Evènements indésirables recueillis lors des campagnes de lutte antivectorielle mettant en oeuvre la deltaméthrine ou le Bti (Bacillus thuringiensis israelensis), France, 2006-2013. Décembre 2013

Publié le 1 Janvier 2013
Mis à jour le 5 juillet 2019

Contexte : les virus de la dengue et du chikungunya (arboviroses) sont transmis d'homme à homme par l'intermédiaire de moustiques du genre Aedes. Présents dans les départements d'outre-mer, ils se sont récemment implantés dans plusieurs départements du sud de la France [1, 2]. Le plan de Lutte Anti-Vectorielle (LAV) repose sur l'utilisation de 2 insecticides : un adulticide, la deltaméthrine et un larvicide, le Bacillus thuringiensis israelensis (Bti). L'Anses a saisi le Comité de coordination de toxicovigilance pour identifier les cas recueillis par les CAPTV et l'InVS pour les cas recueillis par la Cellule de l'Institut de veille sanitaire en région Océan Indien (Cire OI) lors de l'épidémie de chikungunya de 2006. Matériel et méthode : cette étude s'appuie sur 2 sources de données du 1er janvier 2006 au 30 juin 2013 : les cas d'exposition présents dans la Base Nationale des Cas d'Intoxication (BNCI) du Système d'Information commun des CAPTV et les cas recueillis par la Cire Océan Indien. Résultats : Les différentes interrogations menées en BNCI ont permis de recenser 10 foyers d'exposition humaine : 6 pour la deltaméthrine, 2 pour le Bti, 1 pour la deltaméthrine et le Bti associés et un foyer avec un insecticide indéterminé. Dans 2 de ces foyers, l'exposition était collective (une quarantaine d'exposés pour l'un et 5 exposés pour l'autre), survenant dans une structure collective (crèche) dans un cas et dans la sphère privée dans le deuxième. Des symptômes étaient présents dans 6 foyers. La plupart de ces expositions étaient survenues hors métropole (7/10). Les exposés étaient des adultes dans 7 des 8 cas individuels. Dans les deux cas collectifs, des enfants comme des adultes étaient exposés. Les circonstances d'exposition étaient professionnelles dans 3 cas, consécutives à une pollution de l'environnement dans 6 cas et liées à un accident domestique chez un enfant de 18 mois. Les patients exposés au Bti étaient tous asymptomatiques. Les patients exposés à la deltaméthrine étaient symptomatiques dans 5/7 cas et présentaient, pour la plupart, des signes mineurs de type irritatif. Sur la totalité de la période, la Cire Océan Indien rapportait une trentaine de cas individuels avec pour conséquences des effets irritatifs, et un cas avec crise d'asthme, les patients, par méconnaissance des dates de traitement ne s'étant pas protégés. Entre le 13 février et le 18 mars 2006, 19 cas collectifs étaient recensés dans des écoles. Une plainte olfactive était mentionnée à douze reprises ; elle était isolée dans 9 cas sur 19. Les signes cliniques rapportés étaient principalement irritatifs. Les causes étaient hétérogènes (3 traitements proches de l'école, 2 traitements le jour même, 7 défauts d'étanchéité des ouvrants, 6 explications météorologiques (vent)). Discussion : à la Réunion comme en métropole, les cas sont peu fréquents et aucun cas grave n'a été rapporté. Les cas individuels surviennent lorsque les populations n'ont pas bénéficié d'informations suffisantes et n'ont pas mis en oeuvre les mesures préventives préconisées. Les expositions professionnelles surviennent principalement lorsque les équipements de protection sont mis en défaut. Au niveau des CAPTV, il apparaît nécessaire de mettre en place de manière structurée un codage informatique spécifique " LAV " pour faciliter l'identification ultérieure des cas dans la BNCI.

Auteur : Chataignier D, Pulce C, Solet JL
Année de publication : 2013
Pages : 25 p.