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Maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative lentement évolutive, avec un retentissement important sur la qualité de vie, l’activité professionnelle et les liens sociaux.

Mis à jour le 18 juin 2019

Maladie de Parkinson : données

Environ 160 000 personnes traitées pour une maladie de Parkinson en France en 2015

  • Une méthode développée par l’Inserm en partenariat avec Santé publique France permet d’identifier les personnes traitées pour une maladie de Parkinson à partir des données de remboursement de médicaments antiparkinsoniens disponibles dans le système national des données de santé (SNDS1). Il est ainsi possible d’estimer la fréquence de la maladie de Parkinson.
  • En 2015,
    • Environ 160 000 personnes étaient traitées pour une maladie de Parkinson en France, soit une prévalence de 2,50 pour 1 000 habitants.
    • Avec près de 25 000 personnes nouvellement traitées en 2015, l’incidence annuelle était estimée à environ 0,39 nouveaux cas pour 1 000 personnes.
    • L’âge moyen des malades au début des traitements était de 75 ans.
  • La maladie de Parkinson est environ 1,5 fois plus fréquente chez les hommes que chez les femmes.

 

Taux de prévalence après standardisation sur l’âge 

Taux d’incidence après standardisation sur l’âge 

Hommes  

3,17 pour 1000 personnes 

0,51 pour 1000 personnes personnes-années 

Femmes 

2,03 pour 1000 

0,31 pour 1000 personnes-années 

  • La fréquence de la maladie de Parkinson augmente fortement avec l’âge ; cette dernière augmente de manière continue avec l’âge entre 50 et 80 ans avant d’atteindre un pic entre 85 et 89 ans et de diminuer ensuite. Cette diminution peut s’expliquer par une sous-identification des malades les plus âgés.

Ces données et celles des années 2010 à 2014 sont disponibles à l’adresse suivante : https://dataviz.santepubliquefrance.fr/parkinson/

Prévalence (a) et incidence (b) de la maladie de Parkinson en France en 2015, par âge et sexe
Prévalence et incidence de la maladie de Parkinson en France en 2015, par âge et sexe

Un fardeau en augmentation

Dans le cadre d’une collaboration avec l’équipe de biostatistiques de l’unité 1219 de l’Inserm2, nous avons estimé, sous l’hypothèse d’une incidence annuelle constante (c’est-à-dire d’un nombre constant de nouveaux cas chaque année), que le nombre de malades parkinsoniens augmentera de 56 % en 2030 par rapport à 2015, avec en 2030 une personne atteinte sur 120 parmi les personnes âgées de plus de 45 ans. Cette augmentation s’explique principalement par le vieillissement de la population et l’allongement de la durée de la maladie.

Projections du nombre de cas parkinsoniens de plus 45 ans en France entre 2010 et 2030, par sexe
Projections du nombre de cas parkinsoniens de plus 45 ans en France entre 2010 et 2030, par sexe

Près de 75 000 personnes hospitalisées en 2012

Cet indicateur décrit le recours à l’hospitalisation pour une maladie de Parkinson en France chez les personnes âgés de 40 ans et plus, quel que soit leur régime de sécurité sociale. Il peut être décliné selon l’âge, le sexe, la région et les différentes structures hospitalières : médecine, chirurgie ou obstétrique (MCO), soins de suite et de réadaptation (SSR), hospitalisation à domicile (HAD) et psychiatrie.

Le nombre de personnes âgées de 40 ans et plus et hospitalisées en 2012 avec mention d’une maladie de Parkinson, quel que soit le motif principal d’hospitalisation, s’est élevé à 74 454 (38 734 hommes et 35 720 femmes), soit 47 % des cas prévalents : 66 119 malades ont été hospitalisés en MCO (pour un total de 101 755 séjours), 22 645 en SSR, 1 891 en HAD et 812 en psychiatrie.

92 % des malades hospitalisés sont âgés de plus de 65 ans et 55 % de plus de 80 ans. L’âge médian au moment de l’hospitalisation est de 81 ans, de façon comparable entre les hommes et les femmes.

Une maladie associée à une diminution de l’espérance de vie

Entre 2009 et 2015, nous avons suivi une cohorte de plus de 130 000 personnes ayant développé une maladie de Parkinson ; le suivi maximum des patients était de 7 ans et le suivi moyen de 3,5 ans. Nous avons ainsi pu estimer pour la première fois en France les indicateurs de survie et de mortalité liés à cette maladie par sexe et classe d’âge :

  • Au cours du suivi, près d’un quart des malades sont décédés. L’âge moyen de décès est de 83,3 ans.
  • La probabilité de survie à 5 ans est d’environ 60 % chez les hommes et 70 % chez les femmes. Plus de 90 % des décès ont lieu après 70 ans.
  • Les malades parkinsoniens ont un risque de décéder 2 fois plus élevé que des personnes non malades d’âge et de sexe comparables.
  • Ce sur-risque de décès pour les malades parkinsoniens par rapport aux personnes non malades est plus marqué chez les malades jeunes et de sexe féminin.

