Estimations nationales de l'incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 - Hémopathies malignes : Étude à partir des registres des cancers du réseau Francim

Publié le 5 Juillet 2019
Mis à jour le 11 juillet 2019

Cette étude fournit une analyse actualisée des évolutions de l'incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine sur la période 1990-2018. Cette partie concerne l'incidence des hémopathies malignes (HM). Les estimations nationales de l'incidence reposent sur la modélisation des données d'incidence observées (nouveaux cas) jusqu'en 2015 par les registres de cancers, complétées par des projections jusqu'en 2018. Vingt quatre HM ont été étudiées, incluant 18 entités principales, 6 sous-types et des tendances par âge, rendues possibles par la nouvelle méthodologie adoptée. La longueur de la période d'étude diffère selon l'entité étudiée. En 2018, le nombre de nouveaux cas d'HM en France métropolitaine est estimé à 45 000 (25 000 chez l'homme et 20 000 chez la femme), soit 12 % des nouveaux cas de cancer. Environ deux tiers des cas sont des hémopathies lymphoïdes (lymphome de Hodgkin (LH) et lymphomes non hodgkiniens). Cinq entités représentent 53% des nouveaux cas d'HM : le myélome multiple/plasmocytome (5 442 nouveaux cas), le lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) (5 071), les syndromes myélodysplasiques (4 735), la leucémie lymphoïde chronique (LLC) / lymphome lymphocytique (4 674) et les leucémies aiguës myéloïdes (LAM) (3 428). L'un des intérêts majeurs de cette étude est l'analyse des tendances temporelles des taux d'incidence pour chaque type et sous-type d'HM. Le taux d'incidence augmente de 1 % ou plus par an en moyenne chez l'homme et/ou la femme pour le LH et les LAM entre 1990 et 2018, ainsi que pour le lymphome folliculaire, le LDGCB et le myélome multiple/plasmocytome entre 1995 et 2018. Les taux d'incidence sont stables du pour le lymphome de Burkitt (1995-2018), le lymphome T/NK cutané et les syndromes myélodysplasiques (2003-2018), notamment. Enfin, les taux diminuent pour le lymphome lymphoplasmocytaire /Macroglobulinémie de Waldenström dans les deux sexes, la LMC chez l'homme, et la LLC / lymphome lymphocytique et les syndromes myélodysplasiques chez la femme entre 2010 et 2018. L'interprétation des données d'incidence des HM et de leur évolution doit se faire entité par entité, en prenant également en compte les évolutions des taux d'incidence par âge, fournis pour la première fois. Ces résultats montrent qu'il reste une large place à la recherche étiologique et sur les interactions entre facteurs environnementaux et génétiques.

Auteur : Le Guyader-Peyrou Sandra, Defossez Gautier, Dantony Emmanuelle, Mounier Morgane, Cornet Edouard, Uhry Zoé, Cowppli-Bony Anne, Maynadié Marc, Troussard Xavier, Delafosse Patricia, Grosclaude Pascale, Colonna Marc, Woronoff Anne-Sophie, Remontet Laurent, Bossard Nadine, Monnereau Alain
Année de publication : 2019
Pages : 169 p.