Air

La pollution de l’air concerne toute la population. Les niveaux de polluants observés dans l’atmosphère sont associés à des risques pour la santé et toute diminution de l’exposition à ces polluants serait bénéfique.

 

Mis à jour le 4 juillet 2019

Air : notre action

Si les impacts de la pollution atmosphérique sur la santé sont désormais au moins partiellement connus et peuvent être quantifiés, celle-ci demeure un enjeu de santé publique en France et dans le monde comme le montrent les récentes publications de Santé publique France, de l’OMS et de la littérature internationale. En France, 48 000 décès prématurés lui sont attribuables chaque année. De plus, les risques pour la santé liés à la pollution de l’air sont susceptibles d’évoluer, du fait des conditions climatiques, des politiques de réduction des émissions et de l’évolution possible des sources émettrices.

La surveillance épidémiologique des effets sur la sante de la qualité de l’air

Dès 1997, le programme de surveillance air et santé (Psas) a été créé, en application de la LAURE, loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie du 30 décembre 1996, dont l’article 3 stipule que « l’Etat assure […] la surveillance de la qualité de l’air et […] de ses effets sur la santé ».

Grâce aux résultats des études épidémiologiques qu’il produit depuis 1997, le Psas surveille et caractérise les effets à court et long termes de la pollution atmosphérique sur la santé, et réalise des évaluations quantitatives d’impact sanitaire (EQIS). Celles-ci mettent en œuvre des méthodes prédictives destinées à :

  • d’une part, estimer l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique ;
  • et, d’autre part, à être utilisées à des fins d’évaluation du bénéfice sanitaire attendu des actions visant à réduire les niveaux de pollution.

L’objectif du Psas est ainsi d’appuyer les politiques publiques locales, nationales et européennes de gestion de la qualité de l’air. Si, au démarrage, le Psas s’appuyait sur 9 agglomérations, aujourd’hui il en compte 20, rendant ainsi compte des caractéristiques variables de la pollution atmosphérique urbaine en France.

Le Psas a été conçu comme un programme pérenne de surveillance devant s’adapter et suivre l’évolution des connaissances, de la réglementation, des mesures de la pollution et des données sanitaires pour répondre au mieux aux attentes de la société en matière de protection de la santé de la population.

En termes de surveillance, le Psas continuera dans l’avenir à produire des fonctions mathématiques, les fonctions concentrations-risques (FCR)1 , jugées les plus pertinentes pour la France, en incluant au fur et à mesure de nouveaux indicateurs d’exposition (comme le dioxyde d’azote, NO2), et de nouveaux indicateurs sanitaires comme les maladies neurodégénératives ou le diabète.

Pour ce qui est des pics de pollution, un nouveau projet a démarré avec comme objectifs de :

  • comprendre les particularités épidémiologiques (si particularités il y a) de ce type d’événement ;
  • évaluer les mesures mises en place lors d’un pic de pollution en termes d’effet sur les concentrations des polluants et les potentiels bénéfices sanitaires ;
  • et mettre en perspective ces mesures ponctuelles prises lors des pics de pollution par rapport aux actions visant à des modifications urbaines plus durables visant à réduire les niveaux de pollution.

En termes d’évaluation quantitatives d’impacts sanitaires (EQIS), le Psas étudiera la faisabilité d’évaluer les impacts sanitaires et économiques d’interventions durables visant à réduire les niveaux de pollution et gaz à effets de serre avec une estimation des co-bénéfices attendus découlant de telles réductions.

Le Psas prévoit à moyen terme de développer une approche intégrée de l’évaluation des politiques en milieu urbain, notamment sur la pollution et la température, en s’appuyant sur l’expertise acquise à Santé publique France sur les EQIS ainsi que sur les initiatives internationales en cours à ce sujet, comme l’initiative pour la santé en milieu urbain de l’OMS et de la Coalition sur le climat et l’air propre- CCAC (UHI 2016).

Les activités du Psas s’inscrivent dans les recommandations de la plateforme globale sur l’air et la santé (2014) et de l’initiative pour la santé en milieu urbain (UHI, 2016) de l’OMS ayant pour objectif de catalyser une action urbaine plus efficace sur la pollution atmosphérique et les gaz à effets de serre dans le but d’atteindre les objectifs de développement durable – SDGs 3, 7, 10, 11 et 13 des Nations Unies. En lien étroit avec les impacts du changement climatique, le programme s’inscrit également dans les accords de Paris 2015 sur le climat.

Le Psas est coordonné par Santé publique France. Dans la conduite des projets qu’il mène, et pour répondre à ses missions, le Psas (au niveau national et en région) s’appuie depuis sa création sur un réseau multidisciplinaire de partenaires :

  • régionaux (Aasqa, ARS, ORS Ile-de-de-France, etc.) ;
  • nationaux (Ademe, Anses, Fédération Atmo, Ineris, Inserm, LCSQA, Météo France, etc.) ;
  • internationaux (Organisation mondiale de la santé (OMS), Agence Européenne de l’environnement (EEA), Agence de santé publique de Barcelone (ASPB), Health Effects Institute (HEI), Public Health England (PHE), US center for disease control and prevention (US CDC), Vital Strategies, Chinese center for disease control and prevention Chinese, etc.).