Des causes de décès documentées

Notre étude, réalisée à partir des bases de causes médicales de décès du CépiDc-Inserm2, a permis de dénombrer et de caractériser les personnes de 50 ans et plus décédées avec une maladie de Parkinson en France en 2014 et de documenter les causes de leur décès.
Parmi près de 500 000 décès rapportés en 2014 chez les sujets âgés de 50 ans et plus, environ 2 % mentionnaient une maladie de Parkinson.
La maladie de Parkinson était la cause initiale du décès pour 58 % des personnes décédées avec une mention de cette maladie sur leur certificat de décès, de façon comparable entre hommes et femmes. Les autres causes initiales de décès étaient (par ordre décroissant de fréquence) :

  • Maladies de l’appareil circulatoire : 14 %
  • Tumeurs invasives : 6 %
  • Maladie d’Alzheimer et autres démences : 4 %
  • Chutes et autres causes externes : 4 %
  • Maladies de l’appareil respiratoire : 3 %.

Des territoires français diversement concernés

La répartition géographique de la maladie de Parkinson montre des disparités régionales. Celles-ci sont difficiles à interpréter, les régions pouvant différer entre elles par de nombreuses caractéristiques : environnement, organisation du système de santé, population... De plus, la méthode d’identification des malades parkinsoniens reposant sur les données de remboursements des soins, les disparités peuvent refléter également des différences de prise en charge ou d’accès aux soins selon les régions.

Les données régionales et départementales sont disponibles sur la plateforme Géodes.

Prévalence et incidence départementales de la maladie de Parkinson en France en 2015 (taux standardisés sur l’âge et le sexe)
Prévalence et incidence départementales de la maladie de Parkinson en France en 2015

Des études sur l’association entre la maladie de Parkinson et les activités agricoles

Santé publique France a conduit plusieurs études en collaboration avec l’unité 1018 de l’Inserm2 sur la relation entre les caractéristiques agricoles ou l’exposition professionnelle aux pesticides et la maladie de Parkinson :

  • Une étude réalisée en partenariat avec l’Inserm2 et la Mutualité sociale agricole (MSA1) parmi les affiliés à la MSA1 de cinq départements (Charente-Maritime, Côte-d’Or, Gironde, Haute-Vienne, Mayenne) a permis d’observer en 2007 une augmentation de la prévalence de la maladie de Parkinson de l’ordre de 25 % chez les affiliés à la MSA1 des cantons caractérisés par les densités les plus élevées en exploitations spécialisées en fruits de vergers (pommes, poires, cerises, abricots, prunes et pêches) et autres cultures permanentes (citrons, kiwis, fruits à coques, cassis, framboises, etc.).
  • Une étude cas-témoins a comparé l’utilisation de pesticides (évaluée par questionnaire) de 133 agriculteurs atteints de maladie de Parkinson à celle de 298 agriculteurs indemnes de cette maladie. Les malades déclaraient plus souvent que les autres avoir été exposés aux pesticides dans des exploitations spécialisées dans la viticulture. Les associations les plus fortes étaient retrouvées pour l’exposition professionnelle aux insecticides et aux fongicides, en particulier pour les agriculteurs ayant longtemps utilisé ces substances.
  • Enfin, une étude décrivant la survenue de la maladie de Parkinson parmi les affiliés à la MSA1 (2011-2012) a observé une incidence plus élevée de la maladie parmi cette population spécifique, notamment les exploitants agricoles (+13 %) par rapport au reste de la population française.
18/09/2019

The relation between type of farming and prevalence of Parkinson's disease among agricultural workers in five French districts

21/05/2019

Association of Parkinson's Disease and Its Subtypes with Agricultural Pesticide Exposures in Men: A Case-Control Study in France

21/05/2019

Farming and incidence of motor neuron disease: French nationwide study

Ces travaux incitent à poursuivre la surveillance épidémiologique de la maladie de Parkinson parmi la population agricole et contribuent à identifier des situations, notamment professionnelles, présentant potentiellement un risque vis-à-vis de la maladie de Parkinson et pour lesquelles des recherches spécifiques doivent être encouragées.

Ces résultats et ceux produits par d’autres organismes français ou internationaux ont contribué à la reconnaissance, en 2012, de la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle pour les agriculteurs ayant réalisé au moins pendant 10 ans des travaux exposant habituellement aux pesticides (tableau 58 du régime agricole).

Nous avons étendu ces travaux pour la période 2010-2012 à l’ensemble du territoire métropolitain, correspondant à plus de 90 % de la population française, et mis en évidence une augmentation de l’incidence de la maladie de Parkinson (+11 %) parmi les personnes résidant dans les cantons où la proportion de terres agricoles allouées à la viticulture est la plus importante par rapport aux personnes habitant dans les cantons où cette proportion est la plus faible ; cette association était retrouvée dans des analyses qui ne tenaient pas compte des agriculteurs. Ces résultats suggèrent que l’exposition environnementale aux pesticides pourrait également être associée à un risque augmenté de maladie de Parkinson et que le nombre de cas de maladie de Parkinson attribuable aux pesticides pourrait être plus élevé que si l’exposition professionnelle seule était impliquée. Des études complémentaires sont encore nécessaires dans ce domaine pour mieux comprendre et caractériser cette relation.

  1. Système national des données de santé (SNDS) : base de données médico-administratives contenant les prestations de soins de santé prises en charge par l’Assurance maladie (consultations et actes médicaux, médicaments, hospitalisations…), les causes médicales de décès et un échantillon de données provenances des organismes d’Assurance maladie complémentaire. Les données sont chaînées en respectant l’anonymat des personnes.