Identification et évaluation de signaux faibles en toxicovigilance

Publié le 5 Août 2013
Mis à jour le 5 juillet 2019

La toxicovigilance a pour objet la surveillance des effets toxiques pour l'homme, aigus ou chroniques, d'un mélange ou d'une substance, naturelle ou de synthèse, disponible sur le marché ou présent dans l'environnement. En l'état actuel de la réglementation, l'article L. 1413-4 du code de la santé publique indique que l'Institut de veille sanitaire (InVS) organise la toxicovigilance en lien avec le réseau de professionnels cités dans la section L. 1341-1. Le dispositif s'appuie ainsi sur les informations collectées par les Centres antipoison et de toxicovigilance (CAPTV), assurant une réponse à l'urgence toxicologique 24 heures sur 24. Ce réseau repose également sur les échanges d'informations et de signaux en relation avec la Direction générale de la santé, les Agences régionales de santé, les Agences de sécurité sanitaire, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), la veille internationale de l'InVS et les réseaux de toxicovigilance étrangers. Un signal faible en toxicovigilance peut correspondre à un événement de santé, initialement de faible ampleur, associé à une exposition à une ou des substances naturelles ou de synthèse, voire, en l'absence d'effet sur la santé, à une exposition émergente à un agent biologique ou chimique disponible sur le marché ou présent dans l'environnement, pouvant révéler une menace sanitaire de plus grande ampleur. Différentes situations d'émergence de signaux faibles ont été identifiées et seront illustrées avec des exemples : (1) observation d'un ou de plusieurs cas évoquant une relation causale de l'événement de santé avec une exposition ; (2) signalement de cas, groupés ou dispersés, présentant un même tableau clinicobiologique (symptômes, syndrome, maladie) pour lequel une hypothèse toxicologique est identifiée ; (3) situation à risque toxicologique émergente mise en évidence au cours d'une étude spécifique particulière. Afin d'approcher l'imputabilité du lien causal, il est nécessaire d'établir une relation précise des faits : éléments de contexte, chronologie des événements, symptômes, identification rigoureuse des produits ou des substances, données métrologiques et analytiques confirmant l'hypothèse et le niveau d'exposition. L'identification et l'évaluation de ce type de signaux nécessitent une articulation formalisée entre les différentes parties prenantes. Des circuits de remontée de signaux par les CAPTV et d'échanges d'information entre les différentes institutions ont été mis en place. Des critères de validation du signal, d'évaluation de la menace sanitaire et de passage en alerte ont été proposés. La mobilisation d'une expertise pluridisciplinaire et multisource est incontournable pour l'évaluation des signaux faibles en toxicovigilance. (R.A.)

Auteur : Viriot D, Sinno Tellier S, Garnier R, Manel J
Environnement risques & santé, 2013, vol. 12, n°. 4, p. 303-10