CoviPrev : résultats détaillés des vagues 1 à 15 (23 mars - 23 septembre 2020)

Retrouvez les résultats détaillés des premières vagues d'enquêtes concernant la santé mentale et l'adoption des mesures de prévention.

Mis à jour le 16 décembre 2020

Santé mentale

Synthèse des résultats : vagues 1 à 15

Les résultats présentés concernent les vagues suivantes : vague 1 (23-25 mars), vague 2 (30 mars-1er avril) et vague 3 (14-16 avril), vague 4 (20-22 avril), vague 5 (28-30 avril), vague 6 (4-6 mai), vague 7 (13-15 mai), vague 8 (18-20 mai), vague 9 (27-29 mai), vague 10 (8-10 juin), vague 11 (22-24 juin), vague 12 (6-8 juillet) et vague 13 (20-22 juillet), vague 14 (24-26 août), vague 15 (21-23 septembre)

La santé mentale des Français, dégradée en début de confinement, s’est depuis significativement améliorée pour l’ensemble des indicateurs à l’exception des problèmes de sommeil survenus au cours des 8 derniers jours. Ceux-ci ont globalement augmenté depuis le début du confinement (+ 4,5 points) et se maintiennent à un niveau élevé si l’on se réfère aux données de prévalence nationale observées dans le Baromètre Santé publique France. Pour l’ensemble des indicateurs mesurés, aucune évolution n’a été constatée avec la précédente vague d’enquête (vague 14 : 24-26 août).   

  • Évolution des indicateurs de santé mentale :
    • La satisfaction de vie actuelle s’est progressivement améliorée depuis la 2e semaine de confinement (vague 2), avec une amélioration significative observée à la levée du confinement (vague 7). Elle s’est depuis stabilisée.
    • Les états anxieux ont connu une diminution importante lors des premières semaines de confinement (vagues 2 et 3). Ils sont depuis restés stables. 
    • Les états dépressifs, après une augmentation observée entre les vagues 3 et 4, ont significativement diminué suite à la levée du confinement (vague 7). La prévalence a continué de diminuer significativement entre les vagues 7 et 15. 
    • Les problèmes de sommeil, malgré quelques variations, se sont maintenus à un niveau élevé (supérieur à 60% vs. 49% dans le Baromètre Santé publique France 2017) et ont évolué de façon significative entre les vagues 2 et 15. 
  • Profils de population ayant une santé mentale plus dégradée :
    • Les personnes déclarant être dans une situation financière très difficile ou avoir des antécédents de trouble psychologique pour les trois indicateurs analysés (anxiété, dépression, problèmes de sommeil).
    • Les femmes, les 18-34 ans et les inactifs pour les états anxieux. 
    • Les femmes, les 18-24 ans, les inactifs et les catégories socioprofessionnelles inférieures (CSP-) pour les problèmes de sommeil.
    • Les 50-64 ans, les catégories socioprofessionnelles inférieures (CSP-) et les personnes présentant un risque de développer une forme grave de COVID-19 pour les états dépressifs.
  • Déterminants cognitifs (perception de la situation épidémique et des mesures de prévention) associés à une santé mentale plus dégradée : 
    • Le fait de percevoir la COVID-19 comme grave pour les trois indicateurs (anxiété, dépression, problèmes de sommeil).
    • Le fait de se sentir vulnérable au risque d’infection par le SARS-CoV-2 pour l’anxiété et la dépression.
    • Le fait de percevoir les mesures de prévention comme peu efficaces pour les états dépressifs.  
  • Conclusion : 
    • Les données confirment l’impact des facteurs économiques sur la santé mentale et soulignent l’importance d’accompagner, notamment pendant cette période épidémique, les personnes présentant une vulnérabilité psychologique (personnes déclarant des antécédents de troubles psychologiques).
    • Afin de limiter l’impact de la situation épidémique sur la santé mentale, tout en favorisant le maintien des comportements de prévention, nos données suggèrent de communiquer sur l’efficacité des mesures plutôt que sur la gravité perçue de la Covid-19. Cette dernière est fortement associée à l’anxiété, à la dépression et aux problèmes de sommeil, et n’est pas associée à l’adoption des mesures de prévention. 

