Indicateurs nationaux de performance du programme de dépistage du cancer du sein sur la période 2015-2016

Publié le 6 novembre 2018
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Le programme de dépistage organisé du cancer du sein vise à détecter la maladie à un stade précoce pour la traiter au plus tôt, dans l'objectif de réduire la mortalité spécifique par cancer du sein. Afin d'obtenir le maximum de bénéfices et de réduire au minimum les risques, c'est-à-dire d'être efficace, un programme de dépistage organisé doit être de qualité et il doit être évalué. Nous présentons ici les indicateurs de performance du programme de dépistage organisé du cancer du sein pour la période 2015-2016.

Les données de l'ensemble des dépistages effectués dans le cadre du dépistage organisé de tous les départements (soit un total de 99, les deux départements de Corse étant évalués ensemble) ont pu être intégrées pour constituer la base nationale 2015-2016.

Les femmes étant invitées à effectuer un dépistage du cancer du sein par mammographie tous les deux ans, les résultats sont présentés sur une période cumulée de deux ans. Sur cette période 2015-2016, 5 070 666 dépistages ont été réalisés. A noter que les résultats globaux résumés ici masquent de grandes disparités géographiques, comme on peut le voir en examinant les résultats par département.

Les chiffres fournissent des informations sur le nombre de femmes dépistées, les résultats des dépistages et les bilans diagnostics sur la période 2015-2016 ainsi que les taux et pourcentages correspondants.

Pour la période 2015-2016, 4 % des dépistages sont des premiers dépistages organisés sans antécédent de mammographie (que l'on appellera par la suite " vrai dépistage initial "), 14 % sont des premiers dépistages organisés avec antécédent de mammographie (dans le cadre d'un dépistage " individuel " le plus souvent), et 82 % sont des dépistages organisés subséquents.

Dépistages positifs

Le taux de mammographies positives (c'est-à-dire jugées anormales ou suspectes) en première lecture (L1) avant bilan est de 13,7 pour 100 femmes effectuant un " vrai " dépistage initial. Pour les femmes effectuant un dépistage subséquent, ce taux est de 6,4 %. Un bilan diagnostic immédiat (BDI) est alors effectué (96,9 % des cas).

Le taux de mammographies positives en deuxième lecture (L2) est de 1,7 pour 100 femmes effectuant un " vrai " dépistage initial et de 1,0 pour 100 femmes effectuant un dépistage subséquent. Un bilan de diagnostic différé (BDD) est effectué dans 81,7 % des cas.

Au final, le taux de mammographies positives en première ou deuxième lecture avant bilan (équivalent du " taux de rappel européen ") est de 15,2 pour 100 femmes effectuant un " vrai " dépistage initial et de 7,4 pour 100 femmes effectuant un dépistage subséquent. Le taux de dépistages positifs après bilans est de 8,3 % pour les " vrais " dépistages initiaux, et 3,0 % pour les dépistages subséquents.

L'ensemble de ces résultats est stable par rapport à la période 2013-2014. A noter cependant une légère baisse des mammographies positives en deuxième lecture, liée à l'amélioration de la performance des premières lectures. 

Cancers détectés

Les chiffres fournissent des informations sur le nombre de cancers dépistés et leurs caractéristiques sur la période 2015-2016. Les indicateurs TC01 et PC02 à PC10 présentent les taux et pourcentages correspondants.

Au moment de l'extraction des données, 38 905 cancers (cancers invasifs et carcinomes canalaires  in situ) avaient été enregistrés pour la période 2015-2016, soit un taux global de 7,5 cancers pour 1 000 femmes dépistées. Ce taux est de 20,6 pour 1 000 femmes effectuant un " vrai " dépistage initial et 6,9 pour 1 000 femmes effectuant un dépistage subséquent. Ces taux sont proches des taux de la période 2013-2014.