¹ Les FCR sont dérivées d’études épidémiologiques, qui établissent un lien entre le niveau d’exposition à la pollution et l’effet sur la mortalité ou la morbidité, tout en tenant compte de différents facteurs dits de confusion ou de modification de la relation.

Équipe Air et Santé de Santé publique France

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Hauts-de-France

 

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Nouvelle Aquitaine

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Occitanie

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Cellule Océan indien

La Réunion et Mayotte

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Cellule Sud

Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse

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ORS Ile-de-France

Ile-de-France

 

En savoir plus : Contact France-air-climat@santepubliquefrance.fr

Projets internationaux

Santé publique France inscrit son action dans le domaine de la santé environnementale à l’échelle mondiale. Le Psas contribue activement aux initiatives scientifiques internationales.

Le projet Aphea puis le projet Aphena

Le projet Aphea (Air Pollution and Health: a European Approach) en Europe au début des années 1990, puis le projet Aphena (Air Pollution and Health: a European and North American Approach) avec les États Unis, ont été pionniers dans l'étude des effets à court terme de la pollution. Ils ont montré que cet effet à court terme sur la santé n'avait pas disparu avec l'introduction de réglementations visant à réduire les sources industrielles de pollution. Les sources de pollution avaient évolué et l'effet à court terme de la pollution se manifestait même à des niveaux de pollution moyens ou faibles.

  • Santé publique France a également contribué à la première évaluation quantitative d'impact sanitaire (EQIS) de la pollution atmosphérique menée en France dans le cadre d’une étude trinationale (Autriche, France, Suisse) coordonnée par l’OMS en 1996.

Projets Apheis et Aphekom

Santé publique France a conçu le premier système de surveillance des effets sur la santé de la pollution atmosphérique au niveau mondial au travers de la coordination de deux projets européens : Apheis et Aphekom.

Le projet européen Aphekom s’est déroulé entre 2008 et 2011. L'objectif était de permettre aux pouvoirs publics d'orienter les politiques de réduction des niveaux de pollution de l’air en ville en évaluant les impacts sanitaires et économiques de la pollution atmosphérique dans 25 villes européennes, couvrant 39 millions d’habitants répartis sur 12 pays.

Aphekom a montré que la baisse des niveaux de particules fines dans l’air des villes européennes jusqu'au niveau préconisé par l’OMS (10µg/m3 ) permettrait d'éviter près de 19 000 décès prématurés chaque année, dont 15 000 causés par des maladies cardio-vasculaires.

Cela représente un gain en espérance de vie pouvant aller jusqu'à 22 mois dans les villes européennes les plus polluées et un gain de près de 31,5 milliards d’euros pour les 25 villes participantes.

Ces résultats ont été utilisés par l’OMS et la Commission européenne dans le cadre de la révision des directives européennes de qualité de l’air de 2013. Ils continuent à être utilisés aujourd’hui par différentes instances au niveau national et international.

Projet ESCAPE : European Study of Cohorts for Air Pollution Effects

Santé publique France s’est associée au projet ESCAPE de 2008 à 2012 qui a rassemblé des chercheurs de 24 universités et instituts pour étudier les effets de l’exposition à la pollution atmosphérique à long terme sur la santé : santé périnatale et développement des maladies respiratoires et allergiques (asthme) chez l'enfant, pathologies respiratoires et cardiovasculaires chez l’adulte, incidence du cancer et mortalité.

Santé publique France a réalisé, avec les associations de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa), le recueil des données de mesures de pollution et des données géographiques locales pour la construction du modèle d’exposition à la pollution atmosphérique Land Use Regression et a assigné les valeurs modélisées à l’adresse des participants pour l’analyse épidémiologique.

Il s'agit de la 1ère étude de cohortes ayant permis de disposer de résultats européens sur les liens entre exposition à long terme à la pollution atmosphérique et santé.

Projet AC-HIA (Air and Climate Health Impact Assessment)

Au regard de l’importance de l’interaction entre pollution atmosphérique, climat et santé, Santé publique France s’est investie dans un projet interdisciplinaire innovant, le projet AC-HIA.

Le projet AC-HIA a évalué l’influence des politiques de réduction des émissions de polluants sur l’évolution de la santé des populations en 2030 et en 2050 en prenant en compte l’influence du changement climatique sur la pollution de l’air dans le monde, en Europe et en Ile-de-France. Grâce à des outils innovants de modélisation du climat, de la qualité de l’air et de la santé, les impacts sanitaires attendus d’un scénario correspondant à la législation actuelle sur les émissions polluantes ont été comparés à ceux d’un scénario correspondant à une baisse des émissions, s’appuyant sur des technologies moins polluantes.

Des actions de prévention pour prévenir les effets préjudiciables de la pollution de l’air

Dans le cadre de sa mission de protection des populations des effets préjudiciables de la pollution de l’air extérieur et/ou intérieur, Santé publique France a conçu différents outils destinés à l’information du public :