Résultats détaillés

Prévalences et évolutions par indicateur 
Prévalences et évolutions des indicateurs de santé mentale pendant l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Satisfaction de vie actuelle
Prévalences et évolutions de la satisfaction de vie actuelle selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
Prévalences et évolutions de la satisfaction de vie actuelle selon les conditions de vie liées à l’épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Projection positive dans l'avenir
- Prévalences et évolutions de la projection positive dans l'avenir selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions de la projection positive dans l'avenir selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Anxiété
Prévalences et évolutions de l'anxiété selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
Prévalences et évolutions de l'anxiété selon les conditions de vie liées à l’épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)
- Déterminants cognitifs affectifs chez les personnes présentant un état d'anxiété pendant la période de post-confinement (% ; moyenne, associations ; données pondérées)

Dépression
- Prévalences et évolutions de la dépression selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences e évolutions de la dépression selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Consommation de médicaments psychotropes
Prévalences et évolutions de la consommation de médicaments psychotropes selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
Prévalences et évolutions de la consommation de médicaments psychotropes selon les conditions de vie liées à l’épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Problèmes de sommeil
- Prévalences et évolutions des problèmes de sommeil selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions des problèmes de sommeil selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Adoption des mesures de prévention pendant l’épidémie de COVID-19

Synthèse des résultats : vagues 1 à 15

Les résultats présentés concernent les vagues suivantes : vague 1 (23-25 mars), vague 2 (30 mars-1er avril) et vague 3 (14-16 avril), vague 4 (20-22 avril), vague 5 (28-30 avril), vague 6 (4-6 mai), vague 7 (13-15 mai), vague 8 (18-20 mai), vague 9 (27-29 mai), vague 10 (8-10 juin), vague 11 (22-24 juin), vague 12 (6-8 juillet) et vague 13 (20-22 juillet), vague 14 (24-26 août), vague 15 (21-23 septembre) archive adoption.

