Infections à papillomavirus

Certains papillomavirus humains (HPV) infectent les muqueuses génitales. L’infection est en général asymptomatique. Dans certains cas, elle peut entrainer des lésions pouvant évoluer en cancer dont le plus fréquent est le cancer du col de l’utérus.

Mis à jour le 21 janvier 2026

Infections à papillomavirus : la maladie

L’infection à papillomavirus

A ce jour, près de 200 papillomavirus ont été caractérisés dont 120 sont susceptibles d'infecter l'Homme et 40 cibleraient spécifiquement la zone anogénitale.

Les HPV sont classés selon leur tropisme (types cutanés ou muqueux) et leur potentiel cancérogène. 
Concernant les HPV à tropisme génitaux, l’infection à HPV est une infection sexuellement transmissible (IST) très fréquente dans la population. L’infection a généralement lieu au début de la vie sexuelle.

Leur prévalence diffère selon les localisations anatomiques et les régions du monde. Le Centre international de recherche sur le cancer a défini 12 types de HPV comme des agents cancérogènes avérés, dit HPV à haut-risque.Le principal cancer attribuable aux HPV est le cancer du col de l’utérus, Les HPV oncogènes peuvent également être à l’origine de cancers de l’anus, du vagin, de la vulve, du pénis et certains cancers de la sphère ORL. La part des cancers attribuable aux HPV est variable selon le type de cancer. Les cancers du col de l’utérus sont tous causés par les infections à HPV. En France comme dans beaucoup d’autres pays, les génotypes HPV 16 et 18 sont les HPV à haut-risque les plus fréquemment impliqués dans le cancer du col de l’utérus (environ 70%). Les HPV 6 et 11 sont responsables de 90% des condylomes ou verrues génitales.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus par le frottis cervico-utérin a permis de faire diminuer l’incidence et la mortalité des cancers invasifs du col de l’utérus depuis plus de trente ans en France comme dans les autres pays où il a été mis en place. Le cancer du col de l’utérus est le 12e cancer, par ordre de fréquence, chez la femme en France métropolitaine. En France, l’incidence du cancer du col de l’utérus est estimée à près de 3000 nouveaux cas et 1100 décès par an. Le pic d’incidence survient vers 50 ans.

Le cancer de l’anus est un autre cancer fréquemment lié au HPV. Environ 2000 cas (dont 75 % chez les femmes) sont diagnostiqués chaque année. Près de 90% de ces cancers sont dus au HPV.
En tout, 6 400 cancers sont liés chaque année aux virus HPV, dont un sur quatre chez les hommes.

Les chiffres-clés des infections à papillomavirus
environ 3000 NOUVEAUX CAS DE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS ET 1100 DÉCÈS PAR AN CHEZ LES FEMMES LIÉS AUX HPV / 58,4 % des jeunes filles de 15 ans avaient reçu une première dose de vaccin en 2024 / 70 à 80 % DES HOMMES ET FEMMES SEXUELLEMENT ACTIFS EXPOSÉS AUX HPV DANS LEUR VIE

Une infection sexuellement transmissible

L’infection à HPV est une infection sexuellement transmissible très fréquente. L’infection a en général lieu dans les premières années de la vie sexuelle. Les virus ciblant la zone anogénitale sont transmis lors des rapports sexuels avec des personnes porteuses de virus, avec ou sans pénétration. Les préservatifs ne sont pas suffisants pour se protéger de l’infection à HPV.

Une infection généralement asymptomatique et transitoire

La plupart du temps, l’infection ne provoque pas de symptômes et disparaît spontanément, après un à deux ans. Environ 70 à 90 % des infections évoluent ainsi vers la clairance virale (disparition du virus de l’organisme). Cependant, dans certains cas, l’infection peut entrainer le développement de condylomes (verrues génitales).

Plus rarement (environ 10% des cas impliquant les HPV à haut risque oncogène), l’infection persiste et peut entrainer des lésions précancéreuses. Ces lésions précancéreuses peuvent soit régresser spontanément, soit évoluer, sur une période de 10 à 30 ans, vers un cancer invasif. Le lien de causalité entre certains types de HPV à haut risque oncogène et les lésions précancéreuses et les cancers du col de l’utérus est bien établi. Quasiment tous les cancers du col de l’utérus résultent d’une infection par un HPV.

Une prévention vaccinale

Le cancer du col de l’utérus est une maladie largement évitable. La prévention repose sur la vaccination (prévention primaire) et le dépistage (prévention secondaire).

Prévention primaire des cancers du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve et du vagin

En France, un  vaccin est disponible (le Gardasil 9) pour prévenir les infections dues à certains types de HPV à haut risque. Ce vaccin apporte une protection contre la grande majorité des HPV responsables des cancers ano-génitaux et des condylomes génitaux.
La vaccination des jeunes filles et des jeunes garçons est recommandée entre 11 et 14 ans avec un schéma à deux doses. Un rattrapage est recommandé pour les deux sexes entre 15 et 26 ans, avec un schéma à trois doses.

Depuis la rentrée scolaire 2023-2024, la vaccination contre les HPV est proposée aux jeunes filles et jeunes garçons de 11 à 14 ans scolarisés dans les collèges publics et les collèges privés sous contrat volontaire. Cette vaccination est gratuite.

En savoir plus sur les recommandations de vaccination, les indications et l’efficacité des vaccins.

Prévention secondaire du cancer du col de l’utérus

Le dépistage du cancer du col de l’utérus repose sur la réalisation d’un frottis cervico-utérin ou d’un test HPV. En France, le programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus recommande le dépistage chez les femmes âgées de 25 à 65 ans par frottis cervico-utérin tous les trois ans, après deux frottis négatifs à un an d’intervalle. Tout frottis anormal doit être suivi d’investigations diagnostiques en fonction du résultat de la cytologie.

La vaccination contre les infections à HPV ne se substitue pas au dépistage des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus, y compris chez les femmes vaccinées.
À partir de 25 ans, toutes les jeunes femmes vaccinées ou non vaccinées doivent continuer à bénéficier du dépistage selon les recommandations en vigueur.

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