Les pourcentages de cancers de bon pronostic parmi l'ensemble des cancers détectés sont des indicateurs importants pour évaluer la performance du programme :

  • Parmi les femmes effectuant un " vrai " dépistage initial, 11,7  % des cancers de statut invasif/in situ connu étaient des cancers in situ, 24,2 % des cancers de taille connue étaient de taille inférieure ou égale à 10 mm et 64 % des cancers de statut ganglionnaire connu n'avaient pas d'envahissement ganglionnaire. Ces chiffres sont en légère augmentation par rapport à 2013-2014.
  • Parmi les femmes effectuant un dépistage subséquent, 14,2 % des cancers de statut invasif/in situ connu étaient des cancers in situ, 37,6 % des cancers de taille connue étaient de taille inférieure ou égale à 10 mm et 78,0 % des cancers de statut ganglionnaire connu n'avaient pas d'envahissement ganglionnaire. Ces chiffres sont en légère diminution par rapport à 2013-2014.

Enfin, pour 100 cancers dépistés en 2015-2016, 2,8 ont été dépistés grâce à la deuxième lecture parmi les femmes effectuant un " vrai " dépistage initial et 5,9 parmi les femmes effectuant un dépistage subséquent. Ce dernier pourcentage est en légère baisse par rapport à la période 2013-2014.

Valeur prédictive positive du dépistage

Les indicateurs qui suivent représentent les valeurs prédictives positives (VPP) avant bilan diagnostique. Calculer des valeurs prédictives positives du dépistage dans le programme nécessite de connaître l'issue de la procédure de dépistage. Au moment de la transmission des données à Santé publique France, cette information n'est pas toujours définitive. Au moment de la clôture de la base 2015-2016, l'information était définitive pour 98,8 % des femmes dépistées, et pour 92,8 % des femmes ayant eu des dépistages positifs avant bilan.

La VPP de la mammographie de dépistage avant bilan diagnostic (indicateur VPP01 du guide des indicateurs de dépistage), c'est-à-dire la probabilité d'avoir un cancer si la mammographie de dépistage en 1ère ou en 2e lecture est positive, avant bilan diagnostic (immédiat ou différé), est de 9,4 %. Elle est en augmentation régulière depuis la généralisation du dépistage.

Mammographie numérique

Depuis 2008, la mammographie numérique a été autorisée dans le programme national en plus de la technologie analogique. Deux grands types de technologies numériques sont utilisés : plein champ (digital radiology , DR) et plaques fluorescentes (computer radiology , CR). Sur la période 2015-2016, seulement 3,7 % des dépistages sont encore effectués par une technologie analogique. Parmi les technologies numériques, 26 % étaient effectués par une technologie numérique " CR " et 74 % par une technologie numérique " DR ". La part de la technologie DR a encore augmenté par rapport à la période 2013-2014. Le taux de clichés techniquement corrects est de quasiment 100 % pour l'ensemble des trois technologies.

Les taux bruts de positivité en première lecture avant bilan, ainsi que les taux de cancers dépistés sont plus élevés pour le numérique que pour l'analogique. Et parmi le numérique, ces taux sont supérieurs pour les DR par rapport aux CR. En conséquence, l'apport de la deuxième lecture semble moindre avec la technologie numérique DR puisque le taux de mammographies positives en deuxième lecture avant bilan et le pourcentage de cancers détectés par le second lecteur parmi l'ensemble des cancers dépistés sont plus faibles. Ces résultats s'observent quel que soit le rang du dépistage

Si l'on s'intéresse uniquement aux rangs subséquents, c'est-à-dire 82 % des dépistages de la période 2015-2016, on observe que les pourcentages de cancers de bon pronostic sont plus élevés en numérique et particulièrement en numérique DR. Ces meilleurs résultats du DR sont également observés pour les " vrais " dépistages initiaux, sauf pour le pourcentage de cancer in situ. La VPP des dépistages positifs avant bilan est également plus élevée.

A noter que les écarts constatés entre les trois types de mammographies ne correspondent pas uniquement à des différences de performances de technologies : des facteurs confondants notamment l'expérience des radiologues interviennent également.