Investigation d'un signalement de pathologies cancéreuses et thyroïdiennes parmi le personnel du complexe scolaire Joliot Curie à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Rapport d'investigation

Publié le 1 Avril 2007
Mis à jour le 10 septembre 2019

En septembre 2002, des enseignantes du groupe scolaire Joliot Curie (Aubervilliers, Seine-Saint-Denis) s'inquiétaient de la survenue, au sein de l'école, de cancers et de pathologies thyroïdiennes apparues entre 1988 et 2002 chez 18 adultes et 2 enfants. L'enquête épidémiologique a confirmé l'existence d'un excès de cancers chez les enseignantes (9 cas) mais pas chez les élèves. L'excès de cancers est essentiellement expliqué par les cancers gynécologiques (6 cas) : 1 cas de cancer des ovaires en excès et 3 cas de cancers du sein en excès en comparaison avec la population générale. Pour les cancers du sein, la comparaison avec des données spécifiques aux enseignantes d'Ile-de-France a ramené l'excès à 2 cas, les facteurs de risque étant plus fréquents dans cette catégorie de population. Les pathologies thyroïdiennes n'étaient pas en excès. Les mesures de radioactivité organisées dans l'école et le quartier ont permis d'écarter une exposition des personnes aux rayonnements ionisants. L'enquête environnementale n'a pas mis en évidence de facteur de risque environnemental : l'école n'a pas été construite sur une parcelle polluée, aucune activité industrielle ou artisanale n'a pu entraîner une pollution environnementale majeure ou une forte exposition des populations. Ces résultats s'appliquent également pour l'ancien site militaire à proximité, qui a fait l'objet d'une enquête approfondie. Le regroupement de cancers gynécologiques observés est donc principalement expliqué par des facteurs de risques individuels et les fluctuations aléatoires dans la survenue des cancers. (R.A.)

Auteur : Legout C, Isnard H
Année de publication : 2007
Pages : 57 p.