Les grippes pandémiques

Une pandémie grippale est une épidémie qui sévit à l’échelle d’une zone géographique très étendue, à l’occasion de l’émergence d’un nouveau virus grippal résultant généralement d’une modification génétique majeure.

Mis à jour le 20 mai 2019

Les pandémies grippales du XXe siècle

Au cours du XXe siècle, trois pandémies grippales sont survenues successivement. En 1918-1919, la pandémie dite de la "grippe espagnole" due au virus A(H1N1) a touché le monde entier. Les estimations disponibles sur le site de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent qu’au moins 40 millions de personnes en seraient décédées. Les pandémies suivantes ont été beaucoup moins sévères : en 1957-58, la "grippe asiatique" liée au virus A (H2N2) et en 1968-69, la "grippe de Hong-Kong" due au virus A(H3N2).
En 2009, une nouvelle pandémie est survenue, due à un nouveau virus A(H1N1) pdm09 qui résultait d’une combinaison de différents virus grippaux d’origine aviaire, porcine et humaine.

Une survenance régulière

Ces pandémies font partie du cycle normal de la circulation des virus grippaux chez l’Homme. Elles démarrent quand un nouveau virus grippal est capable d’infecter l’Homme et qu’il se transmet facilement de personne à personne, car la population est peu ou non protégée contre ce virus.
Ce virus prend généralement la place de l’un des virus jusqu’alors responsables de grippes saisonnières participant aux épidémies hivernales et ce, jusqu’à la pandémie suivante. C’est ainsi que le virus A(H1N1), responsable de la pandémie de 1918, a circulé chez l’Homme jusqu’en 1957-1958, quand il a été remplacé par le virus A(H2N2) lors de la grippe asiatique.
Pendant 10 ans, ce dernier a causé des épidémies de grippe saisonnière, jusqu’à la pandémie de 1968 lorsque le virus A(H3N2) a émergé et pris sa place. Depuis la dernière pandémie de 2009, le virus A(H1N1) pdm09 a totalement remplacé le virus A(H1N1) qui co-circulait avec le virus A(H3N2) depuis 1977.

Une ampleur et une gravité variables en fonction des pandémies

Les virus grippaux, qu’ils soient saisonniers ou pandémiques, possèdent généralement des spécificités qui les distinguent les uns des autres. Le profil des personnes les plus touchées n’est pas toujours le même que pour la grippe saisonnière. Par exemple, les femmes enceintes étaient particulièrement à risque de formes graves, lors des précédentes pandémies grippales. La grippe espagnole s’est caractérisée notamment par sa sévérité importante chez les jeunes adultes.
De même, l’ampleur et la gravité peuvent varier considérablement d’une pandémie à une autre. Ainsi la grippe espagnole a fait des millions de victimes, tandis que la pandémie de 2009 a été, en France, d’une ampleur comparable à celle d’une grippe saisonnière.

Les mesures de contrôle sont colligées dans le plan national de lutte contre la pandémie qui a été mis à jour en 2011 et disponible sur le site du Ministère chargé de la Santé.

La surveillance des pandémies s’appuie sur la surveillance habituelle à laquelle peuvent se rajouter des outils spécifiques. Pour la pandémie de 2009, une surveillance des cas graves admis en réanimation ou unités de soins intensifs a été mise en place, ainsi qu’un dispositif particulier pour suivre les décès par grippe en temps réel.

Le virus de la grippe A (H1N1)pdm09

Le virus de la grippe A (H1N1)pdm09 est apparu en 2009 au Mexique. Il est différent du virus A(H1N1) qui circulait de façon saisonnière à cette époque et contient des gènes d'origine porcine, aviaire et humaine. Le virus a diffusé rapidement à l'ensemble du monde dans les mois qui ont suivi son émergence. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié la situation de pandémique en juin 2009.
Les épidémies provoquées par ce virus dans le monde ont souvent débuté avant la période habituelle des épidémies grippales. Les symptômes de la maladie étaient similaires à ceux de la grippe saisonnière. Pour autant, ce virus a provoqué en 2009 des formes compliquées chez l'adulte jeune, notamment des pneumonies virales nécessitant une prise en charge lourde en réanimation. Les femmes enceintes et les personnes souffrant d'obésité présentaient un risque accru de faire des formes graves. En revanche, les personnes âgées de 65 ans ou plus avaient connu des souches virales assez proches par le passé et de fait ont été partiellement protégées contre le virus pandémique. Cette population a donc été moins touchée que les personnes plus jeunes.
L'OMS a déclaré la phase post-pandémique en août 2010. Depuis, le virus A(H1N1)pdm09 se comporte comme les autres virus grippaux saisonniers et est régulièrement responsable d’épidémies hivernales.

Documents français de référence :

Plan national de préparation pandémique 2011

Publications scientifiques

Liens vers sites internationaux de référence sur la grippe pandémique :