Cancer du colon rectum

Le cancer colorectal (ou cancers du côlon et du rectum) est un cancer du gros intestin qui peut être guéri s’il est détecté précocement.

Mis à jour le 17 juin 2019

Cancer du côlon rectum : données

Une incidence qui évolue différemment selon le sexe alors que la mortalité diminue

En France, avec 43 336 nouveaux cas et 17 117 décès en 2018, le cancer colorectal fait partie des cancers les plus fréquents (3e rang chez l’homme et 2e chez la femme) et représente la 2 e cause de décès par cancer (2 e cause chez l’homme et 3e chez la femme) :

  • Le cancer colorectal est rare avant l’âge de 50 ans.
  • 8 décès sur 10 surviennent chez les personnes de 65 ans et plus.
  • L’incidence (taux standardisé) diminue chez l’homme (-1,4 % par an en moyenne entre 2010 et 2018) alors qu’elle reste stable chez la femme.
  • La mortalité (taux standardisé) diminue chez l’homme et la femme.
  • Pour la première fois en 2019, des estimations de l’incidence ont été publiées en distinguant le cancer du côlon d’une part et celui du rectum d’autre part.

Taux d’incidence et de mortalité du cancer colorectal en France métropolitaine selon l’année (Taux Standardisé Monde) – Échelle logarithmique

taux d’incidence et de mortalité du cancer colorectal, France métropolitaine selonl’année (échelle logarithmique)
Cancer colorectal : cas incidents estimés, taux d’incidence (Taux Standardisé Monde) en 2018 et variation annuelle moyenne du taux d’incidence (TSM) entre 1990 et 2018 et sur la période récente 2010-2018, accompagnée de son intervalle de confiance à 95%, selon le sexe et par sous-type topographique, en France métropolitaine

 

2018

Variation annuelle moyenne (%) [IC95])

 

Nombre de nouveaux cas

TSM

1990- 2018

IC 95%

2010- 2018

IC 95%

Hommes

Côlon

14 597

20,7

-0,3

[-0,4 ; -0,2]

-1,1

[-1,5 ; -0,8]

Rectum

8 249

12,7

-1,0

[-1,2 ; -0,9]

-1,9

[-2,3 ; -1,5]

Femmes

Côlon

13 217

14,8

-0,1

[-0,2 ; 0,1]

-0,1

[-0,5 ; 0,2]

Rectum

5 495 

6,9

-0,5

[-0,7 ; -0,3]

-0,9

[-1,4 ; -0,4]

Au sein de l’Union européenne, la France présente le 16e taux d’incidence (taux standardisé) le plus élevé chez l’homme et le 15e chez la femme. En termes de mortalité, la France présente le 9e taux de mortalité (taux standardisé) le plus bas chez l’homme et le 7e chez la femme.

1

million de nouveaux cas sont estimés en 2018

Dans le monde, 1 million de nouveaux cas sont estimés en 2018. Les taux d’incidence (taux standardisé) les plus élevés sont observés en Australie/Nouvelle Zélande, en Europe et en Amérique du Nord, et les plus faibles en Amérique Centrale, dans le Sud de l’Asie centrale et en Afrique. En termes de mortalité, 881 000 décès par cancer colorectal sont estimés en 2018. Les taux de mortalité (taux standardisé) sont les plus élevés en Mélanésie, en Asie orientale et en Europe centrale et orientale, et les plus faibles dans le Sud de l’Asie centrale, en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest.

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Estimations nationales de l'incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 - Tumeurs solides : Étu...

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Incidence et mortalité régionales et départementales

Peu de disparités régionales et départementales d’incidence du cancer colorectal sont observées, en particulier chez les femmes. Chez les hommes, 8 départements présentent une sur-incidence qui dépasse les 10 % par rapport à la moyenne nationale et 5 départements une sous-incidence supérieure à 10 %.

Pour la mortalité, les contrastes sont plus prononcées : chez l’homme, « les départements du Pas-de-Calais et du Nord (région Hauts-de-France) et, dans une moindre mesure ceux de la région Grand Est (surtout en Ardennes) ainsi que ceux de l’alignement Vienne-Nièvre (centre de la France) présentent une mortalité plus élevée que la moyenne nationale. Au total, 21 départements sont en surmortalité qui dépasse les 10% par rapport à la moyenne nationale et 12 en sous-mortalité4 supérieure à 10 %. Chez la femme, une surmortalité qui dépasse les 10% est observée dans 3 départements des Hauts-de-France (Aisne, Pas-deCalais et Nord) alors qu’une sous-mortalité qui dépasse les 10% est observée dans 2 départements du sud de la France (Alpes de Haute-Provence, Alpes-Maritimes) et dans le département des Hauts-de-Seine ».

Les estimations régionales et départementales d’incidence et de mortalité par cancer peuvent être consultées ici.

