COVID-19 : une étude pour connaître la part de la population infectée par le coronavirus en France

Santé publique France met en place une étude de séroprévalence à partir de prélèvements sanguins réalisés en laboratoires de biologie médicale pour estimer la proportion de personnes ayant été en contact avec le virus SARS-CoV-2 et ayant développé des anticorps

Mis à jour le 05 Mai 2020

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Face à l’épidémie de COVID-19, il est essentiel de connaître la proportion de personnes au sein de la population générale qui, ayant été infectées par le SARS-CoV-2, ont développé des anticorps et pourraient être immunisées. Cet indicateur est indispensable pour surveiller, évaluer et communiquer sur l’épidémie de COVID-19 en France. C’est pourquoi Santé publique France mène, en collaboration avec le Centre National de Référence des virus des infections respiratoires (dont la grippe) de l'Institut Pasteur (CNR) et les laboratoires Cerba et Eurofins Biomnis, une étude de prévalence des anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2 au sein de la population française. Les mesures de prévalence sont réalisées en plusieurs vagues (avant, pendant et après le confinement, ainsi qu’à la fin de l'épidémie). 

A quoi va servir cette étude ?

Les résultats permettront de connaître la part de la population qui a été exposée au virus et a développé des anticorps contre le SARS-CoV-2, et plus précisément de :

  • mieux connaître l’avancée de l'épidémie au niveau national et régional, 
  • mieux surveiller, évaluer et communiquer sur l’épidémie de COVID-19, 
  • mieux orienter et adapter les stratégies de prévention, notamment les mesures de distanciation sociale.

Méthode de l'étude

A chaque vague de l’étude, les tests sont réalisés sur les « fonds de tubes » issus de prélèvements sanguins effectués en laboratoires de biologie médicale privés ou publics dans le cadre d’un examen de biologie spécialisée autre que la recherche du SARS-CoV-2 (examens réalisés par les laboratoires Cerba ou Eurofins Biomnis). 

Une partie de ces « fonds de tubes », habituellement conservés quelques jours par ces laboratoires puis détruits, sont transmis au CNR des virus des infections respiratoires (dont la grippe) de l’Institut Pasteur afin de réaliser les tests sérologiques. Ces « fonds de tubes » sont tirés au sort par sexe, par tranche d’âge de 10 ans et par grandes zones géographiques de France métropolitaine, en respectant la distribution de la population générale selon les données de l’Insee au 1er janvier 2020. L’ensemble des « fonds de tubes » en provenance des départements d’Outre-mer sont en revanche inclus dans l’étude, en raison d’un effectif de taille réduite ne permettant pas l’échantillonnage comme en métropole. Ces « fonds de tubes » sont rendus anonymes avant leur transmission à l’Institut Pasteur, ce qui ne permet pas de rendu de résultat individuel.

Ces prélèvements vont permettre de couvrir la population, adultes et enfants, de l’ensemble des régions françaises, quels que soient l'âge et le sexe. 

Tous les prélèvements sont testés par deux techniques sérologiques mises au point à l’Institut Pasteur de Paris : 

  • Le LuLISA (Luciferase-Linked Immunosorbent Assay) qui cible les immunoglobulines (Ig) G dirigées contre la protéine N du virus SARS-CoV-2. Ce test permet d’estimer la proportion de personnes qui ont été en contact avec le virus,
  • La pseudo-neutralisation qui utilise des pseudotypes arborant à leur surface la protéine S du virus. Ce test permet d’estimer la proportion de personnes ayant développé des anticorps susceptibles de conférer une protection.

Les deux premières vagues de l’étude concernent la semaine 11 (9 au 14 mars 2020) et la semaine 15 (6 au 11 avril 2020).

Les modalités de cette étude sont mises en œuvre en application des dispositions des articles L. 1413-7, L. 1413-8 du code de la santé publique, dans le respect des procédures de réutilisation à des fins scientifiques par des tiers, des prélèvements analysés et conservés à cette fin par Eurofins Biomnis et Cerba.