Les territoires ruraux, qui rassemblent 88 % des communes françaises et où vivent 22 millions de personnes, affichent des indicateurs sanitaires moins bons que ceux des villes. L'espérance de vie à la naissance y est par exemple inférieure de deux ans à celle des zones urbaines. La ruralité est en effet marquée par des fragilités socio-économiques et démographiques spécifiques. Et " la campagne " n'est pas épargnée par la pollution : pesticides, infrastructures industrielles ou routières exposent les habitants. L'agriculture locale, souvent tournée vers l'exportation, ne profite que peu aux résidents. Le manque de professionnels de santé limite l'accès aux soins et à la prévention, tandis que les difficultés de mobilité pèsent sur l'éducation, l'emploi et la vie sociale, surtout pour les jeunes. Cependant, les acteurs, qu'ils soient institutionnels ou associatifs, professionnels ou élus locaux, s'engagent dans la promotion de la santé. Dans le Puy-de-Dôme, un réseau d'ambassadeurs lutte contre l'isolement des personnes âgées. Dans le Vercors, un bus itinérant aborde la santé mentale des 11-25 ans. En Lorraine, un projet alimentaire territorial favorise l'accès à une nourriture de qualité en circuit court pour tous. Ces actions, bien que prometteuses, gagneraient à s'appuyer davantage sur des cadres scientifiques, alors que le concept d'urbanisme favorable à la santé commence à inspirer les bourgs ruraux dans leurs projets d'aménagement. Le monde rural, par sa diversité et sa capacité d'innovation, est riche d'enseignements et montre la voie pour une action publique qui transforme les conditions de vie, l'environnement et ce qui fait cohésion sociale.
Année de publication
: 2026
Pages : 44 p.


