Fièvres typhoïde et paratyphoïde

Les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes sont rares en France métropolitaine, où elles sont le plus souvent consécutives à un voyage en zone d’endémie (régions à faible niveau d’hygiène).

Mis à jour le 17 juin 2019

Fièvres typhoïdes et paratyphoïdes : la maladie

Les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes : rares en France métropolitaine

Les fièvres typhoïdes et les fièvres paratyphoïdes sont des infections systémiques à salmonelles à point de départ digestif.
La fièvre typhoïde est causée par la bactérie Salmonella enterica sérotype Typhi.
Les fièvres paratyphoïdes A, B et C sont causées respectivement par Salmonella enterica sérotypes Paratyphi A, Paratyphi B et Paratyphi C.
Salmonella Paratyphi B comprend deux types : le type Java (dit « d-tartrate positif ») qui est une salmonelle mineure responsable le plus souvent de gastro-entérites fébriles et le type non-Java (dit « d-tartrate négatif ») responsable de fièvre paratyphoïde B.

Le réservoir des Salmonella Typhi et Paratyphi est strictement humain (sauf pour certaines souches de Salmonella Paratyphi B : humain et animal).
Les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes sont réparties mondialement. Elles sont endémiques dans les pays en développement à faible niveau d’hygiène (Asie, Afrique, Amérique du Sud) et sont rares et majoritairement sporadiques en France métropolitaine où la plupart des cas sont importés après un séjour en zone d’endémie.
En revanche, les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes sont endémiques à Mayotte et en Guyane, avec des épidémies fréquentes.

Les chiffres-clés des fièvres typhoïdes et paratyphoïdes
Infographie concernant les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes

Une transmission par les matières fécales

La source de contamination réside dans les matières fécales des personnes malades ou porteuses saines mais excrétrices de Salmonella Typhi ou Paratyphi. La transmission est possible tant que l’excrétion de la bactérie persiste dans les selles, généralement de la 1ère semaine de la maladie et pendant toute la durée de la convalescence.
Pour la fièvre typhoïde, environ 10 % des patients non traités continuent à être excréteurs pendant 3 mois après le début des symptômes et 2 à 5 % deviennent des porteurs chroniques avec persistance de Salmonella Typhi dans la vésicule biliaire.
La transmission est dite féco-orale, soit directe par ingestion des bactéries provenant des selles d’individus contaminés (non-lavage des mains, poignées de portes souillées, etc…), soit le plus souvent indirecte par ingestion d’eau ou d’aliments consommés crus (fruits de mer, légumes, etc.) et souillés par les selles de personnes infectées (égouts, épandage, etc.).

Une prévention vaccinale pour les voyageurs

La prévention repose sur une bonne hygiène individuelle et alimentaire en évitant la consommation, surtout lors de séjour en zone d’endémie, d’eau non contrôlée et d’aliments crus ou mal lavés. La fièvre typhoïde et les fièvres paratyphoïdes sont des « maladies des mains sales » dont la chaîne de transmission peut être interrompue par le lavage soigneux des mains après contact fécal et avant la manipulation des aliments.

Il existe un vaccin contre la fièvre typhoïde, actuellement recommandé pour les voyageurs devant effectuer un séjour prolongé (plus d’un mois) ou dans de mauvaises conditions dans des pays où l’hygiène est précaire et la maladie endémique, particulièrement dans le sous-continent indien et l’Asie du Sud-Est. Ce vaccin peut être administré à partir de l’âge de 2 ans. Il consiste en 1 injection à réaliser au minimum 15 jours avant le départ. La durée de protection est de 3 ans. A noter toutefois que ce vaccin n’assure qu’une protection de 50 à 65% contre la fièvre typhoïde et ne protège pas contre les fièvres paratyphoïdes : il ne doit pas se substituer aux mesures de précaution vis-à-vis de l’eau, des aliments, ni au lavage des mains.

Des symptômes variés

La durée d’incubation (durée séparant la contamination de l’apparition des premiers symptômes) est le plus souvent de 7 à 14 jours mais peut varier de 3 jours à 1 mois, selon les individus et les quantités de bactéries ingérées.
Les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes se manifestent classiquement par une fièvre prolongée, des maux de tête, une anorexie, une splénomégalie, une éruption cutanée sur le tronc ou l’abdomen, une somnolence (voire une obnubilation), des diarrhées ou plus fréquemment une constipation chez les adultes. L’expression clinique peut aussi être atypique ou modérée voire inapparente surtout en zone d’endémie. Les fièvres paratyphoïdes ont généralement une présentation clinique moins sévère que la fièvre typhoïde. En l’absence de traitement, dans environ 10% des cas, des complications peuvent survenir avec atteintes digestives (hémorragies, perforations), cardiaques, pulmonaires, neurologiques. La létalité peut atteindre 10 % sans traitement, elle est inférieure à 1 % avec une antibiothérapie adaptée.

Le diagnostic repose sur l’isolement de la bactérie responsable (Salmonella Typhi, Salmonella Paratyphi A, B ou C) dans le sang, la moelle osseuse, les urines ou les selles.
La sérologie (test de Widal) détectant des anticorps dirigés contre Salmonella Typhi a peu de valeur diagnostique et ne doit pas être réalisée.

Une prise en charge des fièvres typhoïdes et paratyphoïdes par antibiotique

La prise en charge d’une fièvre typhoïde ou paratyphoïde peut nécessiter une hospitalisation.
Le traitement repose sur les antibiotiques.