Étude pilote sur l'intégration des données Samu dans le système de surveillance SurSaUD® : Rapport d'étude Provence-Alpes-Côte d'Azur

Publié le 1 Mai 2018
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction : une étude pilote de pertinence et de faisabilité de l'utilisation des données des services d'aide médicale urgente (Samu) dans le dispositif de surveillance sanitaire des urgences et des décès (SurSaUD®) a été menée par la Cellule d'intervention (Cire) en régions Paca-Corse en collaboration avec l'Observatoire régional des urgences (ORU) Paca. L'objectif initial de notre étude était d'étudier la pertinence et la faisabilité d'utiliser ces données dans un objectif de veille et d'alerte sanitaire. L'objectif opérationnel était de tester la mise en place par Santé publique France d'un système d'information pérenne basé sur ces données à visée de veille et d'alerte. Méthode : la transmission quotidienne des dossiers de régulation (DR) des Samu Paca à partir de la base interconnectée des Samu a été effective en février 2015 et respectait le cahier des charges rédigé en 2014 (format du résumé de dossier de régulation (RDR) et modalités de transmission). L'étude a porté sur les années 2013 à 2015 et sur les Samu de Paca (hors Vaucluse). Les DR ont fait l'objet d'une analyse de complétude-qualité, d'une analyse épidémiologique descriptive et d'une étude comparative sur différents indicateurs construits avec les données déjà présentes dans SurSaUD®. Résultats : la complétude des variables était bonne pour les dossiers de régulation médicale (DRM), très mauvaise pour les autres DR. La qualité du codage était dépendante de la variable (existence ou pas de thésaurus officiel) et du Samu, les habitudes de codage étant quelques fois très différentes d'un Samu à l'autre, en particulier pour les diagnostics. Sur la période d'étude, les Samu ont enregistré près de 2 400 000 DR. La part des DRM était de 89 %. L'analyse des principales variables du RDR révélait une grande stabilité des données d'une année sur l'autre. Mais la variabilité des indicateurs construits était très forte d'une semaine à l'autre. Le taux de recours annuel au Samu était de 16 pour 100 habitants à l'échelle de la région. La part des patients transportés directement dans un service spécialisé était de 9,5 %. Les nombres de décès relevés par les Samu étaient fortement corrélés aux nombres de décès Insee, et représentaient 14 % des décès Insee. Le suivi des épidémies hivernales à partir des données des Samu a été confronté à la difficulté de construire des indicateurs performants, en particulier à cause du manque de précision du codage des diagnostics et des différences de codage entre les Samu. Dans les exemples d'événements exceptionnels retenus pour l'étude, les données Samu ont permis de conforter les résultats obtenus par le dispositif SurSaUD®. L'exploitation du lieu d'intervention permettait cependant un suivi plus ciblé de la zone impactée par les événements étudiés. L'analyse des DR multi-patients pour des pathologies non traumatiques et non circonstancielles s'est révélée performante pour identifier des événements inhabituels Discussion - Recommandations : cette étude pilote a permis de montrer la pertinence des données Samu pour la veille et l'alerte sanitaire et la faisabilité d'une remontée automatisée quotidienne des données d'activité des Samu vers Santé publique France. Les principaux points forts des données Samu par rapport aux données déjà existantes dans SurSaUD® sont : la bonne couverture géographique ; la subsidiarité par rapport aux autres sources de données ; le suivi de l'activité pré-hospitalière et des patients transportés directement dans un service spécialisé ; un suivi plus réactif de la mortalité ; une détection plus aisée des événements inhabituels. Les principales limites actuelles sont liées aux importantes différences de codage entre les Samu (pratiques, thésaurus) et à une précision du codage des diagnostics moindre par rapport aux services des urgences et aux SOS Médecins. Il est important de faire évoluer le RDR et les modalités de transmission des données par rapport au cahier des charges établi avant la phase pilote. La généralisation de cette expérimentation, si elle est retenue, est conditionnée par une uniformisation préalable des pratiques de codage et des thésaurus des Samu et par une formation des personnels. Cet objectif pourra être atteint grâce au déploiement du système national d'information des Samu (SI Samu), dont la conception a débuté et dont le déploiement est planifié dans les cinq ans à venir. La phase pilote pourra être complétée par des études menées dans d'autres Samu.

Auteur : Franke Florian
Année de publication : 2018
Pages : 68 p.