Investigation d'un épisode collectif de symptômes irritatifs parmi le personnel d'une agence bancaire (94) en juin 2013

Publié le 1 Janvier 2014
Mis à jour le 10 septembre 2019

Le 28 mai 2013, les cinq personnes d'une équipe travaillant dans une agence bancaire ont déclaré des symptômes irritatifs et respiratoires (essentiellement picotement de la gorge, gêne respiratoire et extinction de voix) concomitamment à la perception d'une " odeur âcre ", entraînant l'intervention des pompiers, l'évacuation puis la fermeture des locaux. L'investigation mise en place par la Cire Ile-de-France Champagne-Ardenne (IdF-CA) avec l'appui de l'Agence régionale de santé (ARS) IdF et du Centre antipoison et de toxicovigilance (CAP-TV) de Paris et en concertation avec les services techniques, la médecine du travail et les experts (Veritas, Caisse régionale d'assurance maladie d'Ile-de-France (Cramif), Laboratoire central de la préfecture de Police (LCPP), Apave), a établi que l'épisode a concerné 7 cas certains (5 salariés et 2 riverains) et 8 cas probables (parmi les 9 intervenants extérieurs ayant participé sur site à une réunion en août 2013). Cinq cas ont eu recours au système de soins, et un cas a été hospitalisé possiblement en lien avec les symptômes. L'hypothèse émise est une exposition au TXIB (diisobutyrate de 2,2,4-triméthylpentanediol-1,3), composé organique faiblement volatil contenu à l'état de traces (<1 %) dans la peinture " Ecolabel " appliquée la veille des premiers signes dans l'agence. Cette hypothèse est étayée par l'odeur " âcre " du TXIB, perceptible à faible concentration (dès 12 Œg/m3) et par la détection d'une molécule de structure chimique très proche du TXIB à des concentrations de 28 à 176 Œg/m3 dans l'air intérieur des bureaux le 4 juin 2013. Une vérification auprès du laboratoire indique qu'au regard de l'incertitude qui entoure la spectrométrie de masse, la molécule identifiée était fort probablement le TXIB. La configuration des locaux, et en particulier la présence d'une courette à l'arrière du bâtiment, a pu favoriser la propagation des vapeurs de peintures jusqu'aux logements voisins. Les dernières analyses d'air réalisées par le LCPP en janvier 2014 montrent que l'exposition incriminée n'est plus présente. Ces résultats ont été présentés en Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) en février, et les locaux ont rouvert dans de bonnes conditions le 4 mars.(R.A.)

Auteur : Legout C, Buckenmeier N, Batbedat J, Briere J, Garnier R
Année de publication : 2014
Pages : 26 p.