  • Evolution des comportements de prévention par rapport à la vague précédente
    • En vague 15, l’adoption systématique des mesures de prévention « se laver régulièrement les mains », « utiliser un mouchoir à usage unique », « tousser dans son coude », « garder une distance d’au moins un mètre » et « éviter les regroupements et réunions en face-à-face » est restée stable par rapport à la vague 14.
    • En vague 15, nous avons noté une augmentation de l’adoption systématique des mesures « port du masque en public » et « saluer sans se serrer la main et arrêter les embrassades » par rapport à la vague 14 : augmentation respective de 5 points et d’environ 4 points. 
    • La mesure « éviter les rassemblements festifs » a diminué de plus de 4 points entre la vague 14 et la vague 15  : 51,7% versus 48,5%. 
  • Evolution depuis le déconfinement
    • L’adoption systématique de la mesure « éviter les regroupements et réunions en face-à-face » a fortement diminué depuis le déconfinement (-40 points) : 71,9% en vague 7 et 32,3% en vague 15. Elle est stable depuis la vague 13. 
    • L’adoption systématique de la mesure « saluer sans se serrer la main et arrêter les embrassades » a diminué depuis la levée du confinement (-18 points) ; l’adoption systématique de la mesure « garder une distance d’au moins un mètre » est restée stable depuis la vague 12. 
    • Les mesures d’hygiène « se laver régulièrement les mains », « tousser dans son coude » sont appliquées systématiquement un peu moins souvent depuis le déconfinement (respectivement -5 et -4 points) mais globalement leur adoption est restée stable depuis la vague 11.
  • Profils de population adoptant moins les comportements de prévention
    • ​​​​​​​5 indicateurs ont été analysés : 1/ pourcentage d’adoption systématique de la distance physique de 1 mètre ;  2/ pourcentage d’adoption systématique du port du masque en public ; 3/ nombre de mesures d’hygiène systématiquement adoptées parmi les 4 recommandées (se laver régulièrement les mains ; saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades ; tousser dans son coude ; utiliser un mouchoir à usage unique) ; 4/ pourcentage de personnes évitant systématiquement les regroupements et réunions en face-à-face ; 5/ pourcentage de personnes évitant systématiquement les rassemblements festifs.
    • Les personnes de 25 à 34 ans pour les 5 mesures de prévention.
    • Les hommes pour le nombre de mesures d’hygiènes systématiquement adoptées et le port systématique du masque en public. 
    • Les jeunes de 18 à 24 ans pour l’adoption systématique des mesures de distanciation physique comme la distance d’au moins un mètre, l’évitement de regroupements en face à face et l’évitement de rassemblements festifs.
    • Les personnes ayant un faible niveau de littératie pour le nombre de mesures d’hygiène systématiquement adoptées, l’adoption systématique de la distance d’au moins un mètre et le port systématique du masque en public.
    • Les personnes ne présentant pas de risque de développer une forme grave de COVID-19 pour l’adoption systématique du port du masque en public, de la distance d’au moins un mètre, de l’évitement de regroupements en face à face et de l’évitement des rassemblements festifs. 
  • Déterminants cognitifs de l’adoption des comportements de prévention
    • ​​​​​​​Les facteurs qui déterminent l’adoption systématique des comportements de prévention pour tous les indicateurs (nombre de mesures d’hygiène, distance d’au moins un mètre, port du masque en public, éviter les regroupements et réunions en face à face et éviter les rassemblements festifs) sont :
      • La norme sociale perçue (approbation et adoption des mesures de prévention par les proches). 
      • Le fait de se sentir capable d’adopter les mesures de prévention. 
      • Le fait de ressentir de l’inquiétude à l’égard de l’épidémie de SARS-CoV2 est associé à l’adoption systématique de la distance d’au moins un mètre et au port du masque en public.
      • Le fait de percevoir les mesures de prévention comme efficaces et comme peu contraignantes sont associés au nombre de mesures d’hygiènes adoptées systématiquement et au port systématique du masque en public. 
  • Conclusion
    • ​​​​​​​Chacune des mesures de prévention est adoptée systématiquement ou souvent par plus de 8 personnes sur 10.
    • L’adoption systématique des mesures de prévention a cependant diminué depuis le déconfinement. Il en est de même pour la part des personnes déclarant adopter systématiquement ou souvent les mesures de prévention. 
    • Une baisse importante a été observée en particulier pour les mesures « éviter les regroupements et réunions en face-à-face », « garder une distance d’au moins un mètre » et « saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades ». 
    • Le port systématique du masque en public, a augmenté depuis le mois de juillet et gagné 27 points depuis le déconfinement.
    • En l’absence de traitement ou de vaccin, les seules mesures de prévention efficaces restent comportementales (hygiène, distance, port du masque…). Les principaux déterminants de l’adoption des mesures de prévention par la population sont la norme sociale (approbation et adoption des mesures de prévention par l’entourage) et la facilité perçue à les mettre en œuvre : il est donc crucial pour le contrôle de l’épidémie, en particulier dans un contexte de rentrée (reprise de l’activité professionnelle, scolaire) de maintenir et valoriser une norme positive de protection pour autrui et de faciliter l’adoption de l’ensemble des mesures de prévention imposées ou préconisées dans les milieux de vie (école, transport, travail).

Confinement : résultats détaillés du 23 mars au 6 mai 2020

Adoption des mesures de prévention par indicateur 
Prévalences, moyennes et évolutions des indicateurs d’adoption systématique des mesures de prévention pendant le confinement (%, moyennes ; données pondérées)

Adoption de 4 mesures d’hygiène et de 3 mesures de distanciation physique recommandées par les pouvoirs publics
Prévalences et évolutions de l’adoption systématique de 4 mesures d'hygiène pendant le confinement selon les profils sociodémographiques  (% ; données pondérées)
Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de 4 mesures d'hygiène selon les conditions de vies liées à l'épidémie de COVID-19 et au confinement (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de 3 mesures de distanciation physique selon les profils sociodémographiques (% ; donnés pondérées)
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de 3 mesures de distanciation physique selon les conditions de vies liées à l'épidémie de COVID-19 et au confinement (% ; données pondérées)

