyser ses consommations et de les confronter aux données de résistance bactérienne en se situant par rapport à un ensemble comparable d'ES. Les ATB à visée systémique de la classe J01 de la classification Anatomical Therapeutic Chemical (ATC), la rifampicine, les imidazolés per os et la fidaxomicine, ainsi que les antifongiques à visée systémique de la classe J02 (volet optionnel), dispensés en hospitalisation complète, ont été exprimés en nombre de doses définies journalières (DDJ) et rapportés à l'activité selon les recommandations nationales et de l'Organisation mondiale de la santé (système ATC-DDD, 2016). Des données de résistance ont été collectées pour sept couples bactérie/antibiotique pour permettre à chaque ES d'explorer sa situation en matière de pression de sélection, d'une part, et d'écologie contribuant à l'utilisation de certains antibiotiques, d'autre part. Les 1 470 ES participants représentaient 69 % des journées d'hospitalisation en France en 2016 et avaient consommé 371 DDJ/1 000 journées d'hospitalisation (JH). Les ATB les plus utilisés étaient l'association amoxicilline-acide clavulanique (31 %), l'amoxicilline (19 %) et la ceftriaxone (6 %). La consommation d'ATB variait de 56 DDJ/1 000 JH dans les hôpitaux psychiatriques à 629 dans les hôpitaux d'instruction des armées. Des variations étaient observées selon les secteurs d'activité, de 60 DDJ/1 000 JH en psychiatrie à 1 468 en réanimation. Dans 490 ES ayant participé chaque année depuis 2009, la consommation avait surtout progressé entre 2009 et 2013 (+4,1 %). Depuis 2013, la tendance est à la baisse, malgré une légère progression de +0,7 % entre 2014 et 2015 (-7 % entre 2013 et 2016) et la consommation totale en 2016 était comparable à celle de 2009. La consommation des carbapénèmes, des céphalosporines de 3e génération, de l'association pipéracilline-tazobactam et des imidazolés avait progressé tandis que celle des fluoroquinolones et des glycopeptides s'était réduite. Les données de résistance étaient en cohérence avec celles issues de réseaux spécifiques. La consommation d'antifongiques était plus importante en hématologie (188 DDJ/1 000 JH) qu'en réanimation (143 DDJ/1 000 JH). La surveillance en réseau permet à chaque ES d'analyser sa situation, d'échanger sur les pratiques et organisations, et de suivre les tendances évolutives. L'analyse des consommations d'ATB est à compléter d'évaluation des pratiques et du suivi d'indicateurs reflétant la qualité des prescriptions.

Année de publication : 2018
Pages : 148 p.