Rapports standardisés d’incidence (SIR) et de mortalité (SMR) du cancer colorectal

Rapports standardisés d’incidence (SIR) et de mortalité (SMR) du cancer colorectal
la référence est la France métropolitaine (SIR et SMR=1).

Une survie a 5 ans qui s’est améliorée

La survie des personnes atteintes d’un cancer colorectal s’élève à :

  • 63 % 5 ans après leur diagnostic pour les personnes diagnostiquées en 2005- 2010, et à 52 % 10 ans après leur diagnostic pour celles diagnostiquées en 1999- 2004 (survie nette standardisée).
  • La survie diminue avec l’âge : près de 7 personnes sur 10 âgées de 45 ans ou plus survivent à leur cancer 5 ans après leur diagnostic comparé à 5 sur 10 pour celles diagnostiquées à 75 ans ou plus entre 2005 et 2010.
  • La survie à 5 ans s’est améliorée de façon similaire au cours du temps chez les hommes et les femmes, passant de 53% et 55% pour les hommes et femmes diagnostiqués en 1989-1993 à 63% pour ceux et celles diagnostiqués en 2005- 2010 (survie nette standardisée).
  • Des estimations de la survie pour le cancer du côlon d’une part et celui du rectum d’autre part sont disponibles.
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Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2013. Etude à partir des registres des cancers du réseau Francim...

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Prévalence du cancer colorectal

La prévalence partielle à 5 ans du cancer colorectal est estimée en 2008 à près de 120 900 personnes : 64 300 hommes (53 %) et 56 600 femmes. Elle représente les personnes diagnostiquées lors des cinq dernières années qu’elles soient en rémission complète, guéries ou en cours de surveillance.

La prévalence totale est estimée en 2008 à près de 318 700 personnes, dont 163 600 hommes (51 %) et 155 100 femmes. Elle correspond au nombre de personnes atteintes ou ayant été atteintes d’une pathologie cancéreuse et vivantes à une date donnée, quelle que soit l’antériorité du diagnostic.

Cancer colorectal : une répartition des stades au diagnostic similaire selon le sexe

Les données des registres montrent que :

  • Pour le cancer du côlon :
    • 44 % des cancers sont diagnostiqués à un stade précoce
    • Un tiers le sont à un stade avancé
    • Cette répartition varie avec l’âge : les cancers diagnostiqués à un stade précoce sont plus fréquents chez les 40-74 ans (48 %) alors que ceux de stade avancé le sont davantage chez les moins de 40 ans (38 %) et les plus de 74 ans (37 %).
    • Tous ces résultats sont similaires pour chaque sexe.
  • Pour le cancer du rectum :
    • 47 % des cancers sont diagnostiqués à un stade précoce
    • Un tiers le sont à un stade avancé.
    • Cette répartition varie avec l’âge : plus d’un cancer sur deux est diagnostiqué à un stade précoce chez les 15-39 ans (57 %) et les 50-74 ans (51 %). Les cancers diagnostiqués à un stade avancé sont plus fréquents chez les plus de 74 ans (42 %).
    • Tous ces résultats sont similaires pour chaque sexe
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Stade au diagnostic des cancers du sein, du côlon et du rectum

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Un taux de participation au programme de dépistage très inférieur à l’objectif européen

Sur la période 2017-2018, la population éligible au programme national de dépistage organisé du cancer colorectal est estimée à 19,7 millions de personnes âgées de 50 à 74 ans. Près de 5,5 millions ont réalisé un test de dépistage immunologique, ce qui représente un taux de participation de 32,1 % (voir tableaux format pdf et format Excel).
Le taux de participation est plus élevé chez les femmes (33,4 %) que chez les hommes (30,7 %) (voir tableaux format pdf et format Excel), quelle que soit la classe d’âge (voir tableaux format pdf et format Excel). Il augmente avec l’âge (de 29,7 % à 37,9 % chez les hommes et de 31,2 % à 38,4 % chez les femmes). Ces taux sont très inférieurs au repère européen acceptable de 45 %.

On observe une disparité territoriale des taux de participation (voir carte-1, carte-2 et tableaux format pdf et format Excel). Les taux sont particulièrement bas (< 25 %) pour les départements de l’Ardèche, de la Corse, de la Guyane, de Paris, de La Réunion, de l’Ariège, du Gard, de l’Hérault, de la Lozère et des Alpes-Maritimes. Les taux les plus élevés sont retrouvés en Saône-et-Loire (45,1 %), dans le Maine-et-Loire (45,3 %) et en Ille-et-Vilaine (46,5 %).

Évolution des taux de participation au programme national de dépistage organisé du cancer colorectal

Période 

2009-2010 

2010-2011 

2011-2012 

2012-2013 

2013-2014 

2015-2016 

2016-2017 

2017-2018 

Taux de participation 

34,0% 

32,1% 

31,7% 

31,0% 

29,8% 

29,3% 

33,5% 

32,1% 

Source : Structures de gestion du dépistage organisé du cancer colorectal. Traitement : Santé publique France.