Nombre de mesures de prévention systématiquement adoptées (parmi 7 mesures d'hygiène et de distanciation physique recommandées par les pouvoirs publics)
Nombre de mesures de prévention (parmi 7) systématiquement adoptées pendant le confinement et évolutions selon les profils sociodémographiques (moyennes ; données pondérées)
Nombre de mesures de prévention (parmi 7) systématiquement adoptées et évolutions selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 et au confinement (moyennes ; données pondérées)
Déterminants cognitifs et affectifs du nombre de mesures de prévention systématiquement adoptées pendant le confinement et évolutions (%, moyennes, associations ; données pondérées)

Post-confinement : résultats détaillés du 13 mai au 23 septembre 2020

Adoption des mesures de prévention par indicateur 
- Fréquences, moyennes et évolutions des indicateurs d’adoption des mesures de prévention pendant la période post-confinement (%, moyennes ; données pondérées)

Nombre de mesures d’hygiène adoptées systématiquement (parmi 4 mesures recommandées par les pouvoirs publics)
- Nombre de mesures d'hygiène adoptées systématiquement pendant la période post-confinement et évolutions selon les profils sociodémographiques (moyennes ; données pondérées)
- Nombre de mesures d'hygiène adoptées systématiquement pendant la période post-confinement et évolutions selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (moyennes ; données pondérées)

Adoption systématique de la mesure « Garder une distance d’au moins 1 mètre »
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de la mesure "Garder une distance d'au moins 1 mètre" pendant la période post-confinement selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique de la mesure "garder une distance d'au moins 1 mètre" pendant la période post-confinement selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Adoption systématique du port du masque en public
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique du port du masque en public pendant la période post-confinement selon les profils sociodémographiques (% ; données pondérées)
- Prévalences et évolutions de l'adoption systématique du port du masque en public pendant la période post-confinement selon les conditions de vie liées à l'épidémie de COVID-19 (% ; données pondérées)

Variables cognitives et affectives associées à l’adoption des mesures de prévention
- Évolution des variables cognitives et affectives pendant la période post-confinement (%, moyennes ; données pondérées)
- Déterminants cognitifs et affectifs des trois indicateurs d'adoption des mesures de prévention pendant la période post-confinement (associations ; données pondérées)

Évolution des facteurs cognitifs associés aux indicateurs d'adoption des mesures de prévention, aux indicateurs de santé mentale et aux problèmes de sommeil pendant l'épidémie (moyennes ; données pondérées). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, 2020
Évolution des facteurs cognitifs associés aux indicateurs d'adoption des mesures de prévention, aux indicateurs de santé mentale et aux problèmes de sommeil pendant l'épidémie (moyennes ; données pondérées). Enquête CoviPrev, France métropolitaine, 2020
Notes de lecture. Évolutions testées entre échantillons comparables en termes de sexe, âge, CSP, taille d’agglomération et région d’habitation. Lorsqu'une marque (rond) est pleine, la moyenne est significativement différente de celle de la vague précédente, test de Wald ajusté, p<0,05. Lorsque la dernière moyenne de la série (vague 15) est associée à une étoile, cette moyenne est significativement différente de celle du premier point de la série (vague 1 ou 2 selon l'indicateur), test de Wald ajusté, * : p<0,05 ; ** : p<0,01 ; *** : p<0,001 ; lorsqu'elle est soulignée, cette moyenne est significativement différente de celle de la première vague de la période postconfinement (vague 7), test de Wald ajusté, p<0,05. Les variables cognitives sont des scores allant de 0 à 10. °La variable "approbation et l’adoption des mesures de prévention par les proches" (score de 1 à 4) a été transformée pour correspondre à un score allant de 0 à 10. En vague 15, l'association entre les facteurs cognitifs et chacun des indicateurs de l'enquête CoviPrev (adoption des mesures de prévention, santé mentale, problèmes de sommeil) a été testée, après ajustement sur l'ensemble des variables sociodémographiques, des variables liées à la situation épidémique et des autres facteurs cognitifs et affectifs (modèles de régressions multiples). Dans la légende, + et - correspondent à une association significative (test de Wald, p<0,05) respectivement positive et négative entre le facteur cognitif et les indicateurs listés : nombre de mesures d'hygiène systématiquement adoptées (HYG), adoption systématique de la distance d'1 mètre (DIS) et du port du masque en public (MAS), anxiété (ANX), dépression (DEP) et problèmes de sommeil (SOM).