L'épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest

Mis à jour le 20 mai 2019

Situation épidémiologique

L’urgence de santé publique de portée internationale concernant l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a été levée par l’Organisation mondiale de la santé le 29 mars 2016. Un effort de renforcement des dispositifs de surveillance et de sécurité sanitaire se poursuit en Guinée, Sierra Leone et Libéria pour prévenir de nouvelles éclosions de la maladie à virus Ebola.

Il s’agit de la plus grande épidémie de maladie à virus Ebola (MVE). Elle a été déclarée en 2014 dans les trois pays d’Afrique de l’Ouest principalement touchés, Guinée, Sierra Leone et Liberia, et elle s’est terminée avec plus de 280 000 cas rapportés dont 11 310 décès. Au Mali, une chaîne de transmission limitée a été rapportée en octobre 2014. Une transmission locale du virus Ebola à des soignants a été rapporté pour la première fois, hors du continent africain, en Espagne (1) et aux Etats-Unis (2).

Même en l’absence de chaîne de transmission de grande ampleur, on peut s’attendre au cours des prochains mois à l’apparition de foyers limités de transmission du fait et de la persistance du virus dans son réservoir environnementale du nombre important de survivants (plus de 10 000) réactivation ou contamination sexuelle du fait de la possible excrétion viral dans le sperme à distance de la guérison. Ces foyers devraient être rapidement détectés et contrôlés du fait du renforcement des dispositifs de lutte et de surveillance nationaux.

Le risque d’importation de cas de MVE en France est redevenu très faible, à un niveau comparable au risque pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne avant l’épidémie d’Afrique de l’Ouest 2014. Comme pour les autres fièvres hémorragiques virales, hors contexte d’épidémie majeure, la surveillance de la maladie à virus Ebola repose désormais à nouveau sur la déclaration obligatoire des "fièvres hémorragiques virales africaines". Il revient donc à tout médecin ou biologiste de notifier sans délai au médecin de l’agence régionale de santé toute suspicion chez une personne de retour des régions équatoriales d’Afrique ou ayant été en contact avec une personne suspectée de maladie à virus Ebola.

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L’action de Santé publique France en réponse à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest

Santé publique France (ex-InVS) a suivi avec attention l’évolution de cette épidémie depuis l’apparition des premiers cas en Guinée et a diffusé des points épidémiologiques réguliers.

Depuis le début de l’épidémie, la France s’est mobilisée pour apporter, aux côtés de ses partenaires, une réponse adaptée à cette situation. Parallèlement à la mise en place d’une surveillance renforcée ainsi que de mesures visant à limiter la transmission du virus si un cas était confirmé sur le territoire français, Santé publique France a contribué également à la réponse française contre l’épidémie d’Ebola en envoyant des épidémiologistes dans les pays concernés, en contribuant à la formation des équipes locales et au renforcement des réseaux de santé publique.

Envoi d'épidémiologistes

L’Institut de veille sanitaire a contribué à la riposte internationale visant à éradiquer l’épidémie d’Ebola. Dès le mois d’octobre 2014, des épidémiologistes de l’institut ont été mobilisés sur le terrain. Ces mobilisations sont effectuées soit à travers la réponse française interministérielle, soit à travers la mobilisation internationale coordonnée par le Réseau mondial d’Alerte et d’Action en cas d’épidémie (GOARN - Global Outbreak Alert and Response Network), dispositif technique de collaboration de l’Organisation Mondiale de la Santé.
L’appui des épidémiologistes de l’InVS s’est concentré sur les pays d’Afrique de l’Ouest francophones, le Mali et la Guinée. Depuis janvier 2015, la contribution de l’InVS à la riposte mondiale sous l’égide du GOARN est continue et consiste à assurer la présence d’au minimum, 2 épidémiologistes de l’InVS, en Guinée, pour des missions de 4 à 5 semaines. Ces épidémiologistes volontaires sont sélectionnés sur leur expertise spécifique dans la maladie à virus Ebola et/ou sur leur expérience antérieure de terrain dans la lutte contre les épidémies. Ils ont apporté leur expertise en investigation épidémiologique et en surveillance. Cette présence a été maintenue jusqu’à éradication de la maladie à virus Ebola en Guinée.

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Appui à la formation

Le Projet d’appui à la mise en place de huit équipes Régionales Polyvalentes d’Alerte et de Riposte aux Epidémies (PREPARE) est un projet cofinancé par l’Union européenne et la France qui vise à former en Guinée des équipes de 24 personnes par région, pour constituer des « commandos anti-épidémies ». Il s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les épidémies en général, et de l’épidémie à virus Ebola en particulier.
Sous la supervision du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI), les acteurs français impliqués sont Expertise France, l’Institut Bioforce et la Sécurité civile française.

PREPARE comporte deux volets :

  • le renforcement des compétences des personnels des équipes ;
  • l’appui au déploiement et au fonctionnement des équipes.

Le projet se déroule en deux phases :

Une première phase de formation initiale et de déploiement des équipes locales, de mars à juillet 2015. Dans ce cadre, l’InVS a contribué à la formation épidémiologique d’équipes polyvalentes (médecins, biologistes, agents communautaires, etc.). Cette formation à l’épidémiologie, de deux jours, aborde, à travers des cours théoriques et des études de cas, la surveillance épidémiologique, les systèmes de détection précoce et d’alerte, l’investigation, notamment la recherche active de cas, et le suivi des contacts dans le cadre de la maladie à virus Ebola.
La seconde phase, d’août 2015 à juin 2016, concerne le renforcement des formations et l’accompagnement au fonctionnement de ces équipes. Dans ce cadre, l’InVS va mettre en place un système de compagnonnage à distance, des épidémiologistes séniors de l’InVS assurant un rôle de référent pour les épidémiologistes régionaux guinéens. Deux sessions seront organisées sur place pour faire un retour d’expérience sur le fonctionnement des équipes et proposer des formations approfondies aux épidémiologistes régionaux.

Renforcement des réseaux

Le projet RIPOST est un projet français, porté par Expertise France et développé dans le cadre de la Task Force Ebola. Son objectif est de renforcer les compétences des pays d’Afrique de l’Ouest francophones dans les domaines de la surveillance épidémiologique, de la veille et de l’alerte sanitaires, de la recherche opérationnelle et de la formation. Pour ce faire, il vise à faciliter la mise en réseau des organisations en charge de l’expertise en santé publique afin de permettre un meilleur partage de l’information et à terme d’aider les autorités sanitaires dans la prise de décisions.
L’Institut de veille sanitaire fait partie du Comité de pilotage du projet, aux côtés de l’Agence française de développement (AFD), du Centre d’épidémiologie et de santé publique des armées (CESPA) et du Réseau des Instituts Pasteur notamment. Il est impliqué dans des missions exploratoires de terrain.

Les activités du projet RIPOST se font en liaison avec le Bureau régional de l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS AFRO), l’Organisation Ouest africaine de la Santé (OOAS) et avec les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC, Atlanta)