Points clés
- Le premier cas de chikungunya dans les Départements Français d’Amérique (DFA) a été détecté à Saint Martin en octobre 2013. En Guyane, le premier cas - importé de cette même île - a été enregistré en janvier 2014, suivi des premiers cas autochtones, identifiés dès février. Ces cas provenaient d’un foyer unique localisé dans le secteur des Savanes.
- La propagation de l’épidémie a été progressive : l’Île de Cayenne en juin 2014, le secteur du Littoral ouest en septembre de la même année, le Maroni en novembre, puis le secteur des Savanes en décembre. Les secteurs Intérieur, Intérieur-Est et Oyapock ne sont jamais passés en épidémie.
- L’épidémie a duré au total 1 an et 8 mois. Sur la période, 16 043 cas cliniquement évocateurs ont été enregistrés, soit une incidence de 62 pour 1 000 habitants (Insee 2015) soit 1 personne sur 16 touchée.
- L’épidémie de Cayenne a duré 42 semaines pendant lesquelles 6 076 cas cliniquement évocateurs ont été estimés – soit une incidence cumulée de 53 cas pour 1 000 habitants – sous la forme d’une principale vague épidémique suivie d’un bruit de fond jusqu’à la fin de l’épidémie de chikungunya sur l’ensemble du territoire.
- L’épidémie du Littoral ouest a duré 37 semaines avec une dynamique épidémique marquée par une augmentation brutale du nombre de cas notifiés, suivie de fluctuations, avant une baisse significative de celui-ci. Le taux d’incidence cumulé y a été le plus élevé avec environ 100 cas pour 1 000 habitants.
- L’épidémie du secteur des Savanes a été la plus longue (47 semaines) avec deux vagues épidémiques distinctes, moyennement à peu intenses.
- Sur le Maroni, la circulation virale a duré 27 semaines, pour un total de 772 cas cliniquement évocateurs soit un taux d’incidence de 22 cas pour 1 000 habitants.
- Parmi les 7 652 cas probables ou confirmés notifiés sur l’ensemble du territoire, 68 % étaient des femmes et 25 % étaient âgés de moins de 15 ans.
- Avec 484 cas probables ou confirmés de chikungunya hospitalisés dans un trois centres hospitaliers, le taux d’hospitalisation parmi les cas cliniquement évocateurs était de 3 %. Parmi eux :
- Les femmes enceintes représentaient 39 % des cas hospitalisés.
- Les enfants 0 à 14 ans représentaient la classe d’âge la plus fréquente (30 %), les moins de 1 an comptant à eux seuls près de 20 % des hospitalisations. Plus vulnérable, cette population était donc majoritairement hospitalisée.
- 64 % des cas hospitalisés présentaient au moins un facteur de risque et/ou comorbidité dont 39 % de femmes enceintes. En excluant les femmes enceintes, cette proportion était de 23 %.
- Les comorbidités les plus fréquentes étaient l’hypertension artérielle, le diabète et l’immunodépression.
- 74 % cas ont présenté une forme commune de chikungunya, 23 % une forme inhabituelle et 3 % une forme sévère, soit un taux de sévérité parmi les cas cliniquement évocateurs estimés de mois de 1 ‰. La majorité des formes sévères (60 %) a été observée chez les moins de 1 an.
- 1 seul décès directement lié au chikungunya a été enregistré, celui-ci ne présentait pas de facteur de risque et/ou comorbidité.


